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    <title>apprentis politiques - Articles &#224; lire</title>
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    <link>http://apolitiques.mosaicglobe.com/journal/1483</link>
    <language>en-us</language>
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      <title>Narcisse Mouell&#233; Kombi: &#8220; L&#8217;opposition parlementaire n&#8217;est pas le seul contre pouvoir &#8221;</title>
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&lt;img width="150" height="105" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/images-2.jpg" alt="images-2.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;Le directeur de l&#8217;Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), pr&#233;sident de la sous-commission des Droits civils et politiques et Porte-parole de la Commission nationale des droits de l&#8217;Homme et des libert&#233;s (Cndhl) pour l&#8217;observation des &#233;lections parle du double scrutin du 22 juillet. Quelle &#233;tait la motivation de la Commission Nationale des Droits de l&#8217;Homme et des Libert&#233;s pour l&#8217;observation des r&#233;centes &#233;lections ? Cette motivation tient essentiellement au fait que le rite d&#233;mocratique du 22 juillet 2007 &#233;tait le moment par excellence de la mobilisation et de la valorisation de droits civils et politiques fondamentaux dont la Commission, de par ses missions, doit veiller &#224; l&#8217;application et &#224; la promotion. Il s&#8217;agit du droit de chaque citoyen de voter ou de se faire &#233;lire, au cours d&#8217;&#233;lections p&#233;riodiques et r&#233;guli&#232;res, au suffrage universel direct ou indirect dans le cadre des scrutins secrets, permettant l&#8217;expression libre et honn&#234;te de la volont&#233; des &#233;lecteurs. Il y avait donc lieu, pour la Commission, de v&#233;rifier si les conditions minimales d&#8217;un scrutin r&#233;gulier &#233;taient r&#233;unies. L&#8217;implication dans l&#8217;observation des &#233;lections avait entre autres pour objectifs de contribuer &#224; l&#8217;accroissement de la confiance du citoyen dans le processus &#233;lectoral et d&#8217;exercer une fonction de vigilance pour la minimisation de risques de violations de la loi &#233;lectorale par des pratiques frauduleuses, des irr&#233;gularit&#233;s ou des erreurs volontaires ou involontaires. Est-ce qu&#8217;on peut dire que les droits de l&#8217;homme, ont &#233;t&#233; enti&#232;rement respect&#233;s par exemple au niveau du processus des inscriptions sur les listes &#233;lectorales ? Pour faire valoir son droit de suffrage, il faut &#234;tre investi du statut d&#8217;&#233;lecteur et ce statut d&#8217;&#233;lecteur est conf&#233;r&#233; par l&#8217;administration, au regard de conditions de fond, par exemple l&#8217;&#226;ge &#233;lectoral, et d&#8217;une condition de forme, l&#8217;inscription sur une liste &#233;lectorale. Sur ce point particulier, nous nous r&#233;jouissons de constater que le Minatd, dans sa volont&#233; d&#8217;information des citoyens sur les d&#233;marches et proc&#233;dures pertinentes, a pris de nombreuses dispositions en vue d&#8217;inciter les citoyens &#224; s&#8217;inscrire massivement sur les fichiers &#233;lectoraux qui, dans un souci de transparence, ont &#233;t&#233; informatis&#233;s. Malheureusement, on constate que le volume des inscriptions est en d&#233;calage net par rapport au potentiel d&#233;mographique r&#233;el de l&#8217;&#233;lectorat camerounais. Certes, des cas d&#8217;inscriptions discriminatoires ont &#233;t&#233; index&#233;s dans certaines circonscriptions. Mais ces cas n&#8217;expliquent pas &#224; eux seuls la disproportion entre la population en &#226;ge de voter et le nombre de citoyens r&#233;guli&#232;rement inscrits. Il y a, nous semble-t-il, de la part de beaucoup de nos compatriotes, une certaine apathie renforc&#233;e par le caract&#232;re facultatif du droit de suffrage. Dans notre environnement juridique, l&#8217;inscription sur les listes &#233;lectorales &#233;tant un devoir civique et non une obligation juridique. Comment la Cndhl s&#8217;est-elle organis&#233;e pour observer le scrutin proprement dit ? La Commission a &#233;t&#233; fortement impliqu&#233;e dans l&#8217;observation du double scrutin &#224; travers une organisation pyramidale que pilotait son pr&#233;sident monsieur Banda Divine Chemuta. Il &#233;tait assist&#233; dans cette t&#226;che par vingt coordonnateurs et co-coordonnateurs provinciaux. Chacun de ceux-ci &#233;tait &#224; son tour assist&#233; par une &#233;quipe d&#8217;observateurs. Devant les difficult&#233;s mat&#233;rielles, le nombre d&#8217;observateurs a &#233;t&#233; r&#233;duit et leur d&#233;ploiement sur le terrain a &#233;t&#233; r&#233;ajust&#233; en cons&#233;quence, d&#8217;autant plus qu&#8217;il fallait mettre &#224; contribution uniquement les ressources propres de la Commission. N&#233;anmoins, la Commission a visit&#233; de nombreux bureaux de vote dans l&#8217;ensemble des dix provinces. Personnellement, en tant que coordonnateur de la province du Centre, j&#8217;ai fait le tour de six d&#233;partements : le Mfoundi, la Mefou et Akono, le Nyong et Kell&#233;, le Nyong et So&#8217;o, la Mefou et Afamba, ainsi que la Leki&#233;. Qu&#8217;en est-il du r&#233;sultat de vos observations ? Sur la base du travail que nous avons personnellement r&#233;alis&#233; sur le terrain et sur la foi des t&#233;moignages et donn&#233;es que nous avons recueillis aupr&#232;s des coordonnateurs provinciaux, on peut dire que globalement, les &#233;lections se sont d&#233;roul&#233;es de mani&#232;re satisfaisante. On peut le dire, en se fiant &#224; des crit&#232;res d&#8217;&#233;valuation objectifs, neutres et impartiaux, de m&#234;me qu&#8217;&#224; des param&#232;tres de comparaison. Rien n&#8217;&#233;tait cependant parfait, nous avons relev&#233; quelques failles et d&#233;faillances qui vont &#234;tre d&#233;taill&#233;es dans le rapport de la Commission. M&#234;me si ces dysfonctionnements ne sont pas de nature &#224; remettre en cause la cr&#233;dibilit&#233; g&#233;n&#233;rale du double scrutin, on peut signaler qu&#8217;ils ont pu &#224; certains niveaux, donner une impression quelque peu n&#233;gative. Nous pouvons faire des remarques plus singuli&#232;res en rapport avec chaque cat&#233;gorie d&#8217;acteurs impliqu&#233;s dans le processus &#233;lectoral : l&#8217;organisateur du scrutin, les &#233;lecteurs, les comp&#233;titeurs et les superviseurs. S&#8217;agissant de l&#8217;administration, organisatrice du double scrutin, on doit relever en sa faveur, un souci &#233;vident de la transparence, mais aussi, une volont&#233; permanente, visible, de se conformer &#224; la loi &#233;lectorale. L&#8217;on a ainsi not&#233; avec satisfaction la g&#233;n&#233;ralisation de l&#8217;utilisation des urnes transparentes dans l&#8217;ensemble des bureaux de vote. De la part des &#233;lecteurs, on rel&#232;ve en &#233;tant un peu d&#233;&#231;u, le manque d&#8217;engouement &#224; faire valoir un droit civil et politique fondamental. Le barom&#232;tre est le taux &#233;lev&#233; d&#8217;abstention dans de nombreuses circonscriptions, surtout urbaines. Nous avons &#233;t&#233; frapp&#233;s de constater que dans certains bureaux de vote, o&#249; nous sommes arriv&#233;s autour de 17 heures donc &#224; une heure de la cl&#244;ture du scrutin, le taux de participation &#233;tait tr&#232;s faible. Ceux qui se sont abstenus &#233;taient pr&#233;cis&#233;ment d&#233;tenteurs d&#8217;une carte d&#8217;&#233;lecteur, donc inscrits sur les listes &#233;lectorales, alors que d&#8217;autres citoyens se plaignaient de n&#8217;avoir pas &#233;t&#233; inscrits. Nous n&#8217;avons pas constat&#233; d&#8217;actes de pression, ni d&#8217;intimidation. Au contraire, il y avait la pr&#233;sence discr&#232;te des forces de l&#8217;ordre charg&#233;es d&#8217;assurer la s&#233;curit&#233; des op&#233;rations. On rel&#232;ve cependant, quelques cas d&#8217;indiscipline de la part des &#233;lecteurs. Il y avait une sous repr&#233;sentation, parfois m&#234;me l&#8217;absence des repr&#233;sentants de certains partis politiques ou listes de comp&#233;titeurs dans plusieurs bureaux de vote, sans que cela soit le fait d&#8217;une obstruction de l&#8217;administration. Nous avons &#233;galement pu constater, s&#8217;agissant du superviseur institutionnel qu&#8217;est l&#8217;Onel, la pr&#233;sence d&#8217;un de ses agents dans tous les bureaux de vote. Il y avait l&#224;, le respect d&#8217;une exigence fondamentale de notre loi &#233;lectorale. Un tel d&#233;ploiement est de nature &#224; cr&#233;dibiliser davantage le scrutin. Nous avons &#233;t&#233; agr&#233;ablement surpris de constater que des dispositions &#233;taient parfois prises pour l&#8217;assistance aux personnes handicap&#233;es. Par exemple dans certains bureaux de vote, il y avait une paire de lunettes optiques pour aider les personnes mal voyantes dans leur choix. On a pu relever des probl&#232;mes mat&#233;riels : par exemple la mauvaise qualit&#233; de l&#8217;encre pas toujours ind&#233;l&#233;bile ou des isoloirs de fortune, ne garantissant pas de mani&#232;re intangible le secret du vote. Mais il faut reconna&#238;tre qu&#8217;un processus &#233;lectoral surtout dans les pays en voie de d&#233;veloppement a toujours un c&#244;t&#233; d&#8217;imperfection dans l&#8217;organisation mat&#233;rielle. Nous ne pouvons pas dire que ces dysfonctionnements &#233;taient d&#8217;une gravit&#233; de nature &#224; remettre fondamentalement en cause la cr&#233;dibilit&#233; des r&#233;sultats du scrutin. Comment appr&#233;ciez-vous les r&#233;actions violentes apr&#232;s la proclamation des r&#233;sultats dans les commissions communales et la lecture des tendances par le Minatd ? Nous reconnaissons qu&#8217;il y a eu &#231;&#224; et l&#224; des failles, des insuffisances et des carences. Nous sommes dans un processus extr&#234;mement complexe, mettant en jeux des milliers d&#8217;acteurs, dans des contextes qui sont parfois difficiles. Ces r&#233;actions violentes rel&#232;vent des cas d&#8217;indiscipline que nous avons d&#233;j&#224; d&#233;plor&#233;s. Il y a eu effectivement des situations parfois tendues, du fait de la mauvaise interpr&#233;tation ou application de la loi par certains responsables ou acteurs politiques. Il y a eu &#224; certains endroits des &#233;chauffour&#233;es, des &#233;changes parfois violents. Cela nous am&#232;ne &#224; parler des comp&#233;titeurs qui manipulaient ou instrumentalisaient les &#233;lecteurs. Les rapports qui nous sont parvenus du Noun, de la Mezam indiquent que la situation &#233;tait tr&#232;s pr&#233;occupante. Mais les cas de violences &#233;taient somme toute marginaux. Dans l&#8217;ensemble, le double scrutin s&#8217;est d&#233;roul&#233; dans le calme et la s&#233;r&#233;nit&#233;, si l&#8217;on tient compte de la tendance g&#233;n&#233;rale, dans les 21 000 bureaux de vote &#233;parpill&#233;s sur le territoire national. Le calme r&#232;gne dans l&#8217;ensemble du pays. Au regard d&#8217;un certain nombre de situations de trouble, de m&#233;contentement ou de violence insurrectionnelle enregistr&#233;es dans certains pays africains en phase post&#233;lectorale, on peut dire que les choses se sont plut&#244;t bien pass&#233;es le 22 juillet. Comment appr&#233;ciez-vous l&#8217;abondant contentieux qui a &#233;t&#233; soumis au Conseil Constitutionnel ? Le contentieux est le lot de toutes les &#233;lections. Son abondance peut aussi &#234;tre la marque de la normalisation du jeu politique, de la civilisation des acteurs politiques ainsi que de la pacification des m&#339;urs dans le cadre d&#8217;une comp&#233;tition &#233;lectorale. En s&#8217;en remettant &#224; une instance statuant sur la base d&#8217;un droit sur lequel il y a un consensus, on tourne le dos &#224; la violence, qui pose plus de probl&#232;mes qu&#8217;elle n&#8217;en r&#233;sout. Ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas parce qu&#8217;il y a un contentieux post-&#233;lectoral que le scrutin n&#8217;est pas cr&#233;dible ou satisfaisant. Sous r&#233;serve des r&#233;ponses qui seront apport&#233;es par la Cour Supr&#234;me agissant comme Conseil Constitutionnel, il ne nous semble pas que ce contentieux est de nature &#224; remettre fondamentalement en cause la s&#233;r&#233;nit&#233;, la r&#233;gularit&#233; et la sinc&#233;rit&#233; ayant caract&#233;ris&#233; le d&#233;roulement des op&#233;rations dans la majorit&#233; des bureaux de vote. Il appartient au Conseil Constitutionnel de statuer sur chaque cas. Nous ne pouvons pas aller au del&#224; de ce que nous avons constat&#233; sur le terrain, m&#234;me si nous d&#233;plorons un certain nombre de dysfonctionnements. En tant qu&#8217;analyste, quel commentaire vous inspirent les r&#233;sultats au vu des projections du Minatd ? Les r&#233;sultats et les tendances ne sont pas faits pour surprendre l&#8217;analyste lucide et objectif. Ils sont en conformit&#233; avec la dynamique politique, sociale et &#233;conomique du Cameroun de ces cinq ou dix derni&#232;res ann&#233;es. A l&#8217;issue des l&#233;gislatives de 2002, le Rdpc &#233;tait d&#233;j&#224; largement majoritaire. Les tendances ont &#233;t&#233; globalement confort&#233;es, en terme de fiefs. La victoire de l&#8217;Udc dans le Noun peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme logique. Le Sdf a r&#233;affirm&#233; sa domination dans le Nord-Ouest, m&#234;me si sa supr&#233;matie s&#8217;effrite &#224; la faveur d&#8217;une perc&#233;e que le Rdpc r&#233;alise dans certains espaces &#233;lectoraux de la province. Personne ne peut raisonnablement contester la logique des excellents r&#233;sultats obtenus par le Rdpc dans ses bastions du Centre, Sud, Est ou m&#234;me dans plusieurs circonscriptions du Littoral, du Sud-Ouest, de l&#8217;Ouest et du Grand Nord. Ces r&#233;sultats sont le reflet de la situation r&#233;elle de notre pays, des attentes du substrat sociologique, de la perception que les &#233;lecteurs ont eu des enjeux du double scrutin ainsi que des esp&#233;rances suscit&#233;es ou de la d&#233;fiance provoqu&#233;e par des diff&#233;rents comp&#233;titeurs. Les r&#233;sultats tels qu&#8217;ils apparaissent sont coh&#233;rents et se justifient de par la l&#233;gitimit&#233; que le peuple a voulu conf&#233;rer par le suffrage universel &#224; une formation politique qui finalement appara&#238;t comme la seule ayant une implantation v&#233;ritablement nationale. Le Rdpc est le seul parti &#224; avoir fait le plein de la pr&#233;sentation des candidats ou listes de candidatures dans les deux consultations &#233;lectorales. Sur les 45 partis en lice pour les l&#233;gislatives et les 33 pr&#233;sents aux municipales, Certains n&#8217;avaient qu&#8217;une seule liste en comp&#233;tition. Ce genre de formations politiques viennent encombrer de mani&#232;re parfois folklorique le champ de la comp&#233;tition &#233;lectorale et m&#234;me alourdir le contentieux &#233;lectoral. Les r&#233;sultats sont &#233;galement en concordance avec la forte l&#233;gitimit&#233; politique que les &#233;lecteurs ont accord&#233;e majoritairement au leader du Rdpc, le pr&#233;sident Paul Biya, dont la l&#233;gitimit&#233; est toute fra&#238;che. On peut dire ainsi que le pr&#233;sident de la R&#233;publique, qui a demand&#233; une majorit&#233; confortable &#224; ses concitoyens a &#233;t&#233; suivi et &#233;cout&#233;. Restons sur le plan de l&#8217;analyse politique pour dire que sur 180 si&#232;ges, le Rdpc rafle la mise avec 156 si&#232;ges si les tendances sont confirm&#233;es au niveau de la Cour supr&#234;me. Cela fait que seul le Rdpc aura un groupe parlementaire, il n&#8217;y aura pas de contre pouvoir. Le jeu d&#233;mocratique ne sera-t-il pas biais&#233; ? Et si l&#8217;opposition refusait de si&#233;ger &#224; l&#8217;Assembl&#233;e nationale ? Il ne me semble pas que ce soit le meilleur cas de figure. Le probl&#232;me de l&#8217;opposition au Cameroun est celui de l&#8217;absence d&#8217;alternative cr&#233;dible, d&#8217;une offre d&#8217;alternance s&#233;rieuse et constructive, d&#8217;un registre de propositions all&#233;chantes qui puissent appara&#238;tre comme une contrepartie beaucoup plus attractive que le programme qui est celui du Rdpc et par ricochet celui des Grandes ambitions du pr&#233;sident Paul Biya. Toutefois, il faut bien que notre d&#233;mocratie puisse respirer et vivre. Notre souhait est que le Sdf puisse avoir les 15 d&#233;put&#233;s lui permettant d&#8217;avoir un groupe parlementaire &#224; l&#8217;Assembl&#233;e Nationale. Je crois que les projections permettent au Sdf d&#8217;esp&#233;rer. En France, on a v&#233;cu une situation presque similaire. Il y a eu une forte domination de l&#8217;Ump sur la base de la l&#233;gitimit&#233; toute r&#233;cente que le peuple fran&#231;ais a accord&#233;e au pr&#233;sident Nicolas Sarkozy. Il y a des formations politiques qui ne disposent pas d&#8217;un groupe parlementaire &#224; l&#8217;Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise, sans pour autant que la d&#233;mocratie en France soit en p&#233;ril. L&#8217;opposition parlementaire n&#8217;est pas le seul contre pouvoir. Il existe plusieurs contre pouvoirs au Cameroun (m&#233;dias, soci&#233;t&#233; civile, organisations religieuses) de m&#234;me qu&#8217;un ensemble de garanties de libert&#233;s publiques, de d&#233;mocratie et d&#8217;Etat de droit qui emp&#234;chent que nous nous retrouvions dans une situation pathologique. 103 recours re&#231;us au niveau de la Cour supr&#234;me. Quelle sera l&#8217;attitude de la Cndhl durant les audiences publiques ? La Commission ne va pas, ne peut pas interf&#233;rer dans le travail de l&#8217;instance supr&#234;me de notre syst&#232;me judiciaire qui agit conform&#233;ment &#224; la Constitution. Nous ne supervisons pas le travail du Conseil Constitutionnel. La Cndhl qui est tenue par l&#8217;autorit&#233; de la chose jug&#233;e observe et prendra acte des r&#233;sultats que va proclamer le Conseil Constitutionnel, en d&#233;nouement de cet important contentieux &#233;lectoral. Ce que la commission aura &#224; faire, dans le cadre de son rapport g&#233;n&#233;ral sur l&#8217;observation des &#233;lections qu&#8217;elle va adresser au chef de l&#8217;Etat, c&#8217;est un certain nombre des suggestions et propositions pour am&#233;liorer davantage notre processus &#233;lectoral, aux fins d&#8217;&#233;viter &#224; l&#8217;avenir les dysfonctionnements et les insuffisances constat&#233;es le 22 juillet. La Cndhl a une vue claire de ces propositions. Mais il ne s&#8217;agit pas pour elle de remettre &#224; posteriori en cause la volont&#233; du corps &#233;lectoral et les d&#233;cisions qui seront prises par le Conseil Constitutionnel dans le cadre du contentieux &#233;lectoral.

