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    <title>apprentis politiques - Biographies</title>
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    <link>http://apolitiques.mosaicglobe.com/journal/1485</link>
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      <title>MARTIN LUTHER KING</title>
      <description>&lt;img width="120" height="104" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/luther.jpg" alt="luther.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;Homme politique pasteur et religieux am&#233;ricain ,Martin Luther King est n&#233; &#224; Atlanta, en G&#233;orgie, le 15 janvier 1929. Sa m&#232;re, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, &#233;tait la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la r&#233;sistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutt&#233; pour obtenir un coll&#232;ge secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son p&#232;re, Martin Luther King Senior, &#233;tait &#233;galement pasteur, et il succ&#233;da d'ailleurs d&#232;s 1931 &#224; Adam Williams dans la responsabilit&#233; de la paroisse. Le milieu o&#249; le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir &#233;tait donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en &#233;tant tr&#232;s bagarreur et tr&#232;s &#233;motif, il connut effectivement une enfance paisible impr&#233;gn&#233;e de morale &#233;vang&#233;lique.

Martin Luther King a ignor&#233; le ghetto et la mis&#232;re, les rats et la vermine, qui &#233;taient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs am&#233;ricains et il eut toutes les facilit&#233;s pour entreprendre de bonnes &#233;tudes. Son p&#232;re, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'&#233;lever dans la soci&#233;t&#233;, acqu&#233;rant &#224; la fois une influence de responsable spirituel et une aisance mat&#233;rielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une r&#233;ussite analogue.

De fait, le jeune homme fit des &#233;tudes brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse CoUege d'Atlanta, pensant devenir m&#233;decin ou avocat. Malgr&#233; le souhait de ses p&#232;re et grand-p&#232;re, il ne d&#233;sirait pas devenir pasteur &#224; son tour, se sentant mal &#224; l'aise avec l'&#233;motivit&#233; excessive qu'il percevait dans les &#233;glises r&#233;serv&#233;es aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui &#233;taient pasteurs lui prouva qu'une carri&#232;re religieuse pouvait &#234;tre intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonn&#233; dans le temple de son p&#232;re &#224; Atlanta en 1947, et nomm&#233; assistant de cette paroisse.

Toujours &#233;tudiant &#224; Morehouse, Martin Luther King eut une activit&#233; tr&#232;s dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation cr&#233;&#233;e en 1909. Car s'il b&#233;n&#233;ficiait d'une s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle, il n'en connaissait pas moins l'ins&#233;curit&#233; morale qui frappait tous les Negres et, comme son p&#232;re, il voulait faire progresser la situation de ses fr&#232;res de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, o&#249; il &#233;tait l'un des six Noirs dans un groupe de cent &#233;tudiants. En 1951, il obtint une licence de th&#233;ologie et d&#233;cida de poursuivre des recherches &#224; l'Universit&#233; de Boston, tandis qu'il continuait &#224; suivre des cours de philosophie &#224; l'Universit&#233; de Harvard. A partir de 1953, il se consacra &#224; la r&#233;daction d'une th&#232;se : &amp;quot;Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman&amp;quot;. Il obtint le doctorat de troisi&#232;me cycle de th&#233;ologie syst&#233;matique en juin 1955.

King poss&#233;dait une solide &#233;rudition. Le th&#233;ologien &amp;quot;social&amp;quot; Walter Rauschenbusch avait marqu&#233; sa pens&#233;e, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se d&#233;finissait comme &amp;quot;personnaliste&amp;quot;, et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un r&#244;le actif dans l'&#233;tablissement de la justice sociale. Il avait &#233;galement lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'&#233;poque, n'allait pas de soi.

En 1952, Martin avait fait la connaissance de Coretta Scott, p&#233;dagogue de formation et chanteuse. Cela avait abouti &#224; leur mariage, le 18 juin 1953, et, en septembre 1954, tous deux s'installaient &#224; Montgomery (Alabama), ville habit&#233;e par cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs, o&#249; Martin Luther King prit la succession d'un &amp;quot;pasteur de choc&amp;quot;, dans une des &#233;glises baptistes noires qui comptaient beaucoup de familles ais&#233;es et d'intellectuels.

Le 17 mai 1954, la Cour Supr&#234;me des Etats-Unis avait d&#233;cr&#233;t&#233; que dans l'&#233;ducation, droit majeur de l'homme, la s&#233;gr&#233;gation &#233;tait contraire &#224; la Constitution. Il s'agissait d'un &#233;v&#233;nement important, qui ouvrait une br&#232;che dans le mur soigneusement &#233;labor&#233; du m&#233;pris racial , mais l'int&#233;gration &#233;tait encore loin d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e, surtout dans les Etats du Sud. Afin d'int&#233;resser ses paroissiens aux probl&#232;mes du peuple noir, et surtout afin de les amener &#224; faire pleinement usage de leurs droits civiques, King suscita tr&#232;s vite un comit&#233; d'action sociale et politique, et il invita les membres de la communaut&#233; &#224; adh&#233;rer &#224; la N.A.A.C.P. qui avait &#233;t&#233; pour beaucoup dans la d&#233;cision de la Cour Supr&#234;me. Mais c'est le ler d&#233;cembre 1955 que se produisit l'&#233;v&#233;nement qui allait orienter toute sa carri&#232;re de pasteur.

Ce jour-l&#224;, en effet, une couturi&#232;re noire de cinquante ans, Mme Rosa Parks, refusa de c&#233;der sa place assise dans l'autobus &#224; un Blanc, comme les lois de l'Alabama le lui enjoignaient. La police l'interpella, et elle se serait retrouv&#233;e en prison si un t&#233;moin de la sc&#232;ne n'avait pay&#233; imm&#233;diatement sa caution. Martin Luther King fut averti et, scandalis&#233;, il d&#233;cida avec son ami le pasteur Ralph Abernathy d'organiser le soir m&#234;me une r&#233;union au temple, avec tout ce que la communaut&#233; noire de Montgomery pouvait compter de membres influents, pasteurs, avocats, m&#233;decins, syndicalistes... Un syndicaliste ayant sugg&#233;r&#233; un boycott des autobus, l'id&#233;e fut discut&#233;e et, progressivement, adopt&#233;e. Les pasteurs annonceraient la d&#233;cision &#224; l'office du dimanche. Un tract serait distribu&#233; &#224; la population de couleur.

Le lundi 5 d&#233;cembre, les Noirs ne devraient pas prendre l'autobus pour aller au travail, &#224; l'&#233;cole, &#224; la ville ! Le lundi matin, chacun &#233;tait anxieux : les Noirs prendraient-ils ou non l'autobus ? Ils ne le prirent pas, et les conducteurs se promen&#232;rent tout seuls, car les Blancs s'&#233;taient eux-m&#234;mes abstenus par crainte des troubles ! Les taxis, en revanche, &#233;taient pleins, les rues &#233;taient encombr&#233;es de bicyclettes et de pi&#233;tons. On marchait. Certains, qui avaient quinze ou vingt kilom&#232;tres &#224; effectuer pour se rendre &#224; leur travail, march&#232;rent m&#234;me beaucoup. Mais on souriait, on applaudissait, on s'interpellait. C'&#233;tait la lev&#233;e en masse de la pi&#233;taille ! La police aurait voulu arr&#234;ter les meneurs... mais qui &#233;tait meneur ?

Dans la journ&#233;e, Mme Parks fut condamn&#233;e &#224; dix dollars d'amende pour violation des lois locales de s&#233;gr&#233;gation. Le soir, une grande assembl&#233;e se tint. Martin Luther King, parlant plusieurs orateurs, s'&#233;cria : &amp;quot;Nous en avons assez d'&#234;tre maltrait&#233;s et opprim&#233;s. Nous avons &#233;t&#233; trop patients. Une des gloires de la d&#233;mocratie, c'est qu'elle donne au peuple le droit de protester. Nous le ferons, mis sans violence ni haine. L'amour du prochain sera notre r&#232;gle&amp;quot;. Les applaudissements et les reprises en choeur de ses phrases l'interrompaient constamment. On d&#233;cida que le boycott serait prolong&#233; jusqu'&#224; ce que des pratiques humiliantes cessent d'&#234;tre impos&#233;es aux Noirs dans les autobus. On cr&#233;a aussit&#244;t une nouvelle organisation, l'Association pour le Progr&#232;s de Montgomery, et King en fut nomm&#233; pr&#233;sident.

L'action dura trois cent quatre-vingt deux jours ! A maintes reprises, les autorit&#233;s firent pression sur King pour qu'il mette fin au boycott. Le 26 janvier 1956, on l'arr&#234;ta sous le fallacieux pr&#233;texte d'exc&#232;s de vitesse. Quatre jours plus tard, un attentat fut commis contre son domicile, manquant de d&#233;clencher une r&#233;action noire violente qu'&#233;vita de justesse King en faisant appel &#224; la raison. En mars, on intenta un proc&#232;s au pasteur pour violation des lois anti-boycott, et il fut condamn&#233; &#224; cent quarante jours de prison et cinq cents dollars d'amende. Cette lutte, Martin Luther King l'a racont&#233;e dans &amp;quot;Combats pour la libert&#233;&amp;quot;.

Pendant des mois, les Noirs, unis comme ils ne l'avaient jamais &#233;t&#233;, s'entraid&#232;rent ainsi pour des services de taxis b&#233;n&#233;voles, permettant le transport quotidien de quarante deux mille personnes, ou s'encourag&#232;rent les uns les autres &#224; circuler &#224; pied et &#224; se tenir pr&#234;ts &#224; &#234;tre jet&#233;s en prison. Au bord de la faillite, la compagnie d'autobus fut finalement oblig&#233;e d'accepter la fin des mesures discriminatoires. Mais la victoire ne s'arr&#234;tait pas l&#224; : d&#232;s novembre 1956, la Cour Supr&#234;me des Etats-Unis avait d&#233;clar&#233; inconstitutionnelles lois imposant la s&#233;gr&#233;gation dans les transports ! Le 21 d&#233;cembre, les Noirs purent ainsi prendre les autobus dans m&#234;mes conditions que les Blancs, sous la protection d'une loi anti-s&#233;gr&#233;gation. Pour eux, c'&#233;tait la prise de la Bastille !

D&#232;s lors, Martin Luther King allait appara&#238;tre comme le leader national du mouvement de r&#233;sistance. En janvier 1957, les leaders noirs de dix Etats du Sud se rencontraient pour former l'organisation qui s'appellera Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et King en fut &#233;lu pr&#233;sident. Pour commencer, cette organisation d&#233;cida de concentrer son attention sur la discrimination pratiqu&#233;e dans les transports ailleurs qu'&#224; Montgomery malgr&#233; la nouvelle loi, et l'accession des Noirs au droit de vote.

Figure de proue du mouvement noir, King parcourut, en 1957, des dizaines de milliers de kilom&#232;tres et pronon&#231;a deux cent huit discours. On l'appelait &amp;quot;le nouveau Moise&amp;quot; ou &amp;quot;le nouveau Gandhi&amp;quot;. Un th&#232;me revenait comme une obsession dans toutes ses allocutions : la d&#233;fense des droits civiques. Et pour obtenir ces droits, proclamait-il, il fallait que les Noirs commencent par acqu&#233;rir le respect d'eux-m&#234;mes. Preuve de la popularit&#233; grandissante de King : en mars 1957, Kwame Nkrumah l'invitait aux c&#233;r&#233;monies qui marqu&#232;rent l'ind&#233;pendance du Ghana.

A son retour d'Afrique, les deux mouvements de lutte, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P., d&#233;cidaient d'organiser une manifestation &#224; Washington, le 17 mai 1957, pour le troisi&#232;me anniversaire de la d&#233;cision de la Cour Supr&#234;me supprimant la s&#233;gr&#233;gation dans les &#233;coles. Vingt-cinq &#224; trente mille Noirs et quelques Blancs, mass&#233;s devant le m&#233;morial de Lincoln, &#233;cout&#232;rent les orateurs qui r&#233;clamaient la fin de la s&#233;gr&#233;gation raciale. King fut ovationn&#233;. Un mois plus tard, il &#233;tait re&#231;u, en compagnie de Ralph Abemathy, par le vice-pr&#233;sident Nixon. Puis, le 23 juin, c'&#233;tait au tour du pr&#233;sident Eisenhower de lui accorder une audience. Mais dans les deux occasions, on ne lui fit que des r&#233;ponses tr&#232;s vagues, qui aboutirent &#224; une loi affirmant le droit de vote des Noirs mais n'offrant gu&#232;re d'espoirs d'application imm&#233;diate. Le langage de King, lui, &#233;tait ferme et exigeant.

En septembre 1958, mois de la sortie en librairie de &amp;quot;Combats pour la libert&#233;&amp;quot;, Martin Luther King fut insult&#233;, brutalis&#233; et arr&#234;t&#233; par des agents de police. Il fut vite rel&#226;ch&#233;, un inconnu ayant pay&#233; sa caution. Mais, peu apr&#232;s, une femme noire exalt&#233;e, que des campagnes de diffamation contre le pasteur avaient convaincue que celui-ci &#233;tait communiste, lui plantait un coupe-papier en acier dans la poitrine. La pointe s'arr&#234;ta tout contre l'aorte, et c'est miracle que King ne soit pas mort. Pendant sa convalescence, invit&#233; par Nehru, il se rendit avec sa femme en Inde, sur les traces de Gandhi.

Le progr&#232;s vers l'&#233;galit&#233; raciale restait bien lent, surtout dans le Sud des Etats-Unis. Presque partout, on se contentait de gestes symboliques, par exemple quelques &#233;l&#232;ves noirs dans une grande &#233;cole qu'on proclamait &amp;quot;int&#233;gr&#233;e&amp;quot;. De ce fait, la patience des Noirs &#233;tait mise &#224; rude &#233;preuve, et &#224; partir de 1959, les &amp;quot;Musulmans Noirs&amp;quot;, qui refusaient de faire appel, comme King, &#224; la conscience des Am&#233;ricains blancs et pr&#244;naient la violence, commenc&#232;rent, sous la direction d'Elijah Muhammad et surtout de Malcolm X, cette autre grande figure de l'Am&#233;rique noire, &#224; acqu&#233;rir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord.

A la fin de 1959, les King quittaient Montgomery, o&#249; Martin Luther, &#233;tant donn&#233; ses fonctions &#224; la t&#234;te de la S.C.L.C., ne pouvait plus assurer un service pastoral normal, et ils rejoignirent Atlanta. Montgomery avait &#233;t&#233; le premier &#233;pisode de la r&#233;volte noire. Greensboro fut le deuxi&#232;me. Dans cette ville de Caroline du Nord, autre Etat des plus racistes des U.S.A., quatre &#233;tudiants noirs s'install&#232;rent, le ler f&#233;vrier 1960, dans un buffet r&#233;serv&#233; aux Blancs et refus&#232;rent d'en partir. Une station de radio transmit l'information. Aussit&#244;t, des dizaines d'&#233;tudiants vinrent en renfort &#224; leurs camarades : les &amp;quot;sit-ins&amp;quot; venaient de faire leur apparition comme tactique de masse.

Ce mouvement allait s'&#233;tendre &#224; plus de cent villes et mobiliser soixante-dix mille protestataires. Injuri&#233;s, les manifestants restaient silencieux. Frapp&#233;s, ils ne rendaient pas les coups. M&#234;me quand des jeunes Blancs s'amusaient &#224; tirer les cheveux des filles noires ou &#224; &#233;craser des cigarettes allum&#233;es sur leur cou, celles-ci ne r&#233;pondaient pas. Tous priaient et supportaient tout dans la dignit&#233;.

Il y eut des centaines d'arrestations. Martin Luther King n'avait pas &#233;t&#233; directement &#224; l'origine de cette action, mais il allait d'un lieu &#224; un autre, soutenant les r&#233;sistants, se joignant &#224; leurs d&#233;monstrations, se faisant arr&#234;ter avec eux. Il expliquait : &amp;quot;Pour que la r&#233;sistance non-violente ait un sens, il faut que cela soit dirig&#233; vers la r&#233;conciliation. Notre but final est la cr&#233;ation de la communaut&#233; d'amour fraternel. Les tactiques non-violentes sans l'esprit de la non violence peuvent devenir une sorte de violence&amp;quot;. Cette forme de lutte contre la s&#233;gr&#233;gation permit d'accomplir &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233; l'int&#233;gration dans les restaurants, sur les plages, dans les piscines, dans les biblioth&#232;ques, dans les &#233;glises...

En 1960 toujours, des jeunes de la S.C.L.C. organisaient un groupe distinct pour l'action, et ils l'intitulaient &amp;quot;Comit&#233; des Etudiants Non-violents&amp;quot; (S.N.C.C. ou Snick), groupe qui, sous l'impulsion notamment de Stokely Carmichael, allait &#233;voluer cinq &#224; six ans plus tard en s'&#233;loignant de la non-violence. C'est l'ann&#233;e aussi o&#249; King fut accus&#233; de fraude fiscale, accusation dont il fut lav&#233; mais qui le toucha beaucoup moralement. Le leader insistait toujours plus sur la Luther King avait &#233;t&#233; parmi les quelques vingt et un mille personnes arr&#234;t&#233;es dans les Etats du Sud, tandis que quelques progr&#232;s &#233;taient apparus en direction de l'int&#233;gration et des droits des &#233;lecteurs, et que des comit&#233;s paritaires poursuivaient des n&#233;gociations dans plus de cent localit&#233;s.