Source:Le messager ,Aout 2007</description>
      <pubDate>Mon, 19 Nov 2007 04:59:59 CST</pubDate>
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      <title>La l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive, une h&#233;r&#233;sie &#224; l'encontre du droit international;bombardement de l'Irak: un autre regard; Martial Tchenzette</title>
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La l&#233;gitime d&#233;fense qui permet &#224; une entit&#233; &#233;tatique de riposter &#224; une agression. La l&#233;gitime d&#233;fense qui met en exergue une r&#233;ponse &#224; une attaque par une autre attaque se situe dans le restreint sillage des exceptions &#224; la r&#232;gle de l'interdiction du recours &#224; la force dans les relations internationales. Cependant, la conception d'une l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive dans le cadre du bombardement de l'Irak, sans &#234;tre un pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du droit international, est sujet &#224; controverse. Rappelons que cette guerre s'int&#232;gre dans un contexte assez trouble. Il n'y a pas de mal &#224; constater que les attentats du 11 septembre 2001 ont &#233;t&#233; un catalyseur du d&#233;clenchement de l'attaque contre l'Irak. L'adh&#233;sion de la communaut&#233; internationale, peu de temps apr&#232;s la destruction des tours jumelles, &#224; la cause des Etasuniens donnera &#224; ces derniers un blanc-seing dans l'impl&#233;mentation de leur politique &#233;trang&#232;re offensive dont le point strat&#233;gique reste l'&#233;laboration de l'axe du mal. Le gouvernement de Bush passait ainsi de la strat&#233;gie offensive &#224; la strat&#233;gie d&#233;fensive. L'Irak a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; comme premi&#232;re cible. La doctrine de guerre pr&#233;ventive devait avoir une base juridique, les juristes faucons ont fait recours au droit &#224; la l&#233;gitime d&#233;fense mais &#224; la l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive. Concept qui demeure une h&#233;r&#233;sie &#224; l'&#233;gard du droit international, &#233;tant donn&#233; qu'il traduit mal la notion de l&#233;gitime d&#233;fense dont les conditions ne sont d'ailleurs pas respect&#233;es.
	