Kennedy mort, en &#233;tait-ce fini des espoirs des Noirs am&#233;ricains ? Lyndon B. Johnson poursuivit, heureusement, les efforts de son pr&#233;d&#233;cesseur, et le 2 juillet 1964, une nouvelle loi sur les droits civiques &#233;tait vot&#233;e. Ce texte s'attaquait &#224; la non-participation politique des Noirs, interdisait la discrimination dans les lieux publics, faisait d&#233;sormais relever les infractions du minist&#232;re f&#233;d&#233;ral de la justice et non plus des juridictions locales, et cr&#233;ait une commission pour &#233;tudier les cas de discrimination dans le travail. Aucune loi n'&#233;tait all&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent aussi loin dans le sens de l'&#233;galit&#233; raciale. Pourtant, au m&#234;me moment, des &#233;meutes noires &#233;clataient un peu partout : New-York, Jersey-City, Dixmoor, Philadelphie... Les jeunes des ghettos des grandes villes am&#233;ricaines du Nord, en effet, avaient d&#233;pass&#233; la fronti&#232;re du d&#233;sespoir. Ils n'avaient ni pass&#233; ni avenir : ils se jetaient d&#232;s lors dans la violence la plus aveugle.

En septembre 1964, King &#233;tait invit&#233; par Willy Brandt &#224; Berlin, et il &#233;tait re&#231;u en audience par le pape Paul VI. A son retour, il soutenait la candidature de Johnson &#224; la pr&#233;sidence des Etats-Unis... et apprenant son &#233;lection pour le prix Nobel de la Paix, qu'il allait recevoir &#224; Oslo le 10 d&#233;cembre 1964.

Par l'interm&#233;diaire du Prix Nobel, Martin Luther King devenait pour le monde entier le symbole de cette r&#233;volte noire qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; pour le Sud des Etats-Unis, le symbole de la lutte pour la justice par des moyens non-violents. Mais si sa c&#233;l&#233;brit&#233; faisait le tour de l'univers... elle &#233;tait en train de mourir aux portes des quartiers mis&#233;rables des m&#233;tropoles du Nord, dont les habitants entendaient d&#233;j&#224; un autre r&#234;ve : celui du &amp;quot;Black Power&amp;quot; (Pouvoir noir), celui d'une Am&#233;rique sans les Blancs.

Dans la plupart des villes industrielles du Nord et de l'Est, la main-d'oeuvre noire, fuyant le Sud pour trouver des conditions de vie plus humaines, s'&#233;tait entass&#233;e dans des quartiers qui avaient vite ressembl&#233; &#224; l'enfer. Education au rabais. Pas ou peu de fondation professionnelle. Des d&#233;bouch&#233;s en quantit&#233; tr&#232;s limit&#233;e. Tr&#232;s fort ch&#244;mage. Revenus inf&#233;rieurs. G&#233;n&#233;ralisation de l'assistance sous ses pires formes. Conditions sanitaires critiques. Tr&#232;s forte densit&#233;. D&#233;gradation de la vie familiale... Au bout, que pouvait-il y avoir, sinon la r&#233;volte ? Que pouvait-il y avoir, sinon une haine accumul&#233;e contre les Blancs, m&#234;me si, &#224; la diff&#233;rence du Sud, il n'y avait pas, dans le Nord, de lois racistes ?

En mars 1965, Martin Luther King remporta son dernier succ&#232;s avec la marche de Selma &#224; Montgomery. Le gouverneur Wallace, de l'Alabama, ne voulait pas abandonner sa politique s&#233;gr&#233;gationniste, malgr&#233; les directives gouvernementales. Une premi&#232;re marche de protestation fut donc organis&#233;e, mais elle fut brutalement arr&#234;t&#233;e par la police locale, qui fit soixante bless&#233;s parmi les manifestants.

Martin Luther King lan&#231;a alors un appel &#224; tous les partisans des droits civiques pour recommencer, en masse cette fois. Le 21 mars, trente cinq mille &amp;quot;p&#233;lerins&amp;quot; rejoignirent Montgomery ! Toutefois, King, proposant un boycott national des produits de l'Alabama, ne fut pas suivi. Pire ! il devenait &#224; pr&#233;sent &#233;vident que les jeunes Noirs doutaient d&#233;sormais des possibilit&#233;s de l'action non-violente, et ils &#233;taient de plus en plus nombreux &#224; se tourner vers la r&#233;action violente &#224; l'injustice, en se r&#233;clamant du &amp;quot;Black Power&amp;quot;.

Alors que la non-violence avait permis des changements progressifs dans le Sud, les conditions avaient empir&#233; dans le Nord, o&#249; la mis&#232;re &#233;conomique rejetait les Noirs encore plus que des lois racistes ne pouvaient le faire. Ayant m&#233;connu la r&#233;alit&#233; des ghettos du Nord, King se trouva tout &#224; coup en face d'une Am&#233;rique Noire qui lui &#233;chappait et qui risquait de sombrer dans le meurtre. Il n'apparaissait plus que comme un &amp;quot;bourgeois moraliste&amp;quot;, un &amp;quot;oncle Tom&amp;quot; mani&#233; et t&#233;l&#233;guid&#233; par le pouvoir blanc, et les &#233;meutes allaient embraser l'Am&#233;rique pendant quelques ann&#233;es...

Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient &#233;t&#233; mis en lui, et il ne voulait pas d&#233;cevoir. Aussi fit-il l'apprentissage des ghettos noirs, quand bien m&#234;me il s'apercevait qu'on l'&#233;coutait moins. Progressivement aussi, il d&#233;couvrit que le mal n'&#233;tait pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu'il &#233;tait &#233;galement dans les choix politiques. Jusqu'ici, il avait cru au syst&#232;me am&#233;ricain : il commen&#231;ait &#224; pr&#233;sent &#224; le critiquer. C'&#233;tait tout le syst&#232;me qui &#233;tait empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien.

En 1966, Martin et Coretta King s'install&#232;rent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l'exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des ch&#244;meurs pour restaurer des logements inhabit&#233;s. Le propri&#233;taire le fit poursuivre en justice. Il organisa une gr&#232;ve des loyers avec des locataires exploit&#233;s. Les classes sup&#233;rieures s'indign&#232;rent : il avait touch&#233; au sacro-saint droit de propri&#233;t&#233; ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifi&#233;es de socialistes : construction de logements sociaux dispers&#233;s dans la cit&#233;, am&#233;lioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des &#233;coles vraiment int&#233;gr&#233;es... S'adressant au gouvernement f&#233;d&#233;ral, il r&#233;clama un revenu annuel minimum garanti par t&#234;te, des lois interdisant la s&#233;gr&#233;gation pour les ventes et locations de logements, l'augmentation des subventions pour l'&#233;ducation, les services sanitaires et sociaux... Il voulait que la R&#233;publique fasse pour ses anciens esclaves ce qu'elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontr&#232;rent que peu d'&#233;chos.

Au d&#233;but, les militants du &amp;quot;Black Power&amp;quot; refus&#232;rent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgr&#233; les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir cr&#233;ateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches &amp;quot;Black is beautiful&amp;quot;. Puis, le 4 avril 1967, il lan&#231;ait une &amp;quot;D&#233;claration d'Ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la guerre du Vietnam&amp;quot;, faisant valoir que cette guerre emp&#234;chait tout effort s&#233;rieux contre la mis&#232;re aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle &#233;tait un acte criminel.

Pendant l'&#233;t&#233; 1967, Martin Luther King se rendit encore &#224; Cleveland apporter son soutien &#224; Carl Stokes, un Noir candidat &#224; la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques &#233;lecteurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant &#233;lu. Les &#233;meutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : &amp;quot;Bloquer le fonctionnement d'une cit&#233; sans destruction est plus efficace qu'une &#233;meute. Cela obligera l'administration et le Parlement &#224; chercher des rem&#232;des plus radicaux que des mesures de police&amp;quot;. On ne l'&#233;couta pas.

Ne d&#233;sesp&#233;rant pas, Martin Luther King, alors qu'il &#233;tait une nouvelle fois emprisonn&#233; &#224; Birmingham avec d'autres leaders, commen&#231;a &#224; pr&#233;parer avec ceux-ci l'organisation d'une &amp;quot;Marche des Pauvres&amp;quot; de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait enti&#232;re : &amp;quot;Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacit&#233; technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'an&#233;antissement nucl&#233;aire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un imp&#233;ratif pour l'action&amp;quot;. Signe de sa radicalisation, il fit un discours &#224; New-York, &#224; la m&#233;moire de W.C.B. Du Bois, Noir am&#233;ricain &#233;minent, devenu communiste, et mort, exil&#233; volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, &#224; la cath&#233;drale &#233;piscopalienne de Washington, il accusait : &amp;quot;On a lib&#233;r&#233; les Noirs, mais on ne leur a pas donn&#233; de quoi se payer le car jusqu'&#224; la maison&amp;quot;.

C'est alors que, tout en pr&#233;parant la &amp;quot;Marche des Pauvres&amp;quot;, Martin Luther King alla participer aux manifestations des &#233;boueurs gr&#233;vistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorit&#233; de Noirs, &#233;taient en gr&#232;ve, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tu&#233; par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arr&#234;ter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignit&#233; &#233;tait en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple ma&#231;onnique de la ville : &amp;quot;Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La long&#233;vit&#233;, c'est appr&#233;ciable. Mais ce n'est pas &#224; cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volont&#233; de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regard&#233; au-del&#224; et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur&amp;quot;.

Le lendemain en fin d'apr&#232;s-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'h&#244;tel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : &amp;quot;Bien entendu, tu joues &amp;quot;Seigneur, prends ma main&amp;quot; ce soir &#224; la r&#233;union. Joue-le bien, pour moi&amp;quot;. A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trou&#233;e. Il mourut une heure plus tard.

Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal r&#233;sultat de son combat se situe au plan l&#233;gislatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant &#224; l'arsenal des textes f&#233;d&#233;raux, et la s&#233;gr&#233;gation n'est plus l&#233;gale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'ann&#233;es, la communaut&#233; noire am&#233;ricaine s'est mobilis&#233;e autour d'une m&#234;me strat&#233;gie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonn&#233; dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tard&#233; &#224; faire une analyse politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez t&#244;t de la r&#233;alit&#233; des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'&#224; partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il r&#233;alisa que &amp;quot;son r&#234;ve&amp;quot; ne s'harmonisait pas avec la soci&#233;t&#233; d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson.

Les textes qu'il a publi&#233;s dans O&#249; allons-nous et La seule r&#233;volution t&#233;moignent de son &#233;volution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King &amp;quot;politis&#233;&amp;quot; eut pu r&#233;aliser ce que le Martin Luther King des ann&#233;es 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le &amp;quot;Black Power&amp;quot;, apr&#232;s des d&#233;buts retentissants, s'est progressivement tu, et les &amp;quot;Panth&#232;res Noires&amp;quot; elles-m&#234;mes en sont venues &#224; pr&#233;f&#233;rer des actions sociales &#224; une lutte arm&#233;e impossible...

King a &#233;t&#233; le levier qui a soulev&#233; la communaut&#233; noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montr&#233; que la non-violence active pouvait gagner.

Source : lpdw.free.fr/.../ree.fr/freedom/martinlutherbio.htm
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      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 05:18:30 CDT</pubDate>
      <guid>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1485/entry/3616</guid>
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      <title>MALCOM X</title>
      <description>&lt;img width="97" height="129" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/Malcom_x.jpg" alt="Malcom_x.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;Homme politique am&#233;ricain n&#233; le 19 Mai 1925 .Il y a 40 ans, le 21 f&#233;vrier 1965, Malcolm X, l&#8217;une des figures les plus puissantes du mouvement noir aux USA &#233;tait assassin&#233; Orateur de talent, dot&#233; d&#8217;un esprit brillant et intuitif, ainsi que d&#8217;une grande probit&#233; morale et intellectuelle, l&#8217;ex-leader de la &#171; Nation of Islam &#187; ne se contentait pas de discours incantatoires. Son engagement sans rel&#226;che au service de sa communaut&#233; et des droits de l&#8217;Homme refl&#233;tait la personnalit&#233; d&#8217;un homme courageux, vert&#233;br&#233; par de fortes convictions, et une foi in&#233;branlable en Dieu. Nous tenterons de retracer &#224; travers cet hommage, le parcours de ce militant exceptionnel, et d&#8217;expliquer les raisons de son assassinat.

Au cr&#233;puscule d&#8217;un jour de mai 1924, la vie intra-ut&#233;rine de Malcolm fut tir&#233;e de sa douce qui&#233;tude par les violences des militants du Ku Klux Klan, abreuv&#233;s d&#8217;une haine des Noirs qu&#8217;ils dissimulaient sous la blancheur immacul&#233;e de leurs cagoules. Telle une horde sauvage, ils bris&#232;rent les vitres de la maison familiale pour en d&#233;coudre avec un p&#232;re absent ce jour-ci, et dont l&#8217;&#233;pouse enceinte, terroris&#233;e par la l&#226;chet&#233; de ces cavaliers, ignorait encore qu&#8217;elle portait dans son ventre les pr&#233;misses du destin fulgurant d&#8217;un fils, digne h&#233;ritier de la lutte des Noirs aux USA. Malcolm Little na&#238;tra quelques jours plus tard, le 19 mai 1925 &#224; Omaha dans l&#8217;Etat du Nebraska. Il &#233;tait le septi&#232;me d&#8217;une famille de huit enfants. Son p&#232;re Earl avait d&#233;j&#224; trois enfants issus d&#8217;un premier mariage. Il &#233;tait pasteur, militant de l&#8217;Association universelle pour le progr&#232;s fond&#233;e par Marcus Garvey qui estimait que seul un retour en Afrique des Noirs d&#8217;Am&#233;rique leur permettrait d&#8217;&#234;tre de v&#233;ritables hommes libres. Sa m&#232;re Louise &#233;tait une antillaise qui avait la particularit&#233; d&#8217;avoir le teint clair en raison du viol de sa m&#232;re par un blanc. D&#8217;o&#249; les cheveux roux et la peau rouge&#226;tre de Malcolm surnomm&#233; &#171; red &#187; (le rouquin). Ce qui inspirait &#224; ce dernier un sentiment de r&#233;pulsion, il avait ainsi appris &#171; &#224; ha&#239;r chaque goutte de sang qu&#8217;il tenait de l&#8217;homme blanc qui avait viol&#233; sa grand-m&#232;re. &#187;

Sa famille r&#233;sida plusieurs ann&#233;es &#224; Omaha avant de s&#8217;installer &#224; Milwaukee. Une ville qui sera le th&#233;&#226;tre du premier traumatisme subi par Malcolm au cours d&#8217;une nuit de cauchemar. Il avait en effet &#224; peine 5 ans lorsque les cavaliers r&#233;cidivistes du Ku Klux Klan impos&#232;rent impun&#233;ment leur terreur. Ils mirent le feu &#224; leur maison afin de sanctionner l&#8217;engagement du p&#232;re au service d&#8217;id&#233;es jug&#233;es r&#233;volutionnaires : &#171; Je me rappelle que nous nous retrouv&#226;mes dehors, en pleine nuit, en cale&#231;on, pleurant et hurlant de toutes nos forces. Les policiers, les pompiers blancs &#233;taient l&#224; ; ils regard&#232;rent la maison br&#251;ler jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;il n&#8217;en rest&#226;t rien. &#187; Des violences qui marqueront &#224; jamais Malcolm. De Milwaukee, la famille Little fut contrainte de d&#233;m&#233;nager &#224; Lansing dans l&#8217;Etat du Michigan. La jeune existence de Malcolm semble &#234;tre vou&#233;e &#224; la damnation, comme pour mieux creuser le sillon d&#8217;une destin&#233;e qui lui donnera son viatique pour l&#8217;histoire.

L&#8217;ann&#233;e 1931 fut marqu&#233;e pour lui par l&#8217;image d&#8217;une m&#232;re, nerveuse et boulevers&#233;e. Cet &#233;tat psychologique fut suscit&#233; par une vision : celle de la mort de son mari, qui se confirma au cours de cette m&#234;me ann&#233;e. La promesse du sang des cavaliers impr&#233;cateurs du Ku Klux Klan fut tenue. Le d&#233;c&#232;s du p&#232;re de Malcolm, dont la famille avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;e par le meurtre de cinq de ses six fr&#232;res par ces m&#234;mes racistes, marqua le nouvel acte d&#8217;une trag&#233;die qui frappa la dynastie Little et que rien ne vint conjurer.