	

LA LEGITIME DEFENSE PREVENTIVE : UNE EXTENSION ABUSIVE DU CONCEPT DE LEGITIME DEFENSE

Pr&#233;cisons au pr&#233;alable avec le S&#233;nateur Edward Kennedy qu'une distinction fondamentale doit &#234;tre &#233;tablie entre le concept de guerre ''pr&#233;emptive'' et celui de guerre ''pr&#233;ventive''. Une guerre ''pr&#233;emptive'' ne peut &#234;tre men&#233;e qu'en cas d'existence de preuves mat&#233;rielles d&#233;montrant l'imminence du danger et la n&#233;cessit&#233; d'agir et la guerre ''pr&#233;ventive'' quant &#224; elle s'atelle &#224; lutter contre une menace plus strat&#233;gique pesant sur les Etats-Unis et sur le monde. Cette distinction assez ambigu&#235; ne permet pas de r&#233;pondre &#224; toute la controverse qui continue de peser sur le concept de l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive. En effet, la Charte des Nations Unies dispose en son article 2, paragraphe 4 que le recours &#224; la force est interdit dans le cadre de r&#233;solution des conflits. Mais cette norme de jus cogens est temp&#233;r&#233;e par l'article 51 de la m&#234;me charte. Cet article dispose : &#171; Aucune disposition de la pr&#233;sente Charte ne porte atteinte au droit naturel de l&#233;gitime d&#233;fense, individuelle ou collective, dans le cas o&#249; un membre des Nations Unies est l'objet d'une agression arm&#233;e jusqu'&#224; ce que le Conseil de S&#233;curit&#233; ait pris les mesures n&#233;cessaires pour maintenir la paix et la s&#233;curit&#233; internationales ?  &#187;. Ce texte, &#224; mon avis, semble &#234;tre le plus clair possible, s'entendant d'une l&#233;gitime d&#233;fense riposte &#224; une agression arm&#233;e. On comprend alors mal l'&#233;rection d'un th&#232;se laxiste stipulant un droit naturel de l&#233;gitime d&#233;fense et, partant, la possibilit&#233; pour tout Etat de recourir &#224; la force lorsqu'il soup&#231;onne une menace contre ses int&#233;r&#234;ts. Ceux-l&#224; qu'on qualifie de ''minimalistes'' estiment que le droit de l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive d&#233;coulerait de la souverainet&#233; nationale que seul un vote du Conseil de S&#233;curit&#233; pourrait contrecarrer. Ceux-ci proposaient au d&#233;part que le Droit International serait inop&#233;rant s'il interdisait aux Etats de prendre des mesures n&#233;cessaires en cas de menaces graves pesant sur l'int&#233;grit&#233; de son territoire. Cette logique est a en n'en pas douter erron&#233;e et inadoptable. Ces d&#233;veloppements rel&#232;vent d'une strat&#233;gie US de juridicisation de leur action. En r&#233;alit&#233;, la l&#233;gitime d&#233;fense ne doit permettre que de r&#233;pondre &#224; une agression militaire. Je pense qu'il &#233;tait question pour les l&#233;gislateurs de la Charte d'adh&#233;rer &#224; ce courant officialis&#233; en 1928 par BRIAND et KELLOG qui consistent &#224; mettre hors la loi la guerre. Il est aussi question de pr&#233;server le droit &#224; l'autod&#233;fense qui doit ob&#233;ir &#224; certaines conditions pr&#233;cises.