Enlev&#233; &#224; sa famille

Le temp&#233;rament d&#8217;une m&#232;re courage &#233;mergea alors sous le coup de ce destin funeste. Confront&#233;e sans aide &#224; l&#8217;&#233;ducation de ses enfants, la veuve Little en perdit le go&#251;t de la vie. L&#8217;ultime &#233;preuve fut inflig&#233;e par l&#8217;assistance sociale qui s&#8217;empressa d&#8217;arracher tous les enfants &#224; l&#8217;affection de leur m&#232;re. Seule et sous le choc de ce drame, elle perdit la raison avant d&#8217;&#234;tre intern&#233;e &#224; l&#8217;h&#244;pital psychiatrique de Kalamazoo. Malcolm X se souvient en 1957 d&#8217;une de ses visites : &#171; Je ne peux pas vous dire ce que j&#8217;&#233;prouvai alors. La femme qui m&#8217;avait mis au monde, choy&#233;, conseill&#233;, puni, aim&#233;, ne me reconnaissait pas. Je la regardais. Je l&#8217;&#233;coutais &#8216;&#8217;parler.&#8217;&#8217; Mais je ne pouvais rien pour elle. Je crois vraiment que, si jamais famille fut d&#233;truite par l&#8217;Assistance publique, c&#8217;est bien la n&#244;tre. Cette d&#233;sint&#233;gration du foyer n&#8217;&#233;tait pas n&#233;cessaire. Mais les gens de l&#8217;assistance, les tribunaux et leurs m&#233;decins nous ont donn&#233; le coup de gr&#226;ce. Et nous n&#8217;&#233;tions pas les seuls dans ce cas . &#187;

Malcolm est un adolescent sans rep&#232;re, d&#233;vor&#233; par un terrible sentiment d&#8217;injustice. Il erre dans les d&#233;dales d&#8217;une vie mouvante, d&#8217;o&#249; se profile comme un d&#233;terminisme, un horizon sans &#233;nigme qui se confond avec la couleur de son &#233;piderme. Apr&#232;s un passage aupr&#232;s d&#8217;une famille d&#8217;accueil blanche, le jeune adolescent atterrit dans une maison de d&#233;tention &#224; Mason, dirig&#233;e par un couple de notables blancs du Michigan : les Swerling. Cette maison de d&#233;tention constituait en fait une escale avant l&#8217;entr&#233;e dans une maison de redressement. Mais gr&#226;ce aux relations de Mme Swerling, Malcolm fut inscrit dans un lyc&#233;e &#224; Mason &#233;chappant ainsi &#224; la maison de redressement. Evoquant son s&#233;jour chez le couple Swerling, Malcolm &#233;crivait : &#171; Devant moi, ils parlaient de tout et de rien, comme on dit n&#8217;importe quoi devant son canari. Ils parlaient m&#234;me de moi, ou des niggers, comme si je n&#8217;&#233;tais pas l&#224;, comme si je ne comprenais pas le sens de ce mot. Mais ce n&#8217;&#233;tait pas par m&#233;chancet&#233;... ils ne leur est jamais venu &#224; l&#8217;esprit que j&#8217;&#233;tais capable de comprendre, que je n&#8217;&#233;tais pas un toutou, mais un &#234;tre humain. &#187;

Au lyc&#233;e blanc de Mason, Malcolm se distingua rapidement par de brillants r&#233;sultats, notamment dans ses mati&#232;res de pr&#233;dilection que sont la litt&#233;rature et l&#8217;histoire. Son professeur d&#8217;Anglais qui l&#8217;appr&#233;ciait particuli&#232;rement, interrogea un jour Malcolm (&#224; l&#8217;occasion d&#8217;une conversation apr&#232;s la classe), sur la profession qu&#8217;il souhaiterait exercer plus tard. Malcolm r&#233;pondit &#171; avocat &#187; avec la na&#239;vet&#233; d&#8217;un adolescent pour qui le r&#234;ve et l&#8217;ambition n&#8217;avaient pas de couleur. Le professeur Ostrowski invita alors le jeune &#233;l&#232;ve &#171; ambitieux &#187; &#224; faire preuve de plus de r&#233;alisme en le conseillant de s&#8217;orienter vers un m&#233;tier manuel plus conforme &#224; son &#171; statut de noir &#187;. Ce fut alors que Malcolm comprit que le noir de sa peau d&#233;terminerait plus son futur professionnel que ses bons r&#233;sultats scolaires. Il d&#233;cida de quitter sans regret le lyc&#233;e pour rejoindre sa demi-s&#339;ur Ella &#224; Boston. Paradoxalement, avec le recul, Malcolm jugera salvateurs les propos du professeur Ostrovski : &#171; Je remercie Allah de m&#8217;avoir envoy&#233; &#224; Boston &#224; ce moment- l&#224;, sinon je serais sans doute un chr&#233;tien noir au cerveau bien lav&#233;. &#187;

Au bout de l&#8217;arrestation le destin

Nouvellement arriv&#233; &#224; Boston, &#171; red &#187; ne tarda pas &#224; pr&#233;f&#233;rer le ghetto au quartier de la classe moyenne noire o&#249; r&#233;sidait sa demi-s&#339;ur Ella. Malcolm affiche son m&#233;pris pour ces Noirs qui aspirent &#224; &#234;tre plus blancs que blanc. Il est hant&#233; par sa n&#233;gritude dont il ne parvient pas &#224; dessiner les contours. Sa m&#233;moire est tourment&#233;e par les r&#233;cits de l&#8217;histoire de ses anc&#234;tres d&#233;racin&#233;s de la terre mythique d&#8217;Afrique. Il se mit &#224; la recherche d&#8217;un emploi et rencontra Shorty qui l&#8217;introduisit dans le milieu des cabarets de nuit de la r&#233;gion. Il devint cireur de chaussures dans les bals du Roseland. Il astiqua les chaussures de grands &#171; jazzmen &#187; tels que Duke Ellington ou Lionel Hampton. Pour l&#8217;anecdote Malcolm ne manqua jamais de rappeler avec humour, que le grand musicien Duke lui doit toujours &#171; quinze cents pour un cirage &#187;. Ce travail &#233;tait en fait une couverture. La brosse &#224; reluire de Malcolm dissimulait une autre activit&#233; beaucoup moins reluisante : celle de vendeur de Marijuana. Mais le rouquin dont les ambitions de d&#233;linquants se trouvaient &#224; l&#8217;&#233;troit &#224; Boston, entreprit d&#8217;&#233;lire domicile dans le fameux quartier d&#8217; Harlem &#224; New York. Sur les nouveaux lieux de ses &#171; exploits &#187; d&#8217;apprenti ca&#239;d, Malcolm connut la cons&#233;cration. Rompu &#224; toutes les combines de la rue, il se construisit une r&#233;putation de petit prince de la p&#232;gre, dot&#233; n&#233;anmoins d&#8217;un v&#233;ritable code d&#8217;honneur. Aur&#233;ol&#233; de ce titre, Malcolm consuma sa vie entre les filles faciles et la drogue. Mais le tr&#244;ne de &#8216;&#8217;red&#8217;&#8217; est tr&#232;s convoit&#233;. La disgr&#226;ce le guette dans le ghetto. Au c&#339;ur de Harlem, Malcolm fut rapidement pris dans un r&#232;glement de compte entre les diff&#233;rents gangs du milieu. Menac&#233; dans sa vie, Malcolm se replia sur Boston o&#249; il monta, en association avec son ami de toujours Shorty, une petite &#233;quipe de cambrioleurs. Son retour &#224; Boston ne fut que la poursuite de sa vie nihiliste. Avec sa nouvelle &#233;quipe de malandrins, Malcolm &#233;toffa son palmar&#232;s de nageur en eaux troubles, avant que son arrestation ne lui f&#238;t boire la tasse. Contrairement au film de Spike Lee, l&#8217;arrestation de Malcolm X n&#8217;a pas eu lieu alors qu il &#233;tait en train de se d&#233;friser les cheveux. La v&#233;ritable arrestation de Malcolm s&#8217;est d&#233;roul&#233;e ainsi : &#171; J&#8217;avais donn&#233; &#224; r&#233;parer une montre vol&#233;e. Mes armes faisaient partie de mes v&#234;tements, comme mes cravates. J&#8217;avais mis mon pistolet dans un &#233;tui accroch&#233; &#224; mon &#233;paule, sous mon manteau. J&#8217;appris par la suite que le propri&#233;taire de la montre avait indiqu&#233; la r&#233;paration dont elle avait besoin. Une tr&#232;s belle montre, c&#8217;est pourquoi je l&#8216;avais gard&#233;e pour moi. Et tous les horlogers de Boston &#233;taient alert&#233;s. Le juif attendit d&#8217;&#234;tre pay&#233; avant de poser la montre sur le comptoir. Puis il donna le signal. Un autre type apparut, du fond de la boutique, et se dirigea vers moi. Il avait la main droite dans la poche. C&#8217;&#233;tait un flic, &#233;videmment.

- Passez au fond, dit-il d&#8217;une voix calme.

- Je m&#8217;appr&#234;tais &#224; ob&#233;ir lorsqu&#8217;un autre Noir, innocent celui-l&#224;, entra dans le magasin. J&#8217;appris plus tard qu &#8216;il avait fini son service militaire justement ce jour-l&#224;. Le flic pensa que c&#8217;&#233;tait un associ&#233;, et se tourna vers lui.

Je demeurais l&#224;, arm&#233;, immobile, pendant que l&#8217;inspecteur, me tournant le dos, interrogeait l&#8217;autre Noir. Encore aujourd &#8216;hui je suis persuad&#233; que m&#234;me alors Allah &#233;tait avec moi. Je n&#8217;ai pas essay&#233; de le descendre. Et c&#8217;est ce qui m&#8217;a sauv&#233; la vie. Je me souviens que l&#8217;inspecteur s&#8217;appelait Shark. Je levai les bras en l&#8217;air et lui fis signe :&#8217;&#8217; Prenez mon pistolet&#8217;&#8217; dis-je. Je le regardais faire. Il &#233;tait comme h&#233;b&#233;t&#233;. En voyant entr&#233; l&#8217;autre noir, il n&#8217;avait plus pens&#233; que je pouvais &#234;tre arm&#233;. Il &#233;tait vraiment tr&#232;s &#233;mu parce que je ne l&#8217;avais pas descendu. Mon arme &#224; la main, il donna le signal. Deux autres inspecteurs sortirent de leurs cachettes. Ils m&#8217;avaient donc tenu en joue. Un faux mouvement et ils auraient tir&#233;. J&#8217;ai du revenir mille fois dans mon esprit sur cette journ&#233;e o&#249; j&#8217;ai &#233;chapp&#233; &#224; la mort. C&#8217;est pourquoi je suis convaincu que tout est &#233;crit. &#187;

La r&#233;v&#233;lation en prison

Apr&#232;s son arrestation, Malcolm est jug&#233; et condamn&#233; &#224; 10 ans de prison en f&#233;vrier 1946. Son temp&#233;rament fougueux souffre de l&#8217;enfermement. Il ne lui reste qu&#8216; &#224; m&#233;diter ses r&#234;ves de libert&#233; dans l&#8217;exigu&#239;t&#233; de sa cellule. Dans la prison de Charleston, il se prend d&#8217;amiti&#233; avec un d&#233;tenu tr&#232;s respect&#233; nomm&#233; Bimbi qui le fascine par son savoir et sa grandiloquence. En 1948, Malcolm est transf&#233;r&#233; &#224; la prison de Concord, o&#249; il re&#231;oit une lettre de ses fr&#232;res Philbert et Reginald qui lui affirment &#171; avoir d&#233;couvert la religion naturelle de l&#8217;homme noir et lui demande de ne plus manger de porc. &#187; Ils concluent la lettre en lui annon&#231;ant : &#171; Que Dieu venu en Am&#233;rique &#233;tait apparu &#224; un homme nomm&#233; Elijah Mohammed. &#187; L&#8217;ann&#233;e suivante, Malcolm est &#224; nouveau transf&#233;r&#233; dans la &#8216;&#8217;confortable&#8217;&#8217; prison de Norfolk dans le Massachusetts. Les d&#233;tenus ont un acc&#232;s sans autorisation &#224; une biblioth&#232;que qui avait &#233;t&#233; l&#233;gu&#233;e par un millionnaire du nom de Parkhurst. Malcolm d&#233;vore tous les livres qui se pr&#233;sentent &#224; lui et recopie dans son int&#233;gralit&#233; le dictionnaire. La d&#233;couverte de la lecture &#233;veille en Malcolm : &#171; le d&#233;sir profond, latent, de vivre intellectuellement. &#187; Servi par une m&#233;moire ph&#233;nom&#233;nale, et de grandes facult&#233;s d&#8217;apprentissage, Malcolm acquiert rapidement une solide culture qui lui permet d&#8217;effectuer en prison des expos&#233;s sur l&#8217;historien grec H&#233;rodote, le philosophe Socrate ou encore sur Shakespeare. Son esprit qui jadis divaguait sous l&#8217;effet de la drogue, exulte d&#233;sormais au rythme de ses prestations intellectuelles. Il renoue &#233;galement en prison avec sa n&#233;gritude.

Au service de la &#171; Nation of Islam &#187;

A sa sortie de prison en 1952, Malcolm se pr&#233;cipite vers le bain turc afin d&#8217;enlever le relent de prison qui &#171; lui collait &#224; la peau. &#187; Il s&#8217;installe &#224; D&#233;troit chez son fr&#232;re Wilfried et occupe un poste dans le magasin de meuble de ce dernier. Le soir apr&#232;s le travail, Malcolm part pr&#234;cher dans le ghetto la doctrine v&#233;hicul&#233;e par Elijah Mohammed au sein de la &#171; Nation Of Islam &#187;. Il est nomm&#233; l&#8217;ann&#233;e suivante assistant pasteur du temple num&#233;ro 1 de Detroit. Le rouquin se pr&#233;nomme d&#233;sormais Malcolm X, abandonnant ainsi d&#233;finitivement son nom d&#8217;esclave. Ce X, symbole de l&#8217;inconnu en math&#233;matique, enclenche la qu&#234;te identitaire de Malcolm dont l&#8217;anonymat est compt&#233;. Le recrutement de Malcolm par les Blacks Muslims constitue une v&#233;ritable aubaine. Il contribue rapidement au prestige et au d&#233;veloppement de cette organisation. La &#171; Nation of Islam &#187; fut v&#233;ritablement cr&#233;&#233;e en 1930 &#224; Detroit par un commer&#231;ant du nom de W D. FARD qui mourut en 1934. Un autre hurluberlu, Elijah Poole succ&#232;de &#224; Fard, et substitue son nom d&#8217;esclave Poole par celui de Mohammed. La &#171; Nation of Islam &#187; insiste sur le comportement moral de ses adeptes et pr&#244;ne la s&#233;paration des races blanches et noires. Les origines de L&#8217;Islam aux Etats-Unis remontent en fait &#224; l&#8217;arriv&#233;e des premiers esclaves d&#8217;Afrique dont certains &#233;taient musulmans. En ao&#251;t 1966, dans sa pr&#233;face du livre de Georges Breintman, Malcolm X, le pouvoir noir, Claude Julien rapporte le t&#233;moignage d&#8217;un correspondant du TIMES qui relate sa r&#233;ception chez un riche blanc o&#249; le service domestique &#233;tait assur&#233; par des esclaves musulmans : &#171; James Cooper (1794-1866) poss&#233;dait en G&#233;orgie cinq cents esclaves dont une douzaine au moins &#233;taient musulmans. &#187; Il &#233;crivit &#224; propos de l&#8217;un deux : &#171; Sali Bul Ali est un strict mahom&#233;tan ; il ne boit pas d&#8217;alcool, respecte certains je&#251;nes, en particulier celui du Ramadan. &#187; Claude Julien poursuit en signalant : &#171; qu&#8216;un esclave musulman atteignit une incontestable notori&#233;t&#233; : un certain Job, n&#233; en 1701 ou 1702 sur les rives de la Gambie, fut captur&#233; en 1730 et exp&#233;di&#233; au Maryland o&#249; il travailla dans une plantation de tabac, s&#8217;&#233;vada, fut captur&#233; et emprisonn&#233;. Des abolitionnistes achet&#232;rent sa libert&#233; et lui pay&#232;rent le voyage jusqu&#8217;en Angleterre, o&#249; il fut re&#231;u &#224; la Cour royale. Il rentra chez lui vers 1735 et s&#8217;adonna au commerce. Il savait le Coran par c&#339;ur. &#187;

Le d&#233;vouement de Malcolm X et ses qualit&#233;s de tribun font merveille. Il conna&#238;t une ascension fulgurante au sein de la &#171; Nation of Islam &#187; devenant l&#8217;objet de sollicitations r&#233;guli&#232;res de la presse am&#233;ricaine.

En 1958, il se marie avec Betty X dans l&#8217;Indiana. De cette union na&#238;tront 4 filles : Atilah Kubilah, Ilyasah, et Amilah. Betty dispara&#238;tra (ironie d&#8217;un sort cruel) en 1997 suite &#224; un incendie provoqu&#233; dans sa maison par son petit-fils pr&#233;nomm&#233; Malcolm !

Trahi par les siens

La popularit&#233; de Malcolm X suscite alors beaucoup d&#8217;envieux et de jalousies parmi les dirigeants de la &#171; Nation of Islam &#187; dont certains s&#8217;emploient &#224; le discr&#233;diter en faisant circuler des rumeurs d&#8217;enrichissement personnel.

Durant l&#8217;automne 1963, Elijah Mohammed profite d&#8217;une d&#233;claration ambigu&#235; de Malcolm X sur la mort du pr&#233;sident Kennedy pour le suspendre 90 jours de la &#171; Nation of Islam &#187;. Malcolm X transforme cette suspension en une rupture. Il cr&#233;e la &#171; Muslim Mosque &#187; (La Mosqu&#233;e Musulmane) en 1964, avant de programmer son d&#233;part pour la Mecque afin de s&#8217;initier &#224; la connaissance d&#8217;un Islam authentique. Il rencontre le docteur Chawarbi, un imminent savant musulman en poste &#224; l&#8217;ONU qui lui remet une lettre approuvant sa candidature au p&#232;lerinage, facilitant ainsi l&#8217;obtention d&#8217;un visa pour l&#8217;Arabie Saoudite. Au cours de ce voyage, il r&#233;dige le 20 avril 1964 &#224; Djeddah (Arabie S&#233;oudite) une lettre qui d&#233;peint l&#8217;atmosph&#232;re chaleureuse et fraternelle entre toutes les races unies autour de L&#8217;Islam : &#171; Dans le monde musulman, je venais de voir pour la premi&#232;re fois de ma vie des hommes &#224; la peau blanche se conduire avec moi comme des fr&#232;res. &#187; Il est &#233;galement surpris de sa notori&#233;t&#233; et du prestige que rencontre dans le monde son combat. Il est l&#8217;h&#244;te du prince Faycal d&#8217;Arabie Saoudite, ainsi que de prestigieux chefs d&#8217;Etats africains

A son retour de la Mecque, Malcolm X fonde l&#8217;organisation pour l&#8217;unit&#233; afro-am&#233;ricaine. Il prend conscience de l&#8217;int&#233;r&#234;t de donner une dimension internationale &#224; la lutte des Noirs aux USA. Il entreprend une autre tourn&#233;e en Afrique, ponctu&#233;e par des visites de la casbah de Casablanca et de celle d&#8217;Alger, suivie d&#8217;une autre tourn&#233;e au Proche-Orient. La pens&#233;e de Malcolm s&#8217;enrichit et s&#8217;ouvre sur l&#8217;universalisme. Il abandonne d&#233;finitivement le projet s&#233;paratiste avec la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine au profit d&#8217;une transformation du syst&#232;me am&#233;ricain &#224; m&#234;me d&#8217;assurer l&#8217;&#233;mancipation de la communaut&#233; noire.

Sa rupture avec la &#171; Nation of Islam &#187; &#233;tait en fait pr&#233;visible. Le 1er juin 1964, il d&#233;clare au magazine Jeune Afrique : &#171; Si j&#8217;ai quitt&#233; le mouvement des Blacks Muslims, c&#8217;est parce que j&#8217;estimais qu&#8217;il &#233;tait trop sectaire et que ce sectarisme finissait par paralyser son action militante. &#187; Cette &#233;volution id&#233;ologique forgera en partie la grandeur de Malcolm X dont la disparition pr&#233;coce annihilera la n&#233;cessaire maturation d&#8217;une pens&#233;e encore naissante. Le 13 f&#233;vrier 1965, il regagne les USA apr&#232;s un long p&#233;riple en Europe marqu&#233; par une interdiction d&#8217;acc&#232;s du territoire fran&#231;ais par les autorit&#233;s fran&#231;aises qui ont agi visiblement sous la pression du gouvernement am&#233;ricain. Cette d&#233;cision a provoqu&#233; l&#8217;indignation de Malcolm X, qui devait s&#8217;exprimer dans un rassemblement en faveur de la lutte des Noirs aux USA, organis&#233; par des parisiens, des Afro-am&#233;ricains, ainsi que des militants des Cara&#239;bes, et d&#8217;Afrique. Une interdiction d&#8217;autant plus scandaleuse, que Malcolm X avait effectu&#233; un s&#233;jour plut&#244;t r&#233;ussi en France en novembre 1964.

Il sera assassin&#233; le 21 f&#233;vrier 1965 dans la salle de bal Audubon. Son corps sera cribl&#233; de 13 chevrotines et de plusieurs balles : &#171; J&#8217;ai toujours pens&#233; que je mourrais de mort violente et j&#8217;ai fait mon possible pour m&#8217;y pr&#233;parer &#187; pressentait Malcolm X. Deux membres des Black Muslim : Norman 3x Butler, Thomas 15 X Johnson, et Talmadge Hayer seront condamn&#233;s &#224; la prison &#224; vie, le 14 avril 1966 pour le meurtre de Malcolm X. Ses obs&#232;ques se d&#233;roul&#232;rent devant une foule immense. Malcolm X fut enterr&#233; au cimeti&#232;re de Farncliff &#224; New-York. Sur la plaque de son cercueil fut grav&#233; : &#171; El Hadj Malik &#8216;&#8217;El-Shabazz-19mai1925-21f&#233;vrier1965. &#187; Sa fille de 6 ans Attilah exprima avec candeur son chagrin &#224; travers une lettre : &#171; Cher papa, je t&#8217;aime tant, mon Dieu, mon Dieu, comme je voudrais que tu ne sois pas mort. &#187;

Qui sont les v&#233;ritables commanditaires de l&#8217;assassinat de Malcolm X ?

Jusqu&#8217;&#224; ce jour les commanditaires de l&#8217;assassinat de Malcolm X n&#8217;ont jamais &#233;t&#233; clairement identifi&#233;s. Cependant, l&#8217;hypoth&#232;se d&#8217;une action concert&#233;e entre Le &#171; FBI &#187; et la &#171; Nation Of Islam &#187; n&#8217;est pas &#224; exclure. Ces deux milieux avaient en effet quelques int&#233;r&#234;ts &#224; la liquidation de Malcolm X. Depuis 1964, date de sa rupture avec la &#171; Nation of Islam &#187;, Malcolm X ne se privait pas de d&#233;noncer la corruption et le charlatanisme des dirigeants de cette organisation. Dans un entretien accord&#233; le 8 janvier 1965 au Young Socialist, il d&#233;clare que : &#171; La &#171; Nation Of Islam &#187; ne prend aucune autre part dans la lutte des noirs de ce pays pour changer leurs conditions, si ce n&#8217;est celle d&#8217;offrir une force morale pour amener nos gens &#224; cesser de se saouler ou de se droguer. C&#8217;est insuffisant une fois sobre, vous restez pauvre(...) Tous ces militants d&#233;termin&#233;s ont &#233;t&#233; paralys&#233;s par une organisation qui ne prend aucune part active dans aucun combat. &#187; Pire encore pour la &#171; Nation of Islam &#187;, dans un discours dat&#233; du 3 avril 1964 prononc&#233; &#224; l&#8217;&#233;glise m&#233;thodiste de Cory, Malcolm X soulignait son impuissance en offrant une alternative politique cr&#233;dible &#224; la lutte des Noirs : &#171; Pour terminer, j&#8217;aimerais vous dire quelques mots de la &#171; Muslim Mosque &#187; que nous avons r&#233;cemment fond&#233;e &#224; New-York. C&#8217;est vrai nous sommes musulmans, notre religion est l&#8217;Islam, mais nous ne m&#233;langeons pas notre religion et notre politique (nous ne les m&#233;langerons plus). Une fois nos offices termin&#233;s, nous nous engageons, en tant que musulmans, dans l&#8217;action politique, l&#8217;action &#233;conomique et l&#8217;action sociale et civique. Nous y participons en tous lieux, en tous temps, et de toutes les fa&#231;ons aux c&#244;t&#233;s de tous ceux qui luttent pour mettre un terme aux maux politiques, &#233;conomiques et sociaux, qui affligent notre communaut&#233;. &#187; D&#8217;autre part, quelques jours avant son assassinat, Malcolm X mena&#231;a au cours d&#8217;un meeting &#224; D&#233;troit organis&#233; par l&#8217;Afro-American Broadcasting Compagny de faire des r&#233;v&#233;lations sur les dirigeants de la &#171; Nation of Islam &#187; : &#171; Ils ont ouvert la pol&#233;mique contre moi et qui plus est, tent&#233; de me r&#233;duire au silence, parce qu&#8217;ils n&#8217;ignorent pas ce que je sais sur leur compte. A mon avis, ils devraient me conna&#238;tre assez bien pour savoir qu&#8217;ils ne parviendront s&#251;rement pas &#224; me faire peur. Mais lorsque je r&#233;v&#232;lerai ce que je sais, il est des faits relatifs &#224; la Nation of Islam qui vous scandaliseront, lorsque vous en aurez connaissance. &#187;

Le tournant id&#233;ologique de Malcolm X d&#233;range

Dans une correspondance r&#233;dig&#233;e depuis Lagos (capitale du Nig&#233;ria) le 10 mai 1964, Malcolm X confirme clairement son &#233;volution qui l&#8217;am&#232;ne &#224; transcender le clivage racial entre Noirs et Blancs : &#171; &#8216;Le Coran fait au monde et au musulman une obligation de prendre le parti de ceux dont les droits humains sont viol&#233;s, quelle que soit la conviction religieuse des victimes. La religion de l&#8217;Islam tient &#224; c&#339;ur les droits de tout le genre humain, sans distinction de race, de couleur ou de croyance. Pour elle, tous (et chacun) sont membres d&#8217;une seule et m&#234;me famille, la famille humaine. &#187;

Cette &#233;volution de la pens&#233;e de Malcolm X s&#8217;accompagne d&#8217;une nouvelle strat&#233;gie politique. Il d&#233;cide de projeter la question du statut des Noirs am&#233;ricains au del&#224; des fronti&#232;res am&#233;ricaines, &#224; travers la recherche de soutiens et de relais &#224; son combat sur une sc&#232;ne internationale marqu&#233;e alors, par l&#8217;&#233;mergence de nouvelles nations en lutte contre toutes les formes d&#8217;imp&#233;rialisme et de colonialisme : &#171; La seule fa&#231;on dont nous nous lib&#233;rerons passe par notre identification avec les peuples opprim&#233;s du tiers monde.(...) quand les 22 millions d&#8217;Am&#233;ricains noirs s&#8217;apercevront que nous avons le m&#234;me probl&#232;me que les opprim&#233;s du Vietnam du Sud, du Congo et de l&#8217;Am&#233;rique Latine - &#233;tant donn&#233; que les opprim&#233;s constituent la majorit&#233; et non la minorit&#233; sur cette terre, nous serons amen&#233;s &#224; envisager notre probl&#232;me en majorit&#233; capable de revendiquer et non plus en minorit&#233; r&#233;duite &#224; la mendicit&#233;. &#187; (Meeting &#224; New-York, salle Audubon, le 20 d&#233;cembre 1964)

Le tournant id&#233;ologique op&#233;r&#233; par Malcolm X (abandon du projet fantaisiste de s&#233;paratisme, passage du nationalisme noir &#224; l&#8217;universalisme, d&#233;placement de la lutte des Noirs &#224; un niveau plus politique) conf&#233;rait &#224; son combat une efficacit&#233; et un r&#233;alisme qui faisait de lui un opposant redoutable &#224; certains cercles du gouvernement am&#233;ricain. Malcolm X ne manquait jamais de fustiger la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine. Sur le plan int&#233;rieur, il renvoyait dos &#224; dos les partis r&#233;publicain et d&#233;mocrate en plaidant pour un vote noir ind&#233;pendant, ainsi qu &#8216;il a annonc&#233; au cours du Harvard Law School Forum le 16 d&#233;cembre 1964 : &#171; Il faut que nous acqu&#233;rions une meilleure compr&#233;hension de la science politique et que nous nous fassions inscrire sur les listes &#233;lectorales. Nous ne devons pas prendre, de quelque fa&#231;on que ce soit, fait et cause pour l&#8217;un quelconque de ces partis. A mon avis, nous devrions limiter notre action politique &#224; la situation donn&#233;e, sans du tout chercher &#224; nous identifier ou &#224; nous vendre &#224; l&#8217;un des deux partis, mais en nous engageant dans une action politique consacr&#233;e au bien des &#234;tres humains et destin&#233;e &#224; en finir avec toutes ces injustices. &#187; L&#8217;&#233;volution id&#233;ologique de Malcolm X enlevait en fait tout argument de &#171; diabolisation &#187; &#224; ses ennemis qui souhaitaient le confiner dans une marginalisation st&#233;rile. B&#233;n&#233;ficiant d&#8217;une aura internationale, il devenait un interlocuteur et un acteur politique cr&#233;dible de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Ce qui explique qu&#8217;il &#233;tait sous la surveillance permanente du FBI et de la CIA dont Malcom X n&#8217;avait de cesse de d&#233;noncer : &#171; On nous surveillait. Nos t&#233;l&#233;phones &#233;taient sur table d&#8217;&#233;coute. Aujourd&#8217;hui encore, si je devais parler au t&#233;l&#233;phone de bombarder l&#8217;empire State Building, je vous garantis que ce gratte-ciel serait cern&#233; dans les cinq minutes &#187;. Le journaliste Alex Haley (auteur du fameux roman Racine transpos&#233; en feuilleton &#224; l&#8217;&#233;cran) avec qui il r&#233;digea son autobiographie, rappelait qu&#8217;avant de rentrer chez lui, Malcom X pronon&#231;ait la formule rituelle &#171; Allo ! allo ! le FBI, vous &#234;tes branch&#233;s ? Parfait, ici Malcolm X. &#187;

Cette surveillance du FBI n&#8217;est que le compartiment d&#8217;un programme de contre-espionnage mis en place en 1956 et surnomm&#233; le Cointelpro. Ce programme qui avait &#233;t&#233; initialement &#233;labor&#233; en direction des sympathisants et militants du parti communiste am&#233;ricain, sera prioritairement orient&#233; en 1967 vers les mouvements noirs. Le FBI a ainsi d&#233;fini en des termes pour le moins explicites la mission du Cointelpro qui : &#171; est de d&#233;masquer, briser, fourvoyer, discr&#233;diter, ou au moins neutraliser les activit&#233;s des organisations nationalistes noires qui pr&#234;chent la haine. &#187; L&#8217;objectif du Cointelpro tel qu&#8216;il a &#233;t&#233; assign&#233; en 1967, visait &#224; l&#8217;&#233;poque un des principaux mouvements nationalistes noirs influenc&#233; par Malcolm X : les Blacks Panthers, (Blacks Panthers Party fond&#233; en Californie par deux &#233;tudiants en droit : Huey P.Newton et M.Bobby Seale). Certes ce programme intervient deux ann&#233;es apr&#232;s la mort de Malcolm X, mais il d&#233;montre la volont&#233; notoire du FBI de recourir &#224; toutes les m&#233;thodes de r&#233;pression y compris le crime pour &#233;touffer toute voix contestataire noire du syst&#232;me am&#233;ricain.

L&#8217;ignoble Hoover, responsable du FBI durant cette p&#233;riode n&#8217;avait-il pas r&#233;dig&#233; une note qui annon&#231;ait clairement que : &#171; Le Cointelpro doit emp&#234;cher la naissance d&#8217;un messie qui pourrait unifier et &#233;lectriser le mouvement nationaliste noir (...) Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que, s&#8217;ils succombent &#224; l&#8217;enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts (...) ne vaut-il pas mieux &#234;tre une vedette sportive, un athl&#232;te bien pay&#233; ou un artiste, un employ&#233; ou un ouvrier plut&#244;t qu&#8216;un Noir qui ne pense qu&#8217;&#224; d&#233;truire l&#8217;establishment et qui, ce faisant, d&#233;truit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soup&#231;on des Blancs ! &#187;

Malcolm X qui se d&#233;finissait comme le Noir &#171; le plus en col&#232;re de l&#8217;Am&#233;rique &#187; reste une des figures les plus embl&#233;matiques de la lutte des Noirs contre l&#8217;oppression, et le racisme. Il a inscrit son nom dans le panth&#233;on des personnalit&#233;s musulmanes du si&#232;cle pr&#233;c&#232;dent. Sa m&#233;fiance visc&#233;rale de tous les pouvoirs honorait un homme pour qui la d&#233;fense de son id&#233;al avait le prix du sacrifice. Son combat d&#233;sint&#233;ress&#233; et sans compromission &#233;tait marqu&#233; du sceau de la foi en Dieu. Ainsi dans son autobiographie, il concluait le dernier chapitre sur ces paroles : &#171; Si je meurs en ayant apport&#233; la plus petite lumi&#232;re, la plus petite parcelle de v&#233;rit&#233;, si je meurs en ayant pu contribuer &#224; d&#233;truire le cancer raciste qui ronge la chair am&#233;ricaine, alors, tout le m&#233;rite en revient &#224; Allah. Ne m&#8217;imputez que les erreurs. &#187; Rien, pas m&#234;me l&#8217;ombre de la mort, ne venait alt&#233;rer la d&#233;termination d&#8217;un homme m&#251; par de puissantes convictions et dont la bravoure n&#8217;avait d&#8217;&#233;gale que son immense humilit&#233;. La rigueur morale de son engagement demeure un mod&#232;le dont feraient bien de s&#8217;inspirer certaines associations musulmanes membres du CFCM, qui restent fig&#233;es dans une mentalit&#233; tribale. Elles pr&#233;f&#232;rent, au d&#233;triment de l&#8217;int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de la &#171; communaut&#233; &#187;, s&#8217;investir dans une course au leadership, susceptible d&#8217;offrir un strapontin &#224; m&#234;me d&#8217;assouvir les ambitions personnelles d&#8217;individus d&#233;nu&#233;s de modestie et domin&#233;s par un besoin irr&#233;pressible de faire briller leur p&#226;le &#233;toile. Mais l&#8217;Im&#226;m Ali n&#8217;affirmait-il pas : &#171; Aktar Mas&#226;ri al-uq&#251;l tahta bur&#251;q al-mat&#226;mi ! &#187; Que d&#8217;effondrements sous les &#233;clairs des ambitions !