LA LEGITIME DEFENSE PREVENTIVE DEROGE AUX REGLES DU DROIT INTERNATIONAL DE LA LEGITIME DEFENSE

Comme le dit le Pr. Narcisse Mouelle : &#171; l'abrogation de la comp&#233;tence de la guerre et la civilisation de la soci&#233;t&#233; internationale permettent de donner &#224; la l&#233;gitime d&#233;fense une signification et une port&#233;e juridique d&#233;termin&#233;e &#187; . La l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive n'a pas de contenu juridique. S'il &#233;tait question d'une l&#233;gitime attaque pr&#233;ventive, on aurait eu, sait-on jamais, moins de facilit&#233;s &#224; prouver son ill&#233;galit&#233; ; mais une d&#233;fense pour &#234;tre l&#233;gitime et partant l&#233;gale, doit remplir certaines conditions.
-  La l&#233;gitime d&#233;fense doit r&#233;pondre &#224; une agression arm&#233;e. Selon la r&#233;solution 3314 (XXIX) de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Nations Unies portant d&#233;finition de l'agression ''est r&#233;put&#233; acte d'agression l'utilisation par un Etat de ses forces arm&#233;es stationn&#233;es sur le territoire d'un autre Etat contrairement aux conditions pr&#233;vues dans l'accord de stationnement ainsi que la prolongation de la pr&#233;sence de ses forces sur le territoire de l'Etat d'accueil sans son consentement. Sont &#233;galement interdites en tant que menaces d'usage de la force, le survol non autoris&#233; du territoire d'un Etat par des a&#233;ronefs militaires d'un Etat, la forte concentration des troupes arm&#233;es r&#233;guli&#232;res &#224; la fronti&#232;re d'un Etat ou les man ?uvres militaires de d&#233;monstration navale ou a&#233;rienne sur la fronti&#232;re''. Or, la guerre am&#233;ricano-britannique en Irak n'a fait suite &#224; aucune attaque pr&#233;alable.
-  La l&#233;gitime d&#233;fense doit &#234;tre post&#233;rieure &#224; l'agression. C'est dire en d'autres termes que la l&#233;gitime d&#233;fense ne peut &#234;tre invoqu&#233;e que s'il y a agression d'abord mais ensuite cette l&#233;gitime d&#233;fense doit &#234;tre post&#233;rieure &#224; l'attaque, ce qui ne fut nullement le cas, &#233;tant entendu que cette attaque doit &#234;tre r&#233;ellement effective. C'est l&#224; l'occasion de rappeler que la notion de l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive comme le dit l'autre appara&#238;t &#224; bien d'&#233;gards comme : &#171; un barbarisme juridique &#187;.
-  La l&#233;gitime d&#233;fense doit ob&#233;ir au crit&#232;re de proportionnalit&#233;. Les moyens mis en ?uvre doivent &#234;tre sensiblement &#233;quivalents &#224; ceux utilis&#233;s par l'Etat agresseur.
-  La l&#233;gitime d&#233;fense peut &#234;tre collective. Il s'agira alors ici de l'intervention de plusieurs Etats contre l'Etat agresseur. Glissant alors sur le terrain du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, pr&#233;cis&#233;ment sur le maintien de la s&#233;curit&#233; collective, le droit - et je dirais devoir - d'intervention de l'ONU est l'une des rares exceptions pr&#233;vues dans le cadre du recours &#224; la force arm&#233;e. Il est ainsi ais&#233; de constater que l'action &#233;tasuno-britannique d&#233;note qu'une violation flagrante du droit international a &#233;t&#233; une r&#233;alit&#233;. Le point de d&#233;part du caract&#232;re ill&#233;gal de l'action &#233;tasunienne en Irak demeure la R&#233;solution 1441 du Conseil de S&#233;curit&#233;. Malgr&#233; l'ambigu&#239;t&#233; de cette r&#233;solution, il semble clair que le recours &#224; la force ne soit pas exclu mais pour cela, il faudrait que la pr&#233;sence des armes de destruction massive ait &#233;t&#233; v&#233;ritablement prouv&#233;e. Afin de lever l'ambigu&#239;t&#233;, une seconde r&#233;solution devait &#234;tre propos&#233;e au Conseil de s&#233;curit&#233; ; mais comme nous avons eu &#224; le d&#233;montrer, cette r&#233;solution ne serait probablement pas pass&#233;e au Conseil de S&#233;curit&#233; , alors les Etasuniens ont pr&#233;f&#233;r&#233; attaquer sans l'aval de l'ONU mais aussi sans son refus. Aujourd'hui, puissions-nous nous demander si les armes de destruction massive (ADM) dont ont parl&#233; les faucons n'&#233;taient pas plut&#244;t des armes de d&#233;sinformation massive (ADM) qu'ont utilis&#233; ces m&#234;mes faucons avant et pendant la guerre. La controverse aujourd'hui est facilement perceptible. Le num&#233;ro 2 du Pentagone a affirm&#233; au grand m&#233;pris de Mr. HANS Martin BLIX que cette raison &#233;tait la meilleure des raisons susceptibles d'&#233;mouvoir l'ensemble de la communaut&#233; internationale. Lorsqu'il ne sera plus Premier Ministre au DOWNING STREET, il m&#233;ditera longtemps sur sa sacro-sainte alliance avec les Etats-Unis de Bush. La l&#233;gitime d&#233;fense pr&#233;ventive utilis&#233;e par le couple B.B est et reste la signification du barbarisme juridique qui par strangulation veut porter le coup fatal &#224; l'existence d'un droit international.

Martial TCHENZETTE

Post-scriptum : 1-Il n'est pas exclu qu'une organisation internationale r&#233;agisse par l&#233;gitime d&#233;fense mais le droit international encore muet &#224; ce sujet. 2-L'axe du mal se compose principalement de l'Irak, l'Iran, la Cor&#233;e du Nord, mais aussi des pays comme la Syrie, le soudan, la Libye, etc. 3- LE MONDE DIPLOMATIQUE - d&#233;cembre 2002, p23, &#171; Les Nations Unies prises en otage &#187;, Richard Falk 4- Narcisse MOUELLE KOMBI, cours de droit international public dispens&#233; &#224; l'IRIC, ann&#233;e 2002-2003, (Semestre 1) 5-Martial TCHENZETTE : &#171; Un regard en termes de prospectives sur l'ONU apr&#232;s l'attaque am&#233;ricano-britannique en Irak &#187;, Enjeux N&#176;15, Avril-Juin. P. 29 6- BUSH et BLAIR
</description>
      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 11:23:07 CDT</pubDate>
      <guid>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1483/entry/3621</guid>
      <link>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1483/entry/3621</link>
    </item>
    <item>
      <title>GUERRE EN IRAK, ANALYSE - 1 : LES ARABES CHIITES IRAKIEN ET L'IRAN,Vers un empire chiite du p&#233;trole, ou vers une attaque contre l'Iran ?Claude Rainaudi</title>
      <description>
&lt;p&gt;
&lt;img width="123" height="87" align="left" style="margin: 0px; padding: 4px;" alt="irak.jpg" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/irak.jpg" /&gt;Irak, Iran, USA : Prol&#233;gom&#232;nes &#224; une crise majeure ?
Guerre en Irak, analyse - 1 : les Arabes chiites irakiens et l'Iran
Vers un empire chiite du p&#233;trole, ou vers une attaque contre l'Iran ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une analyse de la situation en Irak &#224; partir de ses principaux th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations : chiite, kurde et sunnite.

L'article d'aujourd'hui portera sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations qui me semble le plus important sur le plan g&#233;opolitique : celui de Sud-Est chiite irakien.

Dans ce premier article, je pr&#233;senterai mon point de vue sur les enjeux, forces et faiblesses des principaux acteurs de ce th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations :
-  les Arabes chiites d'Irak ;
-  les Chiites iraniens ;
-  George W Bush.

Constatant la reprise de l'initiative par l'Iran, et sans pr&#233;tendre &#224; la prospective, j'examinerai &#233;galement les options dont dispose l'acteur militairement le plus puissant et le plus impr&#233;visible : les Etats-Unis d'Am&#233;rique.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;
	
	
Irak, Iran, USA : Prol&#233;gom&#232;nes &#224; une crise majeure ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La situation irakienne est complexe, c'est m&#234;me l'une des raisons pour lesquelles il &#233;tait stupide d'y aller d&#233;ambuler avec de gros sabots. Cette complexit&#233; tient &#224; la structure des populations de l'Irak et aux liens de certaines de ces populations avec des acteurs r&#233;gionaux majeurs. Elle tient aussi &#224; la pr&#233;sence de beaucoup de p&#233;trole dans le sous-sol irakien, pr&#233;sence qui lie la situation aux int&#233;r&#234;ts majeurs des principaux acteurs mondiaux.

Trois points de vue sur cette situation feront chacun l'objet d'un article. Chacun sera centr&#233; sur l'un des th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations militaires et g&#233;opolitiques de l'Irak :
-  le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations chiite et l'Iran ;
-  le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations kurde et la Turquie ;
-  le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations sunnite, ben Laden et George W Bush.

Le lecteur pourra mieux percevoir la situation en la projetant sur des cartes, en voici quelques unes :
-  http://www.thucydide.com/realisatio...
-  http://www.kurdistanica.com/english...

L'article d'aujourd'hui portera sur le th&#233;&#226;tre &#224; mon avis le plus important sur le plan g&#233;opolitique : celui de Sud-Est chiite irakien.
&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Guerre en Irak, analyse - 1 : Le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations chiite et l'Iran

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce premier article, je pr&#233;senterai mon point de vue sur les enjeux, forces et faiblesses des principaux acteurs de ce th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations :
-  les Arabes chiites d'Irak ;
-  les Chiites iraniens ;
-  George W Bush.

Constatant la reprise de l'initiative par l'Iran, et sans pr&#233;tendre &#224; la prospective, j'examinerai &#233;galement les options dont dispose l'acteur militairement le plus puissant et le plus impr&#233;visible : les Etats-Unis d'Am&#233;rique.
Les Arabes chiites d'Irak

Les Arabes chiites repr&#233;sentent un peu plus de la moiti&#233; de la population irakienne et sont principalement implant&#233;s dans le Sud-Est de l'Irak. Cette zone jouxte l'Iran, &#224; l'Est, et le Golfe persique, au Sud ; elle regorge d'un p&#233;trole facile &#224; exporter par la mer. Ils constituent &#233;galement une forte minorit&#233; de la population de Bagdad.

Les Arabes chiites ont combattu sans &#233;tat d'&#226;me dans l'arm&#233;e irakienne lors de la guerre entre l'Iran et l'Irak, montrant qu'ils n'oubliaient pas l'opposition mill&#233;naire entre Arabes et Perses et que leur identification &#224; la nation irakienne pouvait influencer leur comportement. Cette population a &#233;t&#233; globalement consid&#233;r&#233;e comme &#171; de seconde zone &#187; par le r&#233;gime de Saddam Hussein. Elle en a conserv&#233; un ressentiment contre celui-ci et contre l'appareil Baassiste qui le soutenait. Na&#239;vement, George W Bush pensait que cela allait suffire &#224; rendre l'invasion sympathique aux Arabes chiites.

Pour faciliter la lecture, j'utiliserai &#171; Chiites irakiens &#187;, dans la suite de cet article, pour d&#233;signer la population arabe chiite de l'Irak, m&#234;me si beaucoup d'Irakiens chiites ne sont pas arabes, mais kurdes ou turcomans (turkm&#232;nes) [1].

Les Chiites irakiens sont, en Irak, les grands gagnants de l'invasion. En effet, celle-ci a d&#233;truit l'appareil d'&#233;tat Baas. Ils jouent habilement leurs adversaires les uns contre les autres et, pendant que Sunnites et Etasuniens s'entretuent, ils avancent vers leurs objectifs.

Il y a plusieurs courants dans le leadership chiite :

-  agents iraniens plus ou moins maffieux (Ahmed Chalabi [2], par exemple) ;

-  religieux fondamentalistes &#171; patients &#187; (Ali el-Sistani, SICRI [3] et sa milice &#171; Badr &#187;, Da'wa [4]), ces groupes religieux pro-iraniens, sont regroup&#233;s dans l'Alliance irakienne unifi&#233;e [5] ;

-  religieux fondamentalistes &#171; excit&#233;s &#187; (Moqtada el-Sadr et son &#171; arm&#233;e du Mehdi &#187;), qui ont une grande influence sur la minorit&#233; chiite de Bagdad. Ils viennent de r&#233;unir plus d'un million de signatures sur une p&#233;tition demandant le d&#233;part imm&#233;diat des troupes d'occupation...

Ces courants semblent (d&#233;lib&#233;rement ou non) se coordonner suffisamment pour ne pas trop se g&#234;ner [6]. On constate, par ailleurs, que des membres chiites &#233;minents du gouvernement irakien ont des liens tr&#232;s marqu&#233;s avec l'Iran : par exemple, Abdoul Aziz el-Hakim, qui a v&#233;cu 20 ans en exil dans ce pays ou Ibrahim el-Djaafari, qui y a v&#233;cu neuf ans. L'un comme l'autre, &#224; cette &#233;poque, utilisaient des bases en Iran pour organiser des actions de gu&#233;rilla et de terrorisme contre le r&#233;gime de Saddam Hussein.

En ce qui concerne leurs relations avec les deux autres principaux groupes sociaux irakiens, les chiites irakiens pourraient laisser aux Kurdes le p&#233;trole du Nord, mais l'id&#233;e d'un Grand Kurdistan, qui contr&#244;lerait les eaux du Tigre et de l'Euphrate depuis le Kurdistan actuellement turc, leur est insupportable. J'en reparlerai dans le prochain article de cette s&#233;rie, qui traitera du th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations kurde et de la Turquie. Par ailleurs, les Arabes sunnites, habitu&#233;s &#224; diriger, ne peuvent accepter ni une domination chiite, ni une partition de l'Irak qui les laisserait sans ressources p&#233;troli&#232;res identifi&#233;es. On peut donc s'attendre &#224; un d&#233;veloppement du conflit entre ces deux communaut&#233;s. Ce point sera abord&#233; dans troisi&#232;me article qui portera sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations sunnite et la situation des troupes d'occupation.