Source : oumma.com/.../ma.com/article.php3?id_article=1391 </description>
      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 05:02:40 CDT</pubDate>
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      <title>RUBEN UM NYOBE</title>
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&lt;img width="71" height="90" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/Ruben.jpg" alt="Ruben.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;Ruben Um Nyobe est un leader nationaliste camerounais et pr&#233;curseur des ind&#233;pendances en Afrique francophone n&#233; en 1913. Il participe &#224; la cr&#233;ation dans un bar de Douala denomm&#233; la Sierra le 10 avril 1948 de l'Union des populations du Cameroun, parti combattant pour l'ind&#233;pendance. Suite au laxisme du premier s&#233;cr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de ce parti nationaliste, Ruben Um Nyob&#232; connu pour sa v&#233;h&#233;mence est propuls&#233; &#224; la t&#234;te du parti.Il va se caract&#233;riser par son franc-parler et ses nombreux &#233;crits, il va s'opposer au pouvoir colonial fran&#231;ais et r&#233;clamer selon ses termes &amp;quot;une ind&#233;pendance totale et imm&#233;diate&amp;quot; suscitant alors une prise de conscience nationale et provoquant la d&#233;colonisation qui allait suivre en 1960 apr&#232;s lui. V&#233;ritable virtuose de son &#233;poque, il se rendra deux fois aux Nations unies gr&#226;ce aux cotisations de pauvres paysans camerounais afin de plaider la cause du Cameroun. Il fut abattu par l'arm&#233;e fran&#231;aise le 13 septembre 1958 pr&#232;s de son village natal de Boumnyebel, dans le d&#233;partement du Nyong-et-K&#233;ll&#233; dans le maquis Bassa. V&#233;ritable martyr de la colonisation,il n'a jamais re&#231;u du Cameroun toute la reconnaissance qu'il aurait m&#233;rit&#233; ; comme quoi &amp;quot;aux grands hommes, la patrie n'est pas toujours reconnaissante&amp;quot;</description>
      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 04:50:40 CDT</pubDate>
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      <title>GEORGE BUSH</title>
      <description>&lt;p&gt;
&lt;img width="94" height="118" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/bush_2.jpg" alt="bush_2.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;George Walker Bush , n&#233; le 6 juillet 1946, fils de George Herbert Walker Bush et de sa femme, n&#233;e Barbara Pierce, est le 43e pr&#233;sident des &#201;tats-Unis depuis 2001.

Membre du Parti r&#233;publicain, &#233;lu deux fois gouverneur de l&#8217;&#201;tat du Texas entre 1994 et 1998 puis entre 1998 et 2000, date &#224; laquelle il abandonne son poste de gouverneur &#224; la suite de sa victoire &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.

Il est &#233;lu pr&#233;sident pour un second mandat le 2 novembre 2004.

Il est domicili&#233; &#224; Crawford, o&#249; il poss&#232;de un ranch dans lequel il passe ses vacances. Il est mari&#233; &#224; Laura Bush depuis 1977 et est p&#232;re de deux filles jumelles, Barbara et Jenna, n&#233;es en 1981. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;George W. Bush: sa famille, ses &#233;tudes, sa carri&#232;re

La famille de George H. W. Bush au d&#233;but des ann&#233;es 60: au premier plan Neil, Marvin et Jeb Bush et au second plan, Doro (dans les bras de) George W., Barbara et George H.A&#238;n&#233; d'une famille de six enfants, George W. Bush na&#238;t la premi&#232;re ann&#233;e du Baby boom &#224; New Haven, dans l'&#201;tat du Connecticut. Il a deux s&#339;urs, dont une d&#233;c&#233;d&#233;e &#224; l'&#226;ge de trois ans &#224; la suite d'une op&#233;ration pour traiter sa leuc&#233;mie ayant mal tourn&#233; et trois fr&#232;res, dont John Ellis Bush (&#171; Jeb &#187;) qui na&#238;t sept ans apr&#232;s lui.

La famille Bush emm&#233;nage en 1959 &#224; Houston o&#249; le p&#232;re a d&#233;m&#233;nag&#233; sa prosp&#232;re compagnie p&#233;troli&#232;re. George W. Bush est envoy&#233; au pensionnat pour gar&#231;ons de la Phillips Academy &#224; Andover, au Massachusetts, consid&#233;r&#233; &#224; l'&#233;poque comme la &#171; plus dure &#233;cole priv&#233;e d'Am&#233;rique &#187; par le Time Magazine.

Il est admis &#224; Yale o&#249; il obtiendra un Bachelor of Arts in History (licence d'histoire). Il joint une confr&#233;rie secr&#232;te devenue c&#233;l&#232;bre par la suite : les Skull and Bones, comme son p&#232;re George H. W. Bush (1948), son grand-p&#232;re Prescott Bush (1917) et John Kerry, son rival &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2004.

George W. Bush en uniforme de la garde nationale dans les ann&#233;es 70Il fait son service militaire en s'engageant dans la Garde nationale en 1968 o&#249; il devient pilote d'un F-102. Cet engagement dans la garde nationale lui permet d'&#233;viter la Guerre du Vi&#234;t Nam. Pendant son incorporation, il profite de ses cong&#233;s pour participer &#224; des campagnes &#233;lectorales.

Il est admis &#224; la prestigieuse Harvard Business School lorsque son service militaire se termine, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; refus&#233; &#224; la facult&#233; de droit de l'Universit&#233; du Texas ; il obtient son MBA en 1975.

En 1978, il se pr&#233;sente &#224; la chambre des Repr&#233;sentants mais perd contre Kent Hance, son adversaire d&#233;mocrate et &#233;lu local du Texas.

Il commence alors sa carri&#232;re dans l'industrie du p&#233;trole avec la cr&#233;ation de Arbusto Energy (arbusto signifie bush en espagnol), une entreprise de recherche de p&#233;trole et de gaz. Cette entreprise doit faire face &#224; la crise en 1979 et, apr&#232;s l'avoir renomm&#233;e Bush Exploration, George W. Bush la revend en 1984 &#224; Spectrum 7, un de ses concurrents texans dont il prend la t&#234;te. La crise suivante (1985-1987) provoque le m&#234;me sc&#233;nario qui place George W. Bush &#224; la t&#234;te de Harken Energy. Certains accusent alors son p&#232;re (pr&#233;sident des &#201;tats-Unis) d'avoir fait pression pour que certains &#233;l&#233;ments troublants lors de cette vente ne soient pas &#224; l'origine d'une enqu&#234;te approfondie. D'autres r&#233;pondent que l'arriv&#233;e de Bill Clinton n'a rien chang&#233; &#224; l'affaire, prouvant l'ind&#233;pendance des enqu&#234;tes.

Apr&#232;s avoir travaill&#233; sur la campagne victorieuse de son p&#232;re, en 1988, il rassemble de proches amis et ach&#232;te les Texas Rangers, une &#233;quipe de Base-ball, en 1989. On l'accuse par la suite d'avoir b&#233;n&#233;fici&#233; de pressions politiques dans le cadre de cet achat.

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Sa personnalit&#233;

George W. Bush, sa femme et ses deux filles en 1990George W. Bush a confess&#233; devant les cam&#233;ras une longue p&#233;riode de d&#233;bauche, dont il est sorti vers la quarantaine. Il avait sombr&#233; dans l'alcoolisme. Sa famille et les amis de son p&#232;re ont tout fait pour lui donner une apparence sociale acceptable en l'assistant &#233;troitement et financi&#232;rement dans ses entreprises &#233;conomiques. Il affirme que c'est la foi et l'aide de sa femme qui l'ont aid&#233;. Son p&#232;re ne croyait pas &#224; la possibilit&#233; de sa premi&#232;re &#233;lection.

George W. Bush est un born again christian, c&#8217;est-&#224;-dire un chr&#233;tien qui est &#171; n&#233; de nouveau &#187;, selon la parole de J&#233;sus &#224; Nicod&#232;me (&#233;vangile de Jean 3.3): &#171; En v&#233;rit&#233;, en v&#233;rit&#233;, je te le dis, si un homme ne na&#238;t de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu &#187;.

Il affirme prier plusieurs fois par jour et fait souvent r&#233;f&#233;rence plus ou moins ouvertement &#224; des passages de la Bible dans ses discours. Il a ainsi gagn&#233; ses campagnes &#233;lectorales en gagnant le soutien d'une part des chr&#233;tiens &#233;vang&#233;liques. Il a de m&#234;me conquis une part importante de l'&#233;lectorat catholique en 2004 en remportant plus de 50 % de ses suffrages contre un candidat pourtant issu de cette communaut&#233;.

Il a imprim&#233; cette foi au c&#339;ur du travail gouvernemental. Les r&#233;unions du gouvernement &#224; la Maison blanche commenceraient par une pri&#232;re et la lecture d'un passage de la Bible.

Cet aspect fondamental de la personnalit&#233; de George W. Bush laisse entrevoir une dimension mystique qui impr&#232;gne l'action gouvernementale am&#233;ricaine. Des chr&#233;tiens font valoir que les armes et la foi ne sont pas compatibles pour un &#171; born-again christian &#187;.

Des &#233;v&#233;nements tels que ceux du 11 septembre et de la catastrophe de la Nouvelle Orl&#233;ans apparaissent dans cette perspective mystique comme des faits pouvant &#234;tre analys&#233;s sur le plan religieux. L'expression &#171; combattre l'axe du mal &#187;, mot d'ordre de politique internationale contre le terrorisme apr&#232;s les &#233;v&#233;nements du 11 septembre, le souligne.

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Le gouverneur du Texas (1994-2000)

Portrait officiel du gouverneur Bush en 1994.Bush revend l'&#233;quipe des Texas Rangers en 1994, lors de son &#233;lection au poste de Gouverneur du Texas. Pour atteindre ce poste, il bat la tr&#232;s populaire d&#233;mocrate et gouverneur sortant, Ann Richards.

Il est alors le deuxi&#232;me gouverneur r&#233;publicain du Texas depuis 1877 et le premier gouverneur de cet &#201;tat &#224; remplir deux mandats complets de quatre ans car en 1998, il est r&#233;&#233;lu avec 69% des voix.

Sa politique est tr&#232;s remarqu&#233;e en Europe pour l'utilisation prononc&#233;e de la peine de mort : il signe l'ordre d'ex&#233;cution de la sentence judiciaire pour 152 prisonniers reconnus coupables de crimes et condamn&#233;s &#224; mort. De plus il gracie un seul condamn&#233; lors de son mandat et refuse d'accorder des sursis &#224; d'autres malgr&#233;, dans certains cas, leurs demandes de pouvoir recourir aux tests ADN pour prouver leur &#233;ventuelle innocence.

Il man&#339;uvre habilement avec les &#233;lus d&#233;mocrates, majoritaires au Congr&#232;s local, si bien qu'une part d'entre eux se rallieront &#224; lui lors de sa campagne pr&#233;sidentielle de 2000, alors qu'il s'est d&#233;j&#224; pos&#233; comme candidat adverse.

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L'&#233;lection de 2000

George W. Bush et Al Gore en d&#233;cembre 2000.L'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2000 met face &#224; face George W. Bush &#224; Al Gore, vice-pr&#233;sident des &#201;tats-Unis et candidat du parti d&#233;mocrate.

Apr&#232;s s'&#234;tre impos&#233; avec difficult&#233; lors des primaires contre John McCain, le s&#233;nateur de l'Arizona, George W. Bush axe sa campagne sur les affaires int&#233;rieures du pays, notamment d&#8217;abaisser substantiellement le niveau d&#8217;engagement ext&#233;rieur des &#201;tats-Unis, conform&#233;ment &#224; la tradition isolationniste du parti r&#233;publicain.

Durant cette campagne, Bush s'entoure d'experts politique comme Karl Rove (un ami de la famille et strat&#232;ge confirm&#233; en campagne &#233;lectorale), Karen Hughes, une conseill&#232;re du Texas ou encore Dick Cheney, ancien secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense, qu'il choisit comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence.

Au soir des &#233;lections, Gore devance Bush de pr&#232;s de 550 000 voix au niveau national mais les deux candidats sont au coude &#224; coude au niveau des &#201;tats et des grands &#233;lecteurs lesquels &#233;lisent le Pr&#233;sident. Les r&#233;sultats sont si serr&#233;s dans certains &#201;tats, comme le Nouveau-Mexique et la Floride, qu&#8217;il faut parfois mettre en place un second d&#233;compte. Des d&#233;fauts et ambigu&#239;t&#233;s dans certains formulaires de vote provoquent des disputes dans des bureaux de votes, en particulier en Floride o&#249; l'&#233;cart n'est que d'une centaine de voix, et o&#249; plusieurs milliers de bulletins sont d&#233;clar&#233;s invalides.

Au Nouveau-Mexique, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; vainqueur avec dix mille voix d'avance, un nouveau recomptage voit l'avance d'Al Gore fondre &#224; trois cent voix. En Floride, certains bureaux de votes sont officiellement ferm&#233;s pour irr&#233;gularit&#233;s. Le d&#233;compte des voix est long car un recomptage m&#233;thodique est ordonn&#233; en particulier dans trois comt&#233;s litigieux mais &#224; la fin de celui-ci George Bush est encore gagnant avec 1 500 voix environ d'avance.

Les avocats d'Al Gore obtiennent cependant de la cour supr&#234;me de Floride (dont six juges sur sept sont d&#233;mocrates) un nouveau recomptage manuel dans trois comt&#233;s, ceux de Miami-Dade, Palm Beach et Broward. Ce faisant, la cour de Floride d&#233;passe ses comp&#233;tences judiciaires et r&#233;&#233;crit le code &#233;lectoral ce qui sera imm&#233;diatement contest&#233; devant la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis par les avocats de George W. Bush, d'autant plus que les trois comt&#233;s litigieux sont majoritairement domin&#233;s par les d&#233;mocrates et sont les plus aptes &#224; apporter &#224; Al Gore une r&#233;serve de voix suffisante pour le faire &#233;lire.

Apr&#232;s un premier avertissement &#224; la Cour supr&#234;me de Floride sur le d&#233;passement de ses pr&#233;rogatives et son empi&#232;tement sur le domaine l&#233;gislatif, la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis (dont sept juges sur neuf ont &#233;t&#233; nomm&#233;s par des pr&#233;sidents r&#233;publicains) finit par annuler l'ultime recomptage manuel des voix en Floride, jug&#233; ill&#233;gal par cinq voix contre quatre alors que seul le comt&#233; de Miami-Dade n'a pas fini de proc&#233;der au recomptage manuel et qu'Al Gore est toujours devanc&#233; de plus d'une centaine de voix et c'est ainsi que George W. Bush est finalement d&#233;sign&#233; pr&#233;sident des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique par la cour supr&#234;me, de justesse gr&#226;ce aux voix de Floride qui lui permettent d'obtenir les voix de 271 grands &#233;lecteurs contre 266 &#224; Al Gore. Le r&#233;sultat officiel final est donc de 50 459 211 voix pour Bush (47,9 %), 51 003 894 pour Gore (48,4 %), Ralph Nader (&#233;cologiste) en obtient 2 834 410 (2,7 %) et Patrick Buchanan (Reform Party) 446 743 (0,4 %). Il y encore eu des voix pour 12 autres candidats (en tout 0,6 %).

&#192; aucun moment Al Gore n'a r&#233;ussi &#224; devancer George Bush lors des recomptages de Floride. En mars 2001, un consortium de plusieurs journaux am&#233;ricains font effectuer &#224; leurs frais un recomptage des bulletins dans les trois comt&#233;s cl&#233;s mais aussi dans toute la Floride. Selon les diff&#233;rentes hypoth&#232;ses envisag&#233;es, leurs conclusions furent que si la Cour n'avait pas interrompu le recomptage manuel, George Bush aurait quand m&#234;me gagn&#233; l'&#233;lection ou l'aurait perdu de trois voix dans une seule hypoth&#232;se face &#224; Al Gore.

Ce n'est pas la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays qu'un pr&#233;sident est investi avec moins de voix que son adversaire au plan national. Au XIXe si&#232;cle, Rutherford B. Hayes et Benjamin Harrison ont &#233;t&#233; aussi &#233;lus avec moins de voix que leur adversaire. John F. Kennedy a gagn&#233; contre Richard Nixon en 1960 avec 120 000 voix d'avance.

Le 29 octobre 2002, Bush signa un projet de loi du Congr&#232;s, intitul&#233; le Help America Vote Act of 2002, afin de g&#233;n&#233;raliser l&#8217;utilisation des machines pour enregistrer les votes.

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La r&#233;&#233;lection de 2004

Bush en campagne, le 19 octobre 2004 en Floride.Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2004, George W. Bush est oppos&#233; au s&#233;nateur d&#233;mocrate John Kerry. Tout d'abord &#224; la tra&#238;ne dans les sondages, il profite du manque de dynamisme de son adversaire pour prendre une avance importante, avec une argumentation fond&#233;e sur le manque de constance politique du s&#233;nateur. Ce dernier surprend cependant le public lors du premier d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233;, attaquant frontalement le pr&#233;sident sur la &#171; colossale erreur &#187; de la guerre en Irak : la campagne est relanc&#233;e. Lors des deux d&#233;bats suivants, les candidats s'affrontent sans que l'un des deux prenne r&#233;ellement l'avantage.

Le scrutin se pr&#233;sente une fois de plus comme &#233;tant tr&#232;s serr&#233; et c'est George W. Bush qui est r&#233;&#233;lu lors du vote du 2 novembre 2004 avec un score historique de plus de 62 millions d'&#233;lecteurs contre 59 millions &#224; John Kerry lequel admet sa d&#233;faite d&#232;s le lendemain du scrutin. Le camp r&#233;publicain remporte &#233;galement une victoire historique dans les &#233;lections pour le renouvellement du S&#233;nat et de la Chambre des repr&#233;sentants.

Le clivage entre les &#171; &#201;tats rouges &#187; r&#233;publicains et les &#171; &#201;tats bleus &#187; d&#233;mocrates est aussi tranch&#233; qu'en 2000 entre Bush et Gore.