Les Chiites irakiens n'ont que peu d'exp&#233;rience militaire, ne disposent pas de services de renseignement efficaces ni de cadres aguerris. La facilit&#233; avec laquelle l'&#171; arm&#233;e du Mehdi &#187;, &#224; Nedjef (Najaf), a &#233;t&#233; r&#233;duite par les troupes d'occupation contraste avec la r&#233;sistance acharn&#233;e de Falloudja (Fallujah). La majorit&#233; de l'arm&#233;e et des forces de police en cours de cr&#233;ation est chiite mais, sans l'appui de l'arm&#233;e US (ou... d'une autre), ces forces ne tiendraient pas bien longtemps contre les guerriers sunnites. En revanche, les dirigeants chiites seront tr&#232;s probablement capables, s'ils y voient leur int&#233;r&#234;t, de lancer une irakifada &#224; travers le Sud du pays, face &#224; laquelle les troupes d'occupation seraient d&#233;sempar&#233;es [7].
Les Chiites iraniens

Les fondamentalistes chiites iraniens sont les autres grands gagnants de la confrontation :

-  la seule arm&#233;e qui leur faisait de l'ombre, l'arm&#233;e irakienne, est an&#233;antie ;

-  le seul r&#233;gime &#224; peu pr&#232;s la&#239;que [8] de la r&#233;gion est &#233;limin&#233; ;

-  les USA, qui repr&#233;sentaient une menace militaire certaine, savent maintenant qu'ils n'ont pas la possibilit&#233; d'occuper l'Iran, et cela pour de nombreuses ann&#233;es ;

-  le peuple iranien, qui commen&#231;ait &#224; gronder sous l'&#233;touffoir cl&#233;rical, a &#233;t&#233; ramen&#233; &#224; celui-ci par la menace d'invasion : les r&#233;centes &#233;lections en attestent ;

-  l'impossibilit&#233;, sans doute pour des lustres, d'exploiter efficacement le p&#233;trole irakien donne d'autant plus de valeur au p&#233;trole et au gaz iraniens, en particulier pour la Chine, assoiff&#233;e qu'elle est de ressources &#233;nerg&#233;tiques : l'Iran a maintenant un alli&#233; permanent au Conseil de S&#233;curit&#233; de l'ONU [9] ;

-  par ailleurs, cette m&#234;me valeur accrue du p&#233;trole iranien rend toute attaque contre ce pays susceptible d'amorcer une crise &#233;conomique mondiale : le p&#233;trole, d&#233;j&#224; &#224; 65$ le baril, verrait son prix rapidement doubler, au moins.

Sur tous les plans, l'Iran constitue une puissance sans commune mesure avec l'Irak, d&#233;fait lors d'une premi&#232;re guerre et &#233;puis&#233; par dix ans d'embargo. L'arm&#233;e iranienne est intacte, elle dispose d'une DCA efficace, qui finirait par &#234;tre d&#233;truite mais retarderait l'&#233;tablissement de la supr&#233;matie a&#233;rienne US. Cette supr&#233;matie constitue un pr&#233;alable aux op&#233;rations terrestres conventionnelles. Le retard pourrait &#234;tre exploit&#233; de diff&#233;rentes mani&#232;res :
-  emploi de missiles sol/mer ;
-  emploi de missiles sol/sol ;
-  g&#233;n&#233;ralisation de la gu&#233;rilla.

L'Iran dispose de missiles sol/mer efficaces. Ces missiles sont capables de d&#233;truire une partie de la flotte US dans le Golfe persique, pla&#231;ant les troupes d'occupation dans une position terrible. Ils peuvent, combin&#233;s avec des mines, interdire la navigation dans le d&#233;troit d'Ormuz, bloquant l'exportation de la plus grande partie du p&#233;trole du Moyen-Orient et mettant &#224; genoux l'&#233;conomie mondiale en quelques mois, voire quelques semaines.

Les bases US en Irak sont &#224; port&#233;e de tir des missiles sol/sol iraniens. Les USA devraient soit &#233;vacuer leurs bases, se rendant plus vuln&#233;rables aux actions de la gu&#233;rilla, soit accepter des pertes humaines et mat&#233;rielles importantes du fait des tirs iraniens. Les a&#233;roports irakiens sont, eux aussi, dans le rayon d'action des missiles iraniens qui donc peuvent fortement g&#234;ner la mise en place d'un pont a&#233;rien. Ces missiles peuvent &#233;galement atteindre Isra&#235;l. Les possibilit&#233;s d'escalade en cas d'attaque de ce pays sont multiples [10] et pr&#233;occupantes.

Les Pasdaran, les miliciens des ayatollahs, sont certainement d&#233;j&#224; pr&#234;ts &#224; d&#233;clencher en Iran une gu&#233;rilla comparable &#224; celle men&#233;e en Irak, sur le th&#233;&#226;tre sunnite. Il est tr&#232;s probable que le th&#233;&#226;tre chiite irakien, &#224; ce jour relativement calme, deviendrait, lui aussi, un enfer pour les troupes d'occupation.

Les dirigeants iraniens avaient, sous la pression, accept&#233; un moratoire sur la fabrication d'UF6 [11]. Ils viennent de r&#233;&#233;valuer la situation et de reprendre ce processus de fabrication. Plusieurs &#233;l&#233;ments vont dans le sens de cette r&#233;&#233;valuation :

-  situation peu enviable des troupes &#233;tasuniennes en Irak, qui montre les limites de l'arm&#233;e US, apte &#224; casser des chars et des avions mais impuissante face &#224; la volont&#233; d'un peuple ;

-  mont&#233;e en puissance de l'OCS (Organisation de coop&#233;ration de Shangha&#239;, aussi appel&#233;e &#171; Club de Shanghai &#187; [12]) ;

-  nombre consid&#233;r&#233; comme suffisant de missiles sol/mer et sol/air op&#233;rationnels.

Ayant consid&#233;r&#233; sa main, l'Iran commence prudemment d'abattre ses cartes. Il en a d&#233;j&#224; montr&#233; deux.

La premi&#232;re est la reprise [13] de la conversion du &#171;  yellow cake  &#187; en UF6, dont nous venons de parler. Il est &#224; noter que les engagements pris vis-&#224;-vis de la population iranienne rendront tr&#232;s difficile un &#233;ventuel retour en arri&#232;re sur ce point.

La seconde, moins m&#233;diatis&#233;e mais bien plus mena&#231;ante pour les USA [14] est une attaque, qui pourrait &#234;tre d&#233;vastatrice, contre le dollar : la cr&#233;ation, en Iran, d'une bourse du p&#233;trole c&#244;t&#233;e en Euros. Actuellement, il existe trois bourses du p&#233;trole, toutes c&#244;t&#233;es en dollars. C'est une, sinon la principale, raison de la consid&#233;rable sur&#233;valuation de cette monnaie, sur&#233;valuation qui permet la survie de l'&#233;conomie US. Que le dollar perde son monopole de monnaie p&#233;troli&#232;re et la demande de dollars dans le monde s'effondre, entra&#238;nant avec elle la parit&#233; de cette devise. Cette chute du dollar diminuerait d'autant le pouvoir d'achat des USA sur le march&#233; international. Les int&#233;r&#234;ts majeurs des USA sont menac&#233;s par la cr&#233;ation d'une bourse du p&#233;trole en Euros, n'oublions pas que la simple vente du p&#233;trole irakien en Euros par Saddam Hussein fut l'une des raisons de la guerre.

L'invasion de l'Irak par les USA a am&#233;lior&#233; la position g&#233;opolitique de l'Iran sans beaucoup affaiblir sa position militaire ; elle a renforc&#233; la coh&#233;sion de la population iranienne derri&#232;re ses dirigeants : l'Iran se sent en mesure de reprendre l'initiative. Du point de vue de l'influence Chiite en tant que telle, elle ouvre une perspective encore plus remarquable : la possibilit&#233; d'un empire chiite du p&#233;trole.
Vers un empire chiite du p&#233;trole ?

Les deux victoires chiites, l'irakienne et l'iranienne, toutes deux obtenues sans combattre, sont deux facettes d'une m&#234;me avanc&#233;e vers un possible empire chiite des ressources fossiles, empire qui pourrait, &#224; long terme, s'&#233;tendre aux ressources de l'Arabie s&#233;oudite.

Les Chiites irakiens n'accepteront pas de repasser sous contr&#244;le sunnite ni de g&#233;mir longtemps sous la botte &#233;tasunienne. Le SICRI [15] r&#233;clame une province Chiite autonome [16], b&#233;n&#233;ficiant des ressources p&#233;troli&#232;res qu'elle abrite. On peut penser qu'assez rapidement cette province serait, organiquement au moins, aussi iranienne qu'irakienne. Les liens organiques commencent d'ailleurs &#224; se tisser :

-  le port iranien de Bandar Khomeiny est d'ores et d&#233;j&#224; utilis&#233; pour le commerce irakien ;

-  des accords ont &#233;t&#233; conclus entre l'Iran et l'Irak, visant &#224; l'int&#233;gration des r&#233;seaux de transport ;

-  l'Iran a affect&#233; un milliard de $ (environ 800 millions d'Euros) de cr&#233;dit au d&#233;veloppement de la province ;

-  l'Iran, officiellement pour faciliter les p&#233;lerinages, pr&#233;voit d'investir dans un a&#233;roport international &#224; Nedjef (Najaf) ;

-  un accord de collaboration militaire entre l'Iran et l'Irak &#233;tait pr&#233;vu, que la pression US a, pour l'instant, fait mettre de c&#244;t&#233; ;

-  il existe des projets de raffinage en Iran du p&#233;trole de la province chiite irakienne...

Au-del&#224; de cette revendication de province autonome, les dirigeants chiites r&#234;vent d&#233;j&#224; de diriger, depuis cette province, un Irak f&#233;d&#233;ral, alli&#233; et ami de l'Iran [17]. Les ressources p&#233;troli&#232;res de cette province, associ&#233;es aux ressources p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res de l'Iran donneraient un pouvoir consid&#233;rable &#224; l'ensemble chiite ainsi cr&#233;&#233;. Pouvoir renforc&#233; par la position privil&#233;gi&#233;e de l'Iran pour l'exportation du p&#233;trole de la Caspienne vers les Indes et le Japon, ainsi que, dans une moindre mesure, vers la Chine.

Par ailleurs, les Chiites, qui repr&#233;sentent environ 10% de la population de l'Arabie s&#233;oudite, sont justement implant&#233;s dans les zones p&#233;trolif&#232;res qui bordent la c&#244;te orientale de ce pays [18]. Les dignitaires chiites ne raisonnent pas au rythme d'&#233;lections quadriennales et commencent sans doute &#224; ourdir des plans de soul&#232;vement &#224; long terme dans ces r&#233;gions. L'arm&#233;e s&#233;oudienne ne tiendrait pas longtemps face &#224; une arm&#233;e iranienne venant, avec l'accord des Irakiens, secourir ses fr&#232;res en chiisme. Intervention motiv&#233;e par des raisons &#233;videmment &#171; humanitaires &#187;, contre l'oppression (bien r&#233;elle) que subissent les Chiites en Arabie s&#233;oudite.
George W Bush

Les troupes &#233;tasuniennes ont an&#233;anti l'arm&#233;e irakienne, laissant l'arm&#233;e iranienne intacte. La gu&#233;rilla, principalement active dans les zones sunnites, ne leur laisse aucun r&#233;pit [19].

Les principaux objectifs de l'invasion &#233;taient les suivants :
-  punir la vente en Euros du p&#233;trole irakien, commenc&#233;e en 2000 ;
-  s'emparer des ressources fossiles de l'Irak ;
-  contr&#244;ler, au moins partiellement, l'approvisionnement de la Chine en ressources fossiles ;
-  achever l'encerclement de l'Iran, cible probable d'une attaque ult&#233;rieure ;
-  disposer de bases mena&#231;ant la Syrie ;
-  montrer au monde la puissance de l'arm&#233;e US, afin d'inspirer la terreur.

Trois de ces objectifs ne semblent pas atteints, en effet :
-  les ressources fossiles de l'Irak ne seront exploitables que si la gu&#233;rilla le permet, il est plus facile de d&#233;molir une installation que de la reconstruire ou m&#234;me de la prot&#233;ger ;
-  l'Irak ne para&#238;t pas vraiment une base s&#251;re pour l'attaque de l'Iran ;
-  tout le monde constate que l'arm&#233;e US n'est pas invincible.

Par ailleurs, un bedonnant grain de sable s'est gliss&#233; dans la machine US : la r&#233;sistance des Irakiens.

George W Bush, voici plus de deux ans, annon&#231;ait, ridiculement v&#234;tu d'une tenue militaire [20], la fin des op&#233;rations en Irak. Si, pour l'arm&#233;e irakienne, les op&#233;rations &#233;taient bien termin&#233;es, elles commen&#231;aient pour la r&#233;sistance. Depuis, pr&#232;s de 150 000 soldats US sont fix&#233;s en Irak alors que les dirigeants &#233;tasuniens pensait en r&#233;cup&#233;rer rapidement la plus grande partie. C'est une charge &#233;crasante, &#224; la fois pour les ressources militaires et pour les ressources &#233;conomiques des USA. Je d&#233;taillerai cette situation dans l'article de cette s&#233;rie qui portera sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations sunnite.

Les grands perdants, &#224; ce jour, de la guerre en Irak, sont les Etasuniens, entra&#238;n&#233;s par des dirigeants... &#233;tranges... dans un conflit qu'ils ont peu de chances de gagner. Leurs buts de guerre officiels n'arr&#234;tent pas de changer :

-  d'abord, on a eu les &#171; armes de destruction massives &#187;, auxquelles personne ne croyait, et qu'on a d'ailleurs cess&#233; de chercher ;

-  ensuite, il fallait renverser Saddam Hussein, parce que c'&#233;tait un dictateur. Au vu de la quantit&#233; de dictateurs install&#233;s ou soutenus par les USA, au nombre desquelles les Wahhabites s&#233;oudiens, les Talibans et... Saddam Hussein lui-m&#234;me... on pourrait presque sourire ;

-  apr&#232;s, il fallait installer la &#171; d&#233;mocratie &#187; [21] en Irak... pendant que les &amp;quot;n&#233;o-conservateurs&amp;quot; tentent de supprimer peu &#224; peu ce qu'il en reste aux USA ;

-  maintenant, c'&#233;tait pour attirer les &#171; terroristes &#187; en Irak afin de pouvoir les combattre. Bon sang, mais c'est bien s&#251;r !

Pendant ce temps, Osama ben Laden, dont les buts de guerre n'ont jamais chang&#233;, a, depuis belle lurette, atteint le plus important d'entre eux. Osama Ben Laden a cr&#233;&#233; el Qaeda dans un but pr&#233;cis : chasser les arm&#233;es &#171; infid&#232;les &#187; du territoire de l'Arabie s&#233;oudite. D'apr&#232;s Stratfor.biz, le g&#233;n&#233;ral Richard Myers a d&#233;clar&#233;, le 15 avril (2003), que les USA &#233;taient en mesure d'acc&#233;der &#224; cette requ&#234;te. Ce triste personnage profite &#233;galement de l'invasion de l'Irak pour recruter &#224; tour de bras.

Pendant ce temps les cours du p&#233;trole font de l'alpinisme. Et l'&#233;conomie &#233;tasunienne est sensible aux cours du p&#233;trole.

Pendant ce temps, nous venons d'en parler, les Chiites en g&#233;n&#233;ral et l'Iran en particulier marquent points apr&#232;s points, sans faire de bruit.

Que peuvent faire les dirigeants US pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts ?
Les options strat&#233;giques des dirigeants des USA face &#224; l'Iran et aux Chiites

Parmi les orientations &#224; leur disposition, il y a :
-  le maintien du status quo ;
-  le d&#233;sengagement ;
-  l'escalade.

Le maintien du status quo consisterait &#224; rester sur place, en pariant que les munitions de la r&#233;sistance s'&#233;puiseront avant que la population &#233;tasunienne ne r&#233;clame vraiment la fin de cette guerre. M&#234;me si cela se produisait, la victoire chiite que nous venons de d&#233;couvrir, serait simplement confirm&#233;e. Si cela ne se produisait pas, cette victoire chiite s'accompagnerait d'une humiliation m&#233;morable des USA, contraints &#224; la fuite.

Le d&#233;sengagement consisterait &#224; trouver un pr&#233;texte &#224; peu pr&#232;s cr&#233;dible pour se tirer d&#232;s que possible de ce gu&#234;pier. La victoire chiite serait confirm&#233;e, mais l'humiliation publique &#233;vit&#233;e, ou, tout au moins, limit&#233;e.