Les villes intellectuelles du nord-est et du nord comme Boston, New York et Chicago, les villes de la c&#244;te ouest comme San Francisco, Los Angeles et Seattle, qui repr&#233;sentent les &#201;tats ayant les plus fortes concentrations de population, s'ancrent dans le camps d&#233;mocrate. En fait, les 32 villes de plus de 500 000 habitants que comptent les &#201;tats-Unis ont presque toutes vot&#233; d&#233;mocrate alors que la majorit&#233; d&#8217;entre elles se trouvent cependant dans des &#201;tats r&#233;publicains (Atlanta, Miami, Las Vegas, La Nouvelle-Orl&#233;ans, etc.).

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R&#233;sultat des pr&#233;sidentielles 2004 par comt&#233;

Le pr&#233;sident Bush au t&#233;l&#233;phone avec John Kerry lui conc&#233;dant sa victoire, le 3 novembre 2004.C'est en terme de comt&#233;s que l'avantage bascule nettement et largement vers les r&#233;publicains. Les trois quarts des comt&#233;s am&#233;ricains ont vot&#233; pour Bush et seuls ceux des &#201;tats de la Nouvelle-Angleterre et d'Hawaii ont vot&#233; majoritairement pour John Kerry. Ainsi, 54 des 67 comt&#233;s de Pennsylvanie ont vot&#233; pour George W. Bush mais l'&#201;tat a &#233;t&#233; remport&#233; de justesse par Kerry gr&#226;ce &#224; ses scores dans les deux grandes villes de Pittsburgh et Philadelphie. Les d&#233;mocrates auraient aussi pu perdre les &#201;tats de l&#8217;Illinois, du Michigan, de Washington et du Wisconsin s&#8217;ils n'avaient pas b&#233;n&#233;fici&#233; de leur &#233;norme majorit&#233; &#224; Chicago, Detroit, Seattle ou Milwaukee. &#192; l'inverse, les &#233;lecteurs de San Diego en Californie choisissent George W. Bush dans un &#201;tat &#171; pro-Kerry &#187;.

Cette opposition g&#233;o-politique s'explique notamment par le profil sociologique des habitants de la plupart des grandes villes qui correspond ainsi &#224; celui de l'&#233;lecteur d&#233;mocrate traditionnel (pr&#233;pond&#233;rance des c&#233;libataires, des femmes, et des minorit&#233;s ethniques) alors que la sociologie des banlieues (le borough de Staten Island &#224; New York ou le comt&#233; d'Orange pr&#232;s de Los Angeles par exemple) et des villes rurales (Charleston en Caroline du Sud) correspond &#224; celui de l'&#233;lecteur r&#233;publicain (hommes blancs, couples mari&#233;s avec enfants).

Le r&#233;sultat d&#233;finitif de l'&#233;lection est le suivant : George W. Bush obtient 62 041 268 voix (50,7 %) contre 59 028 548 &#224; John Kerry (48,3 %), 463 635 &#224; Ralph Nader (0,4 %) et 397 157 &#224; Michal Badnarik (libertarien, 0,3 %). Les autres candidats recueillent ensemble 365 170 suffrages (0,3 %). Les grands &#233;lecteurs se r&#233;partissent ainsi: 286 pour George W. Bush, 251 pour John Kerry et 1 pour John Edwards, le colisiter de John Kerry.

En raison de la plus forte participation &#233;lectorale, George W. Bush et John Kerry ont l'un et l'autre &#233;tabli des records en ce qui concerne le nombre de voix recueilli. George Bush a pass&#233; de 50,4 &#224; 62 millions (gain de 11,6 millions), John Kerry par rapport &#224; Al Gore a gagn&#233; 8 millions de voix (de 51 &#224; 59 millions). Ralph Nader s'est effondr&#233;, passant de 2,9 &#224; 0,46 million.

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Politique nationale

George W. Bush est li&#233; aux franges les plus conservatrices du Parti r&#233;publicain.

En juin 2005, les t&#233;lespectateurs am&#233;ricains ont plac&#233; George W. Bush en sixi&#232;me position dans leur liste des plus grands am&#233;ricains, derri&#232;re les pr&#233;sidents Ronald Reagan ou Abraham Lincoln mais devant son pr&#233;d&#233;cesseur Bill Clinton.

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La justice

George W. Bush et John Roberts le 19 juillet 2005, jour de sa nomination &#224; la Cour Supr&#234;me
George W. Bush et Samuel Alito le 31 octobre 2005, jour de sa nomination &#224; la Cour Supr&#234;meGeorge W. Bush est en faveur de la peine de mort comme 66 % de ses compatriotes et 80 % des Texans. Il juge cette peine dissuasive.

Le 19 juillet 2005, George W. Bush proc&#232;de &#224; sa premi&#232;re nomination de juge &#224; la Cour Supr&#234;me des &#201;tats-Unis afin de remplacer le juge Sandra Day O'Connor. Son choix se porte sur John Roberts, un juge de la Cour d'appel f&#233;d&#233;rale de Washington et r&#233;publicain mod&#233;r&#233;, &#226;g&#233; d'&#224; peine 50 ans.

Le 5 septembre 2005, Bush nomme John Roberts &#224; la pr&#233;sidence de la Cour Supr&#234;me, suite au d&#233;c&#232;s de l'ancien titulaire du poste, William Rehnquist, survenue le 3 septembre 2005.

Le 3 octobre 2005, c'est dans un second temps Harriet Miers, sa Chef des services juridiques de la Maison Blanche, qu'il d&#233;signe pour remplacer Sandra Day O'Connor &#224; la Cour Supr&#234;me des &#201;tats-Unis mais le 27 octobre, il doit annoncer le retrait de cette nomination suite aux tr&#232;s nombreuses critiques de l'aile la plus &#224; droite du parti r&#233;publicain.

Le 31 octobre 2005, Samuel Alito est son troisi&#232;me choix pour succ&#233;der &#224; Sandra O'Connor. Il est confirm&#233; par le S&#233;nat le 31 janvier 2006.

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L'&#233;cologie et l'environnement

Une de ses premi&#232;res d&#233;cisions dans ce domaine est le retrait des &#201;tats-Unis du protocole de Kyoto. Bill Clinton avait &#233;chou&#233; &#224; faire ratifier ce protocole par le S&#233;nat et son retrait d&#233;finitif par Bush participe &#224; son impopularit&#233; en Europe. Le 30 juillet 2005, les &#201;tats-Unis signent un accord moins contraignant avec la Chine, l'Australie, l'Inde, le Japon et la Cor&#233;e du Sud sur le climat.
En 2002 et 2003, George W. Bush fait voter des lois permettant l&#8217;exploitation des ressources naturelles souterraines des for&#234;ts des parcs naturels. Lors des incendies li&#233;s &#224; la s&#233;cheresse plan&#233;taire de l&#8217;&#233;t&#233; 2003, il met en avant le besoin de d&#233;boiser davantage pour des raisons de s&#233;curit&#233;. En novembre 2005, la Chambre des repr&#233;sentants renonce &#224; voter le projet d'exploitation p&#233;troli&#232;re dans un territoire prot&#233;g&#233; de l'Alaska et fait retirer du budget des projets d'exploitation p&#233;troli&#232;re dans des secteurs prot&#233;g&#233;s par un moratoire.
Il modifie le clean air act, texte sur le contr&#244;le de la pollution de l'air, afin de le rendre moins strict.

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Les minorit&#233;s ethniques

Le gouvernement Bush, premier comme second mandat, est le plus ouvert aux minorit&#233;s ethniques que n'a jamais &#233;t&#233; jusque l&#224; un gouvernement am&#233;ricain :

Colin Powell est le premier afro-am&#233;ricain (new-yorkais d'origine jama&#239;caine) &#224; occuper le poste de Secr&#233;taire d'&#201;tat aux affaires &#233;trang&#232;res.
Condoleezza Rice est la premi&#232;re femme afro-am&#233;ricaine &#224; occuper ce poste en 2005, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; la premi&#232;re femme afro-am&#233;ricaine Conseill&#232;re &#224; la s&#233;curit&#233; nationale.
Elaine Chao est la premi&#232;re femme asiatique (n&#233;e &#224; Ta&#239;wan) membre du gouvernement am&#233;ricain.
Mel Martinez est en 2001 le premier hispanique (n&#233; &#224; Cuba) &#224; entrer au gouvernement am&#233;ricain et Alberto Gonzales, en 2005 le premier hispanique (texan d'origine mexicaine) au poste aussi &#233;lev&#233; que celui d&#8217;Attorney G&#233;n&#233;ral.
Outre ces personnalit&#233;s, il faut rappeler la pr&#233;sence au gouvernement de Norman Mineta, asiatique (californien d'origine japonaise et d&#233;mocrate (d&#233;j&#224; en poste sous Clinton), ainsi que Rod Paige, afro-am&#233;ricain et Secr&#233;taire &#224; l'&#233;ducation.
En 2003, Bush fait personnellement pression sur Trent Lott, le leader r&#233;publicain au s&#233;nat pour qu'il d&#233;missionne suite &#224; des d&#233;clarations nostalgiques de la s&#233;gr&#233;gation raciale &#224; l'occasion d'un hommage &#224; l'ancien candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1948, le s&#233;nateur centenaire ex-d&#233;mocrate Strom Thurmond.

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&#201;conomie

Il commence son mandat pr&#233;sidentiel avec le poids d&#8217;une situation &#233;conomique difficile apr&#232;s l&#8217;&#233;clatement de la bulle internet et sous la menace de r&#233;cession.

Il tente d'imposer des taxes douani&#232;res &#233;lev&#233;es sur certains produits subissant une concurrence &#233;trang&#232;re importante dans des secteurs primaires d&#233;clinants (sid&#233;rurgie, agriculture).

Il met en place les plus grandes baisses d'imp&#244;t jamais enregistr&#233;es, dans le but de relancer la consommation am&#233;ricaine. Il augmente les budgets de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure mais baisse les d&#233;penses des programmes non militaires. Les d&#233;penses de l'&#233;tat augmentent de 20 % en quatre ans. Si Bill Clinton avait laiss&#233; &#224; son d&#233;part un b&#233;n&#233;fice de 236 milliards de dollars, George W. Bush totalise &#224; la fin de son premier mandat un d&#233;ficit de 413 milliards de dollars.

Durant son premier mandat, le ch&#244;mage augmente pour la premi&#232;re fois depuis 1992 mais retombe au niveau de 1996 lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2004.

Le d&#233;but de r&#233;cession du d&#233;but de son mandat fait place &#224; un spectaculaire redressement &#224; la fin de l'ann&#233;e 2003 et des taux de croissance in&#233;gal&#233;s depuis 20 ans.

En octobre 2005, George W. Bush choisit Ben Bernanke, pr&#233;sident du Conseil &#233;conomique de la Maison Blanche, pour succ&#233;der &#224; Alan Greenspan &#224; la t&#234;te de la Fed (Banque f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine) &#224; partir du 1er f&#233;vrier 2006.

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L'impact des ouragans Katrina et Rita

En septembre 2005, l'Ouragan Katrina ravage le sud de la Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama. L'administration f&#233;d&#233;rale est mise en accusation pour ne pas avoir r&#233;agi suffisamment t&#244;t et de ne pas avoir organis&#233; l'&#233;vacuation des habitants, m&#234;me si cette t&#226;che &#233;tait d'abord de la responsabilit&#233; du gouvernement de la Louisiane et de la municipalit&#233; de La Nouvelle-Orl&#233;ans tout comme celle de planifier les besoins, organiser les &#233;vacuations et les secours. Dans une vid&#233;o de visioconf&#233;rence entre des experts de la FEMA et George W.Bush, les sp&#233;cialistes alertent le pr&#233;sident des probl&#232;mes pr&#233;vus (d&#233;gats importants, ruptures des digues...), ce dernier n'essaie pas d'en savoir d'avantage et r&#233;pond que tout est pr&#234;t pour affronter le danger.

Par la suite, en baisse dans les sondages, George W. Bush reconnait dans un discours les erreurs commises au niveau f&#233;d&#233;ral et en prend la responsabilit&#233;. &#171; Quatre ans apr&#232;s l'horrible exp&#233;rience du 11 septembre, les Am&#233;ricains ont tous les droits d'attendre une r&#233;ponse plus efficace en cas d'urgence. Lorsque le gouvernement f&#233;d&#233;ral ne parvient pas &#224; faire face &#224; cette obligation, je suis en tant que pr&#233;sident responsable du probl&#232;me, et de la solution &#187;, d&#233;clare t-il.

Au coeur de La Nouvelle-Orl&#233;ans d&#233;sert&#233;e de ses habitants, George W. Bush annonce alors un plus grand engagement f&#233;d&#233;ral, qui prendra en charge la &#171; grande majorit&#233; &#187; du co&#251;t de la reconstruction, &#171; des routes aux ponts, en passant par les &#233;coles et le syst&#232;me des eaux &#187;, ainsi qu'un r&#244;le accru des forces arm&#233;es. Il annonce &#233;galement un vaste plan de reconstruction afin d'enrayer la pauvret&#233; (issue de &#171; de la discrimination raciale, qui a coup&#233; des g&#233;n&#233;rations de l'opportunit&#233; offerte par l'Am&#233;rique &#187;) et fond&#233; sur la cr&#233;ation dans la r&#233;gion d'une zone &#224; fiscalit&#233; r&#233;duite, d'une aide de 5 000 dollars aux r&#233;fugi&#233;s cherchant &#224; retrouver du travail et la distribution gratuite (par tirage au sort) de terrains aux plus d&#233;munis, afin qu'ils puissent y construire leur maison.

Par la m&#234;me occasion, George W. Bush ordonne au d&#233;partement de la S&#233;curit&#233; int&#233;rieure de lancer un r&#233;examen des plans d'urgence dans toutes les grandes villes d'Am&#233;rique.

Quelques jours plus tard, l'Ouragan Rita ravage les c&#244;tes du Texas mais cette fois-ci, ni la gestion f&#233;d&#233;rale ni celle de l'&#201;tat du Texas ne sont prises en d&#233;faut ou remises en cause. Les journalistes parlent m&#234;me d'effet Rita pour expliquer la sensible remont&#233;e de George W. Bush dans les sondages (71 % des personnes interrog&#233;es d&#233;clarent approuver son action au moment du passage du cyclone Rita contre 40 % en ce qui concernait Katrina).

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Relance du nucl&#233;aire et appel aux nouvelles technologies

Dans son discours annuel sur l'&#233;tat de l'Union le 31 janvier 2006, George W. Bush a fix&#233; comme objectif de r&#233;duire de 75 % la d&#233;pendance du pays au p&#233;trole du Moyen-Orient d'ici 2025. Pour ce faire, il &#233;voque le d&#233;veloppement de toute une s&#233;rie d'&#233;nergies alternatives &#8212; solaire, &#233;olienne, charbon propre, nucl&#233;aire, hydrog&#232;ne ou encore &#233;thanol &#8212; allant jusqu'&#224; encourager l'utilisation de voiture hybride. Le discours est re&#231;u avec scepticisme car il vient d'un pr&#233;sident li&#233; &#224; l'industrie du p&#233;trole et les &#233;ditorialistes parlent de &#171; promesses sans lendemain &#187;. Le financement de celles-ci concernant notamment les nouvelles technologies est aussi mis en doute.

Le 20 f&#233;vrier 2006, au nom de la s&#233;curit&#233; nationale, il annonce que le pays doit recommencer &#224; construire des centrales nucl&#233;aires d'ici la fin de la d&#233;cennie afin de rompre avec une d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique &#171; pathologique &#187; qui les rend &#171; otages de nations &#233;trang&#232;res qui peuvent ne pas les aimer &#187;. Cette annonce intervient alors que les &#201;tats-Unis n'ont plus construit de centrales nucl&#233;aires depuis les ann&#233;es 1970, lesquelles fournissent un peu plus de 20 % de l'&#233;lectricit&#233; consomm&#233;e par les Am&#233;ricains.

&#192; cette occasion, une fois n'est pas coutume, il cite la France en exemple (laquelle produit ainsi 78 % de son &#233;lectricit&#233;).

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La religion

George W. Bush et Jean-Paul II en 2001C'est pour des raisons religieuses que George W. Bush s'oppose &#224; l'euthanasie, aux recherches sur les cellules souches &#224; partir d'embryons humains et est formellement contre le mariage homosexuel. Il soutient des positions hostiles &#224; l'avortement mais les plus conservateurs doutent de sa volont&#233; de remettre en cause l'arr&#234;t Roe v. Wade de 1973 qui avait l&#233;galis&#233; le recours &#224; l'IVG.

En revanche, il ne s'oppose pas &#224; la peine de mort : selon George W. Bush, celle-ci &#171; sauve des vies &#187; en vertu de son &#171; effet de dissuasion &#187;[1].

Le 9 avril 2005, suite au d&#233;c&#232;s de Jean-Paul II, George W. Bush a &#233;t&#233; le premier pr&#233;sident am&#233;ricain en exercice &#224; assister personnellement &#224; l'enterrement d'un pape. Il &#233;tait accompagn&#233; de ses pr&#233;d&#233;cesseurs Bill Clinton et George Bush p&#232;re.

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Les m&#339;urs

D&#232;s son &#233;lection en 2001, il nomme John Ashcroft, connu pour ses positions anti-avortement, comme Attorney General (secr&#233;taire &#224; la justice). Il supprime les aides f&#233;d&#233;rales &#224; des associations &#233;trang&#232;res favorables &#224; l'IVG et &#224; la contraception. Pour faire face &#224; la lev&#233;e de boucliers cons&#233;cutive, il confie &#224; sa femme Laura Bush le soin de pr&#233;ciser que l'IVG aux &#201;tats-Unis ne sera pas remise en question.
Des fonds d'aide humanitaire octroy&#233;s &#224; des associations &#233;trang&#232;res encourageant l'usage du pr&#233;servatif ou venant en aide &#224; des prostitu&#233;es sont supprim&#233;s en faveur d'autres pr&#244;nant l'abstinence, dans le cadre de la lutte contre le SIDA.
L'association homosexuelle r&#233;publicaine, Log Cabin Republicans se d&#233;solidarise de sa candidature lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2004 &#224; cause notamment de son hostilit&#233; au mariage gay d'autant plus que Bush en soutient l'interdiction constitutionnelle. Lors des 11 r&#233;f&#233;rendums locaux sur le sujet en novembre 2004, les &#233;lecteurs ont refus&#233; toute possibilit&#233; de mariage homosexuel.

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Politique internationale

George W. Bush est relativement impopulaire en dehors de son pays, en particulier dans certains pays d'Europe et dans les pays arabes depuis la Guerre en Irak (2003-2004). Cette guerre entra&#238;ne &#233;galement un niveau croissant de contestation de la politique du pr&#233;sident au Moyen-Orient et au Proche-Orient.

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La &#171; guerre au terrorisme &#187; et &#171; l'expansion de la d&#233;mocratie &#187;

&#192; la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 &#224; New York et Washington D.C., George W. Bush r&#233;unit le pays derri&#232;re lui (avec 90 % d'opinions favorables). Il d&#233;clare la &#171; guerre au terrorisme &#187; et utilise un vocabulaire contest&#233; par ses d&#233;tracteurs (&#171; mort ou vif &#187;, &#171; croisade &#187; et &#171; &#233;tats voyous &#187;), mais bien per&#231;u dans une Am&#233;rique traumatis&#233;e .

Parall&#232;lement aux pr&#233;paratifs de la guerre contre les Talibans en Afghanistan, qui ont refus&#233; d'extrader Oussama Ben Laden et les membres d'Al-Qaida, Bush instaure une politique de s&#233;curit&#233; incarn&#233;e par le Patriot Act, vot&#233; par le Congr&#232;s &#224; l'unanimit&#233; en novembre 2001, mais jug&#233; dangereux pour les droits de l'homme par la F&#233;d&#233;ration internationale des Droits de l'homme.

Th&#232;me central de la pens&#233;e des n&#233;o-conservateurs, l'&#171; expansion de la d&#233;mocratie &#187; devient le credo et l'objectif officiel de la politique am&#233;ricaine &#224; partir du discours de George W. Bush devant le Congr&#232;s en janvier 2002, durant lequel il pointe du doigt les pays dit de l'Axe du Mal qui seraient principalement l'Irak, l'Iran et la Cor&#233;e du Nord.

En f&#233;vrier 2005, George W. Bush nomme John Negroponte &#224; la t&#234;te de la toute nouvelle Direction du renseignement am&#233;ricain (DNI), nouvelle fonction cr&#233;&#233;e dans le cadre de la r&#233;forme des services de renseignement am&#233;ricains suite aux recommandations de la Commission du 11 septembre, dont les conclusions avaient &#233;t&#233; publi&#233;es durant l'&#233;t&#233; 2004.

En octobre 2005, il donne son aval &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau service de renseignements, le National Clandestine Service (NCS) patronn&#233; par la CIA, pour s'occuper des op&#233;rations d'espionnage &#224; l'&#233;tranger. Ce service des op&#233;rations clandestines coordonnera les op&#233;rations d'espionnage de la CIA, du FBI et du d&#233;partement de la d&#233;fense, mais sans avoir le pouvoir d'ordonner ou de les diriger.

C'est dans un tel contexte qu'en f&#233;vrier 2006, la compagnie &#233;miratie &amp;quot;Dubai Ports World&amp;quot; annonce la reprise de l'op&#233;rateur portuaire britannique P&amp;amp;O, qui g&#232;re des terminaux portuaires dans six grands ports am&#233;ricains de la c&#244;te Est. Ce transfert de gestion d&#233;clencha une crise politique entre la Maison blanche favorable et les parlementaires am&#233;ricains, soutenus par l'opinion publique, qui y voient une menace pour la s&#233;curit&#233; du pays (la compagnie est arabe). Hillary Clinton proposa alors l'adoption d'une loi interdisant &#224; toute soci&#233;t&#233; contr&#244;l&#233;e par un &#201;tat &#233;tranger de racheter des activit&#233;s portuaires aux &#201;tats-Unis. D'autres &#233;lus d&#233;mocrates travaill&#232;rent sur un amendement interdisant toute prise de contr&#244;le d'op&#233;rations portuaires par &amp;quot;une soci&#233;t&#233; poss&#233;d&#233;e ou contr&#244;l&#233;e par un gouvernement qui avait reconnu le gouvernement des talibans&amp;quot; en Afghanistan tandis que les &#233;lus r&#233;publicains de la Chambre des repr&#233;sentants promettaient de voter une loi bloquant le projet de rachat, d&#233;fiant le pr&#233;sident au nom de la s&#233;curit&#233; nationale, alors que celui-ci &#233;tait pr&#234;t &#224; opposer son veto si le Congr&#232;s l&#233;gif&#233;rait pour torpiller la transaction.

Au bout du compte, la compagnie &#233;miratie annoncera le transfert de la gestion des six grands ports &#224; &amp;quot;une entit&#233; am&#233;ricaine&amp;quot;, au nom de l'amiti&#233; entre les &#201;tats-Unis et les Emirats arabes unis.

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La guerre en Irak

En 2002, influenc&#233; par les th&#233;ories des n&#233;o-conservateurs, George W. Bush &#233;voque la n&#233;cessit&#233; d&#8217;un changement de r&#233;gime en Irak, indiquant que les &#201;tats-Unis ont des raisons de croire que le pr&#233;sident irakien Saddam Hussein poss&#232;de des liens avec des groupes terroristes (liens entre l'Irak et le terrorisme) et continue de d&#233;velopper un programme d&#8217;armes de destruction massive (ADM).

Le 8 novembre 2002, la r&#233;solution 1441 du Conseil de S&#233;curit&#233; des Nations unies exige du r&#233;gime irakien une &#171; coop&#233;ration active, totale et imm&#233;diate &#187; avec les &#233;quipes d'inspections d&#233;p&#234;ch&#233;es sur place.

Estimant que les conditions de coop&#233;ration ne sont pas remplies, George W. Bush donne le signal le 20 mars 2003 d&#8217;une invasion militaire de l&#8217;Irak en vue de renverser le r&#233;gime en place. La victoire militaire est acquise rapidement d&#232;s le 10 avril et d&#233;but mai, le pr&#233;sident Bush proclame unilat&#233;ralement la cessation des hostilit&#233;s.

George W. Bush fait passer le d&#233;cret 13303 donnant l&#8217;immunit&#233; totale aux compagnies p&#233;troli&#232;res en Irak, tout proc&#232;s &#224; leur encontre &#233;tant imm&#233;diatement consid&#233;r&#233; comme nul et non avenu aux &#201;tats-Unis. Cela renforce les accusations d'inf&#233;odation de George W. Bush et Dick Cheney aux lobbies de l'industrie du p&#233;trole.

Au mois de juin 2003, des attentats terroristes sont commis contre les forces militaires am&#233;ricaines puis contre les civils irakiens sans distinction ainsi que des prises d'otages.

Depuis le d&#233;but de l'invasion en mars 2003, on estime que plusieurs dizaines de milliers d'Irakiens ont &#233;t&#233; tu&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine ou par des attentats terroristes, ainsi que plus de 2 000 soldats am&#233;ricains. Les armes de destruction massive (un &#171; pr&#233;texte bureaucratique &#187; selon Paul Wolfowitz) qui avaient effectivement servi sous le r&#233;gime de Saddam Hussein contre les Kurdes ou les Chiites, n'ont pas &#233;t&#233; trouv&#233;es et auraient finalement bien &#233;t&#233; d&#233;truites dans les ann&#233;es qui avaient suivi la Guerre du Golfe de 1991. Quant aux liens du r&#233;gime avec les organisations terroristes, ils avaient cess&#233; depuis longtemps (Abou Nidal, Carlos) ou restaient faibles se limitant au financement des familles des kamikazes palestiniens et &#224; la pr&#233;sence sur le sol irakien de membres d'organisations terroristes (Moudjahidines iraniens).

George W. Bush et Tony Blair se f&#233;licitant mutuellement lors du transfert de souverainet&#233; de l'Irak lors du sommet de l'OTAN &#224; Istambul le 28 juin 2004Cependant, pour les partisans de l'intervention am&#233;ricaine, la mise &#224; jour de charniers contenant des centaines de millers de victimes du r&#233;gime de Saddam Hussein, a justifi&#233; le renversement par la force du dictateur irakien. Enfin, l'intervention am&#233;ricaine a permis au pays de connaitre le 31 janvier 2005 ses premi&#232;res &#233;lections d&#233;mocratiques depuis cinquante ans puis en octobre 2005, l'adoption d'une constitution d&#233;mocratique approuv&#233;e par r&#233;f&#233;rendum.

Les sondages d'opinions longtemps tr&#232;s favorables &#224; George W. Bush concernant sa gestion de la guerre d'Irak ont commenc&#233; &#224; basculer en juin 2005 et sont devenus n&#233;gatifs &#224; partir du mois de septembre 2005. Si une majorit&#233; d'Am&#233;ricains consid&#232;rent dor&#233;navant que l'engagement en Irak &#233;tait une erreur, ils souhaitent un retrait de leurs troupes (mais pas cependant encore dans n'importe quelle condition). .

Cette guerre fut &#224; l&#8217;origine de graves tensions diplomatiques au sein de l&#8217;ONU, de l&#8217;OTAN et avec certains pays comme la France et l&#8217;Allemagne. Les motivations am&#233;ricaines dans cette affaire sont encores discut&#233;es.

Le 24 septembre 2005, plusieurs dizaines de milliers de manifestants s'&#233;taient rassembl&#233;s &#224; Washington D.C. pour protester contre l'engagement am&#233;ricain en Irak.

Le 6 octobre 2005, devant le National Endowment for Democracy (NED), Bush s'en est pris aux opposants &#224; la guerre aux &#201;tats-Unis, qui pr&#233;f&#232;rent, selon lui, la facilit&#233;. &#171; Il y a toujours la tentation au milieu d'une longue lutte de chercher une vie tranquille, d'&#233;chapper &#224; ses devoirs et aux probl&#232;mes du monde et d'esp&#233;rer que l'ennemi se lasse du fanatisme et des meurtres. Nous allons conserver notre sang-froid et remporter cette victoire. &#187; &#201;voquant au moins dix attentats d&#233;jou&#233;s dans le monde depuis le 11 septembre 2001, il d&#233;nonce par ailleurs l'&#171; islamo-fascisme &#187; des terroristes d'Al-Qaida soutenus par des &#171; &#233;l&#233;ments dans les m&#233;dias arabes qui incitent &#224; la haine et &#224; l'antis&#233;mitisme &#187; et &#171; abrit&#233;s par des r&#233;gimes autoritaires, alli&#233;s de circonstances, comme la Syrie et l'Iran, qui partagent l'objectif de faire du mal &#224; l'Am&#233;rique et aux r&#233;gimes musulmans mod&#233;r&#233;s et utilise la propagande terroriste pour reprocher leurs propres &#233;checs &#224; l'Occident, l'Am&#233;rique et aux juifs. &#187;

Il faut attendre le 14 d&#233;cembre 2005 au cours d'une interview sur Fox News pour que George W. Bush reconnaisse avoir commis des &#171; erreurs tactiques &#187; en Irak notamment des d&#233;cisions inadapt&#233;es dans l'entra&#238;nement des forces irakiennes, d'avoir fait le choix initial de grands projets de reconstruction au lieu de chantiers aux &#171; effets imm&#233;diats sur la vie des gens &#187;. Il a aussi regrett&#233; de ne pas avoir enclench&#233; plus t&#244;t le transfert de souverainet&#233; aux Irakiens apr&#232;s la guerre mais a cependant r&#233;affirm&#233; que la d&#233;cision d'attaquer Saddam Hussein &#233;tait juste.

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Le conflit isra&#233;lo-palestinien

Mahmoud Abbas et le pr&#233;sident BushGeorge W. Bush, critiqu&#233; par les pays arabes pour son soutien exclusif &#224; Isra&#235;l, a pourtant &#233;t&#233; le premier pr&#233;sident am&#233;ricain &#224; &#233;voquer officiellement la cr&#233;ation d'un &#201;tat palestinien.

La &#171;feuille de route&#187;, pour le r&#232;glement du conflit isra&#233;lo-palestinien, r&#233;dig&#233;e par les &#201;tats-Unis, la Russie, l'Union europ&#233;enne et l'ONU, pr&#233;voit la cr&#233;ation d'un &#201;tat palestinien en 2005.

Le soutien de Bush &#224; Ariel Sharon et son refus de converser avec une direction palestinienne dirig&#233;e par Yasser Arafat a amen&#233; les Palestiniens &#224; se tourner vers un chef mod&#233;r&#233;, Mahmoud Abbas, &#224; la mort du Ra&#239;s &#224; l'automne 2004.

En janvier 2005, les n&#233;gociations reprennent alors dans un nouveau contexte entre Palestiniens et Isra&#233;liens, appuy&#233;s par les Am&#233;ricains.

Le 26 mai 2005 , George W Bush re&#231;oit Mahmoud Abbas &#224; la Maison Blanche et rappelle que le respect de la feuille de route pour la paix de part et d'autre est fondamental pour l'aboutissement du processus de paix.

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Les relations avec l'Europe

Les relations entre les &#201;tats-Unis et une partie des pays europ&#233;ens se sont d&#233;t&#233;rior&#233;es &#224; partir du discours sur l'&#171; axe du mal &#187; et ont atteint un grave niveau de dissension (aux niveaux nationaux, mais pas globalement, aux niveaux gouvernementaux) au moment de la guerre en Irak. C'est &#224; cette &#233;poque que Donald Rumsfeld, le secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense, fait une distinction entre la &#171; vieille Europe &#187;, repr&#233;sent&#233;e par l'Allemagne, la France et la Belgique, et la nouvelle Europe am&#233;ricanophile repr&#233;sent&#233;e par les anciens pays de l'Est et quelques pays de l'Ouest comme la Grande-Bretagne, l'Italie, le Danemark ou l'Espagne (lettre des dix de soutien &#224; la strat&#233;gie am&#233;ricaine en Irak en janvier 2003).

Apr&#232;s la chute de Saddam Hussein, la strat&#233;gie am&#233;ricaine, d&#233;finie par Condoleezza Rice, est de &#171; punir la France, ignorer l'Allemagne et pardonner &#224; la Russie &#187;.

En 2004, les &#201;tats-Unis ajoutent l'Espagne &#224; leur liste des pays hostiles &#224; la pr&#233;pond&#233;rance am&#233;ricaine, apr&#232;s la victoire du socialiste Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez Zapatero, lequel souhaite publiquement et imprudemment la victoire de John Kerry aux pr&#233;sidentielles de novembre 2004, &#233;non&#231;ant &#224; voix haute le souhait de pays europ&#233;ens comme la France ou l'Allemagne.

En f&#233;vrier 2005, Bush effectue le premier voyage &#224; l'&#233;tranger de son second mandat en Europe pour reconqu&#233;rir l'opinion publique et se racommoder avec les dirigeants europ&#233;ens. Il est le premier chef d'&#201;tat am&#233;ricain &#224; se rendre au si&#232;ge de la commission europ&#233;enne &#224; Bruxelles o&#249; il constate de nombreux points de d&#233;saccords persistants avec quelques pays europ&#233;ens, et plus particuli&#232;rement la France et l'Allemagne :

George W. Bush s'oppose ainsi &#224; la lev&#233;e de l'embargo sur les ventes d'armes &#224; la Chine, notamment afin de prot&#233;ger Taiwan, alors que les Fran&#231;ais font pression aupr&#232;s des europ&#233;ens pour lever cette interdiction ;
George W. Bush souhaite que l'Europe inscrive &#233;galement le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah comme organisation terroriste, ce &#224; quoi la France s'oppose ;
George W. Bush souhaitait appliquer un nouvel embargo &#233;conomique contre la Syrie pour que celle-ci se retire du Liban et cesse d'&#234;tre une base arri&#232;re pour les groupes terroristes actifs notamment en Irak ou contre Israel, mais l&#224; encore il se heurte &#224; un refus de la France, doutant de l'efficacit&#233; de cette mesure. Cependant &#224; la suite de l'attentat qui couta la vie &#224; Rafic Hariri, la pression commune des deux pays et le soutien &#224; la &amp;quot;rue libanaise&amp;quot; via notamment les ONG am&#233;ricaines finit par aboutir &#224; l'&#233;vacuation contrainte des forces Syriennes de ce pays en 2005.
George W. Bush, tout d'abord favorable &#224; un durcissement de la communaut&#233; internationale envers l'Iran pour la contraindre &#224; renoncer &#224; son programme nucl&#233;aire, finit par se rapprocher de la position des Europ&#233;ens qui sont partisans d'un dialogue constructif avec le r&#233;gime des Mollahs ;
Les Europ&#233;ens souhaitent la participation des &#201;tats-Unis &#224; la mise en &#339;uvre du protocole de Kyoto ce que l'administration am&#233;ricaine refuse cat&#233;goriquement ;
Enfin, les Europ&#233;ens laissent seul George W. Bush s'inqui&#233;ter de l'&#233;volution de la Russie et demander des gages de d&#233;mocratie &#224; Vladimir Poutine.
La visite pr&#233;sidentielle, si elle a r&#233;tabli le contact, a ainsi permis &#224; l'opinion publique d'appr&#233;cier l'&#233;tendue des divergences entre Europ&#233;ens de l'Ouest et Am&#233;ricains.

Le pr&#233;sident ukrainien Viktor Iouchtchenko, Kateryna Iouchtchenko, Laura Bush et George W. Bush, le 4 avril 2005 &#224; la Maison-Blanche.
La nouvelle chanceli&#232;re allemande Angela Merkel et George W. Bush en janvier 2006 &#224; la Maison-BlanchePar contre, les Europ&#233;ens de l'Est sont nettement moins hostiles au pr&#233;sident am&#233;ricain, notamment en Pologne, dans les pays baltes, en Ukraine, en G&#233;orgie ou en Slovaquie.

Le 7 mai 2005, George W. Bush se rend en Lettonie o&#249; il est chaleureusement accueilli comme un d&#233;fenseur des libert&#233;s. Dans son discours, en pleine controverse historique entre les &#201;tats baltes et la Russie sur l'occupation sovi&#233;tique de 1945, Bush n'h&#233;site pas &#224; apporter son soutien aux &#201;tats baltes en rappelant que ces derniers n'ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; qu'en 1991, apr&#232;s la fin de l'occupation sovi&#233;tique, au risque de crisper ses relations avec la Russie. Apr&#232;s avoir admis que &#171; l'esclavage et la s&#233;gr&#233;gation raciale avaient &#233;t&#233; une honte &#187; pour les &#201;tats-Unis, il a regrett&#233; la division de l'Europe, cons&#233;quence des accords de Yalta et que &#171; les Am&#233;ricains aient sacrifi&#233; la libert&#233; des plus faibles &#224; une illusion de stabilit&#233; internationale &#187;.

La suite de son voyage le conduit notamment en G&#233;orgie, une ancienne r&#233;publique d'URSS, r&#233;cemment &#233;mancip&#233;e de la tutelle russe gr&#226;ce au soutien financier des Am&#233;ricains via leurs ONG. Premier pr&#233;sident am&#233;ricain &#224; fouler le sol g&#233;orgien, il y est l&#224; encore chaleureusement re&#231;u par une foule enthousiaste de 150 000 personnes en d&#233;pit d'une tentative d'attentat &#224; la grenade.

Le 23 juin 2005 , les repr&#233;sentants officiels de L'Union Europ&#233;enne et le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis font, en l'absence de Jacques Chirac, une d&#233;claration commune sur l'avenir de la paix et de la d&#233;mocratie au Moyen Orient.

Cette d&#233;claration commune met fin au climat de tension entre l'Europe et les &#201;tats-Unis initi&#233; par la position de Paris et Berlin concernant l'Irak.

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Les relations avec l'Asie

Lors de sa tourn&#233;e en Asie &#224; l'automne 2005 &#224; l'occasion de l'APEC, Bush se rendit successivement au Japon, en Cor&#233;e du Sud, en Chine et en Mongolie.

En Chine, ses entretiens avec le pr&#233;sident Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, n'aboutirent &#224; aucune d&#233;cision politique d'envergure. Tous les sujets de discorde ou d'int&#233;r&#234;t commun entre les deux pays furent &#233;voqu&#233;s, y compris la libert&#233; religieuse, les droits de l'homme et la d&#233;mocratie. Le r&#233;sultat concret de ces discussions fut une commande chinoise de 70 Boeing 737 et un contrat de 4 milliards de dollars. Au moment o&#249; les &#201;tats-Unis connaissent un d&#233;ficit bilat&#233;ral avec la Chine de pr&#232;s de 200 milliards de dollars, ce geste a priori commercial de P&#233;kin fut qualifi&#233; de politique.

Bush termina par une visite en Mongolie, la premi&#232;re d'un pr&#233;sident am&#233;ricain dans ce pays, afin de remercier un alli&#233; dans la guerre en Irak (132 soldats soit le troisi&#232;me contingent &#233;tranger relatif au nombre d'habitants).

George W. Bush, Hamid Karzai, Laura Bush et Condoleezza Rice, le 1er mars 2006 &#224; Kaboul.
L'ONU
D&#232;s 2001, l'administration de George W. Bush se monstre hostile au multilat&#233;ralisme et au fonctionnement de l'ONU (affaire P&#233;trole contre nourriture, guerre d'Irak sans aval du conseil de s&#233;curit&#233;).

En ao&#251;t 2005, il nomme John R. Bolton comme nouvel ambassadeur am&#233;ricain &#224; l'ONU alors qu'il en est un inlassable d&#233;tracteur.

Cependant, apr&#232;s les ravages de l'Ouragan Katrina dans le sud des &#201;tats-Unis et l'aide humanitaire apport&#233; par de nombreux pays (dont les plus pauvres), Bush modifie sa conduite lors de son discours &#224; l'ONU lors du 60&#232;me anniversaire de cette organisation. Le 14 septembre 2005, il tient au sein de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale un discours atypique par rapport &#224; sa politique traditionnelle, portant sur les sujets de l'aide au d&#233;veloppement et de la pauvret&#233;. Il annon&#231;a ainsi son soutien &#224; la mise en place d'un partenariat international sur la grippe aviaire qui obligerait les nations &#224; rendre des comptes &#224; l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS). Affirmant sa volont&#233; de respecter les objectifs du mill&#233;naire, il plaide pour la suppression des subventions et des barri&#232;res douani&#232;res sur les produits agricoles. Il se f&#233;licite enfin de la mise en place d'un &amp;quot;Fonds pour la d&#233;mocratie&amp;quot;, de laquelle il est le principal instigateur, compos&#233; uniquement de pays d&#233;mocratiques et auquel la France a promi de s'associer.

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Divers

Jenna et Barbara Bush, les filles du pr&#233;sident en 2004En juin 2005, le Premier ministre vietnamien Phan Van Khai, se rend aux &#201;tats-Unis, symbolisant ainsi la normalisation des relations entre Washington et Hano&#239;, trente ans apr&#232;s la fin de la guerre du Vi&#234;t Nam. La visite de Phan Van Khai est la premi&#232;re d'un officiel vietnamien de ce rang depuis 1975. La visite du pr&#233;sident Bush au Vi&#234;t Nam est annonc&#233;e pour 2006, dans le cadre du sommet du forum de coop&#233;ration Asie-Pacifique (auparavant, Bill Clinton s'&#233;tait rendu au Vi&#234;t Nam en 2000).
En septembre 2005, Tbilissi en G&#233;orgie est la premi&#232;re capitale europ&#233;enne &#224; baptiser une de ses rues au nom de George W. Bush.

Source : fr.wikipedia.org/.../r.wikipedia.org/wiki/George_W._Bush&lt;/p&gt;</description>
      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 04:43:36 CDT</pubDate>
      <guid>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1485/entry/3613</guid>
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      <title>NICOLAS SARKOZY</title>
      <description>N&lt;img width="116" height="97" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/nico.jpg" alt="nico.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;icolas Sarkozy (nom usuel de Nicolas, Paul, St&#233;phane Sark&#246;zy de Nagy-Bocsa), n&#233; le 28 janvier 1955 dans le XVIIe arrondissement de Paris, est un homme politique fran&#231;ais candidat &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique. Le 6 mai 2007 le minist&#232;re de l'int&#233;rieur a annonc&#233; qu'il a obtenu une majorit&#233; des suffrages lors du second tour de l'&#233;lection. Si le conseil constitutionnel valide cette &#233;lection, il deviendra ainsi &#224; 52 ans le 6e pr&#233;sident de la Ve R&#233;publique et le 23e pr&#233;sident de la R&#233;publique. Il prendra normalement ses fonctions le 16 mai 2007, succ&#233;dant &#224; Jacques Chirac.

Ancien ministre, il est pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral des Hauts-de-Seine. Il est &#233;galement pr&#233;sident de l'Union pour un mouvement populaire (UMP).

Il est le fils d'un immigr&#233; hongrois, P&#225;l S&#225;rk&#246;zy de Nagybocsa (en hongrois nagyb&#243;csai S&#225;rk&#246;zy P&#225;l[2]) n&#233; &#224; Budapest, en 1928, dans une famille de la petite noblesse hongroise (anoblie le 10 septembre 1628 par l'Empereur Ferdinand II, roi de Boh&#234;me et de Hongrie)[3]. Son anc&#234;tre, un paysan qui s'est battu vaillamment contre les Turcs, n'a pas re&#231;u de r&#233;el titre de noblesse mais seulement le droit de faire suivre son nom (&#171; S&#225;rk&#246;zy &#187;, qui veut dire &#171; petit lieu mar&#233;cageux &#187; en magyar) par celui de son village d'origine et l'usage d'un blason[4]. Les armoiries de famille sont &#171; de gueules &#224; un loup d'or tenant en sa dextre un sabre dress&#233; d'argent, soutenu d'une terrasse de sinople &#187;. &#192; l'arriv&#233;e de l'Arm&#233;e rouge en 1944, la famille est expropri&#233;e et contrainte &#224; l'exil. Apr&#232;s de nombreuses p&#233;rip&#233;ties &#224; travers l'Autriche et l'Allemagne, P&#225;l S&#225;rk&#246;zy rencontre un recruteur de la L&#233;gion &#233;trang&#232;re &#224; Baden-Baden. Il s'engage pour cinq ans et fait ses classes en Alg&#233;rie &#224; Sidi-Bel-Abb&#232;s. Il est cependant d&#233;clar&#233; inapte au d&#233;part pour l'Indochine, puis d&#233;mobilis&#233; &#224; Marseille en 1948. Il francise alors son nom en Paul Sark&#246;zy de Nagy-Bocsa. Devenu publicitaire, il rencontre en 1949 Andr&#233;e Mallah, qu'il &#233;pouse. Cette derni&#232;re, fille d'un chirurgien du XVIIe arrondissement de Paris, juif s&#233;farade de Salonique converti au catholicisme, est alors &#233;tudiante en droit.

Nicolas Sarkozy na&#238;t en 1955 dans le XVIIe arrondissement de Paris. Il a deux fr&#232;res : Guillaume, n&#233; en 1952, futur chef d'entreprise dans le textile (vice-pr&#233;sident du MEDEF entre 2000 et 2005) et Fran&#231;ois, n&#233; en 1957, qui devient p&#233;diatre puis chercheur en biologie. Lorsque Paul Sarkozy quitte le domicile conjugal en 1959 et divorce, sa femme reprend ses &#233;tudes pour &#233;lever ses enfants. Elle devient avocate au barreau de Nanterre ; elle plaide dans l'affaire Villarceaux. Paul Sarkozy se remariera trois fois. De son deuxi&#232;me mariage, il aura deux autres enfants : Caroline et Pierre-Olivier, banquier &#224; New York.

Nicolas Sarkozy commence ses ann&#233;es de coll&#232;ge au lyc&#233;e public Chaptal, il y redouble sa sixi&#232;me, puis entre au lyc&#233;e priv&#233; Saint-Louis de Monceau. Il obtient le baccalaur&#233;at B en 1973 et sa famille s&#8217;installe &#224; Neuilly. Apr&#232;s des &#233;tudes &#224; l&#8217;universit&#233; Paris X, il sort dipl&#244;m&#233; en droit public et en sciences politiques : il obtient une ma&#238;trise de droit priv&#233; en 1978. Il finance ses &#233;tudes en &#233;tant, entre autres, livreur pour un fleuriste de la ville[5]. Toujours en 1978, il est appel&#233; sous les drapeaux, avant d&#8217;entrer &#224; l&#8217;Institut d'&#233;tudes politiques de Paris. Il n'obtiendra pas le dipl&#244;me de fin d&#8217;&#233;tudes &#224; cause de notes &#233;liminatoires en anglais[5]. Il soutient en 1981 un m&#233;moire de DEA sur le r&#233;f&#233;rendum du 27 avril 1969.
En 1981, apr&#232;s avoir longtemps h&#233;sit&#233; &#224; devenir journaliste, il se r&#233;sout au dernier moment &#224; passer le certificat d'aptitude &#224; la profession d'avocat (CAPA), suivant ainsi les traces de sa m&#232;re.

Il est embauch&#233; par l'avocat Guy Danet puis devient l'un des trois associ&#233;s du cabinet d'avocats parisien &#171; Leibovici - Claude - Sarkozy &#187;, un cabinet comprenant onze avocats et sp&#233;cialis&#233; dans le droit immobilier. Cependant, l'exercice de l'activit&#233; d'avocat &#233;tant incompatible avec toute autre activit&#233;, il n'exerce pas cette profession pendant ses p&#233;riodes d'activit&#233; gouvernementale mais, d&#233;tenant un tiers des parts du cabinet, il re&#231;oit un dividende des profits du cabinet (241 000 euros en 2002).

Le 23 septembre 1982, Nicolas Sarkozy &#233;pouse Marie-Dominique Culioli, fille d&#8217;un pharmacien corse de Vico dont il a deux fils, Pierre (n&#233; en 1985) et Jean (n&#233; en 1987). Son t&#233;moin de mariage est Charles Pasqua.

En 1984, il rencontre C&#233;cilia Ciganer-Albeniz lorsqu&#8217;en qualit&#233; de maire de Neuilly, il la marie &#224; l&#8217;animateur de t&#233;l&#233;vision Jacques Martin, qu&#8217;elle quitte pour lui en 1989. Apr&#232;s un divorce en quatre mois, il l'&#233;pouse en octobre 1996. Il a pour t&#233;moins Martin Bouygues et Bernard Arnault. Un fils, Louis, na&#238;t en 1997.

Il adh&#232;re &#224; l&#8217;Union des d&#233;mocrates pour la R&#233;publique (UDR) en 1974 o&#249; il rencontre Charles Pasqua et Joseph Jeffredo et milite pour l&#8217;&#233;lection de Jacques Chaban-Delmas. En 1975 il devient le d&#233;l&#233;gu&#233; d&#233;partemental des jeunes des Hauts-de-Seine. En 1976, il adh&#232;re au Rassemblement pour la R&#233;publique (RPR) nouvellement cr&#233;&#233;, sous le parrainage de Charles Pasqua &#224; propos duquel il d&#233;clare en 1983 &#171; tout le monde sait que je suis son double &#187;. Il devient responsable de la section de Neuilly en 1976, secr&#233;taire de la circonscription Neuilly-Puteaux en 1977, et est &#233;lu conseiller municipal de Neuilly en 1977.

Il est pr&#233;sident du comit&#233; de soutien des jeunes &#224; la candidature de Jacques Chirac en 1980[6].

En 1983, il devient maire de Neuilly-sur-Seine &#224; 28 ans, succ&#233;dant &#224; Achille Peretti, d&#233;c&#233;d&#233;, mais aussi en prenant de court le pr&#233;tendant en titre, Charles Pasqua, alors hospitalis&#233; pour l&#8217;op&#233;ration d&#8217;une hernie. Il est charg&#233; de mission de mars 1987 &#224; mai 1988 pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur[7]. Il devient d&#233;put&#233; &#224; 34 ans et ministre du Budget &#224; 38 ans.

Lors de la large victoire de la droite aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1993, il est r&#233;&#233;lu d&#233;put&#233; de Neuilly au premier tour avec 64,90% des voix puis nomm&#233; ministre du Budget dans le gouvernement &#201;douard Balladur. Il y fait son apprentissage des rouages gouvernementaux. Il est le porte parole du gouvernement[8] et il commence alors &#224; se faire conna&#238;tre du grand public.

En 1993, lors de l&#8217;affaire de la maternelle de Neuilly, ville dont il &#233;tait maire, Nicolas Sarkozy participe aux n&#233;gociations avec un homme cagoul&#233; arm&#233; d'un pistolet et d'une charge d'explosifs, &#171; Human Bomb &#187;, qui tenait en otage 21 enfants dans une classe, et fut finalement abattu par le RAID.

En 1995, il soutient &#201;douard Balladur contre Jacques Chirac pour la campagne pr&#233;sidentielle. &#192; la suite de la victoire de Jacques Chirac, il n'obtient aucun poste minist&#233;riel dans le nouveau gouvernement d'Alain Jupp&#233;. Au cours d'un bref passage &#224; une r&#233;union nationale du RPR, le 15 octobre 1995, il est siffl&#233;.

D'avril &#224; octobre 1999, il devient pr&#233;sident par int&#233;rim du RPR, succ&#233;dant &#224; Philippe Seguin qui en avait d&#233;missionn&#233; brutalement. Il conduit conjointement avec Alain Madelin la liste RPR-D&#233;mocratie Lib&#233;rale aux &#233;lections europ&#233;ennes de 1999, et devient t&#234;te de liste cons&#233;quemment au d&#233;part de Philippe Seguin. Ces &#233;lections sont marqu&#233;es par une s&#233;v&#232;re d&#233;faite : la liste arrive en troisi&#232;me position avec seulement 12,8 % des suffrages (contre 25,58 % pour l'union RPR-UDF, arriv&#233;e en premi&#232;re place, conduite par Dominique Baudis en 1994 et 16,4 % pour l'UMP en 2004), derri&#232;re celle de Charles Pasqua (13,1%). Il abandonn