L'escalade consisterait &#224; faire monter les ench&#232;res et &#224; attaquer l'Iran. Quels que soient les moyens employ&#233;s, un tel choix l&#226;cherait sur la plan&#232;te un conflit d'une intensit&#233; inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale. Les buts d'une attaque contre l'Iran seraient de :

-  d&#233;truire la puissance militaire iranienne pour &#171; r&#233;tablir l'&#233;quilibre &#187; dans le Golfe persique ;

-  d&#233;truire les infrastructures &#233;conomiques de l'Iran pour l'emp&#234;cher de reconstituer une puissance militaire ;

-  faire, dans un conflit conventionnel, la d&#233;monstration de l'invincibilit&#233; de l'arm&#233;e US, dont la cr&#233;dibilit&#233; souffre des succ&#232;s de la r&#233;sistance irakienne ;

-  tenter de mettre en place, en Iran, sous pr&#233;texte de &#171; d&#233;mocratie &#187;, un gouvernement &#224; la botte des USA, assurant &#224; ces derniers le contr&#244;le du Moyen-Orient et une influence consid&#233;rable sur l'Asie centrale et les ressources p&#233;troli&#232;res de la Caspienne ;

-  priver la Chine de p&#233;trole.

La position raisonnable serait le d&#233;sengagement. Les USA auraient appris une le&#231;on : m&#234;me quand on est le plus fort, il est dangereux de vouloir &#233;craser tous les autres. Ils deviendraient une puissance r&#233;gionale majeure et l'un des grands acteurs du jeu plan&#233;taire, dans un monde multipolaire. Ils pourraient se consacrer &#224; r&#233;duire leur d&#233;ficit et rebatir une &#233;conomie, &#233;conomie qui pourrait enfin se soucier du bien-&#234;tre des gens.

H&#233;las, George W Bush et son entourage ne nous ont pas habitu&#233;s &#224; des d&#233;cisions raisonnables. La guerre est donc possible. Si elle commence, elle trouvera sans doute un pr&#233;texte dans un attentat sur le sol &#233;tasunien. Attentat dans lequel l'Iran n'aura rien &#224; voir. Attentat, bien entendu, qui lui sera attribu&#233;, comme celui du 11 septembre, commis par des S&#233;oudiens, le fut &#224; l'Irak. A d&#233;faut d'une attaque sur le sol &#233;tasunien, une attaque fictive contre un b&#226;timent US croisant dans le Golfe pourrait faire l'affaire [22].

Les vecteurs d'une attaque contre l'Iran seraient sans doute les bombardements (par missiles de croisi&#232;re et avions volant &#224; haute altitude pour &#233;viter la DCA iranienne), ainsi que, probablement, des actions de sabotage et d'assassinat men&#233;es par les Forces sp&#233;ciales US. Des troupes suppl&#233;tives form&#233;es d'Iraniens en exil, arm&#233;es et entra&#238;n&#233;es par l'Arm&#233;e US, pourraient ensuite, avec l'appui et le soutien des forces &#233;tasuniennes, tenter une invasion, peut-&#234;tre &#224; partir de la fronti&#232;re afghane. Une occupation de l'Iran par l'arm&#233;e &#233;tasunienne, sur le mod&#232;le de l'occupation de l'Irak, me para&#238;t exclue. Bien malin qui pourrait, d'ores et d&#233;j&#224;, pr&#233;dire les implications de pareille d&#233;mence. Par exemple, les Chinois, directement vis&#233;s par la manoeuvre, pourraient profiter de la concentration des troupes US autour du Golfe persique pour prendre le contr&#244;le de Ta&#239;wan. Dans la mesure ou nul ne peut attester de l'&#233;quilibre mental des Ma&#238;tres du Pentagone [23], la suite pourrait &#234;tre effrayante.
Option nucl&#233;aire ?

L'option nucl&#233;aire a &#233;t&#233; plusieurs fois &#233;voqu&#233;e : une partie des installations nucl&#233;aires civiles iraniennes est profond&#233;ment enterr&#233;e afin de r&#233;sister aux explosifs conventionnels. Certains &#233;l&#233;ments de ces installations pourraient, dans quelques lustres, contribuer &#224; la contruction d'armes nucl&#233;aires, seul moyen d'&#234;tre &#224; l'abri des USA. Les dirigeants &#233;tasuniens peuvent difficilement l'accepter. Par ailleurs, l'actuelle posture nucl&#233;aire officielle des USA pr&#233;voit l'utilisation d'explosifs nucl&#233;aires en premi&#232;re frappe, m&#234;me contre un pays qui n'en poss&#232;de pas [24]. Toutefois, la destruction de l'&#233;conomie iranienne suffirait &#224; stopper son programme nucl&#233;aire, et cette destruction ne requiert que l'emploi d'armes conventionnelles. On peut donc raisonnablement esp&#233;rer que les USA ne brandissent l'option nucl&#233;aire qu'&#224; titre d'intimidation.

A ce jour, les grands gagnants de la guerre en Irak sont les Chiites ; les grands perdants, les Etats-Unis d'Am&#233;rique. Pour le bien de tous, y compris d'eux-m&#234;mes, ces derniers pourraient accepter leur d&#233;faite et en tirer des le&#231;ons pour &#233;viter, &#224; l'avenir, pareille d&#233;convenue. Malheureusement, les Ma&#238;tres du Pentagone semblent souffrir d'une enflure de l'&#233;go qui rend cette option peu vraisemblable. Ils peuvent aussi essayer de tenir le plus longtemps possible sur leurs positions actuelles, laissant &#224; leurs successeurs le soin de g&#233;rer la d&#233;faite, ce qui me semble l'option la plus probable. Enfin, ils peuvent choisir l'escalade et entra&#238;ner le monde dans une crise majeure.

Aux USA, des gens s'inqui&#232;tent de la p&#233;riode de vacances du congr&#232;s, craignant que Bush et sa clique n'en profitent pour attaquer l'Iran par surprise. Cette hypoth&#232;se ne peut &#234;tre exclue, elle est toutefois improbable : l'attaque de l'Iran, si elle ne se limite pas &#224; quelques bombardements, n&#233;cessite une pr&#233;paration visible.

Toujours est-il que, pour les mois &#224; venir, les cons&#233;quences d'un attentat majeur sur le sol des USA, quels qu'en soient les auteurs, pourraient &#234;tre effrayantes. Une fois de plus, Bush et ben Laden ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts.

[1] En effet, chez les Kurdes, les identifications ethnique et tribale &#233;clipsent, d'un point de vue g&#233;opolitique, les identifications religieuses ; quant aux Turcomans (Turkm&#232;nes), ils sont tr&#232;s minoritaires et jouent un r&#244;le particulier qui sera d&#233;velopp&#233; dans l'article &#224; venir consacr&#233; &#224; la situation sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations kurde.

[2] Si la situation n'&#233;tait pas si pr&#233;occupante, il serait plaisant de se rappeler que ce personnage &#233;tait l'un des informateurs favoris des USA et que sa milice a collabor&#233; &#224; l'invasion, y compris en fournissant le personnel pour le fameux d&#233;boulonnage de la statue de Saddam Hussein. Chalabi est en disgr&#226;ce depuis que ses manoeuvres pro-iraniennes ont &#233;t&#233; identifi&#233;es par ses &#171; amis am&#233;ricains &#187;

[3] Supreme Council for Islamic Revolution in Iraq (rien que &#231;a !), dirig&#233; par Abdoul Aziz el-Hakim

[4] Da'wa est le parti du &#171; premier ministre &#187; Ibrahim el-Djaafari

[5] l'Alliance irakienne unifi&#233;e (Unified Iraqi Alliance), occupe plus de la moiti&#233; des si&#232;ges du &#171; parlement &#187; irakien

[6] M&#234;me si leur lutte d'influence commence &#224; se manifester par des &#171; coups d'&#233;tat municipaux &#187; comme la d&#233;position par les armes du maire de Bagdad, le 9 ao&#251;t, et de celui de Samaoua, le 10, d&#233;positions auxquelles les &#171; autorit&#233;s &#187; officielles semblent tarder &#224; r&#233;agir, m&#234;me verbalement

[7] Les troupes US ont l'interdiction constitutionnelle de s'entra&#238;ner au maintien de l'ordre. Face &#224; une foule, elles fuient ou tirent dans le tas

[8] m&#234;me si, depuis la premi&#232;re guerre &#171; du Golfe &#187;, sa la&#239;cit&#233; commen&#231;ait &#224; laisser &#224; d&#233;sirer, le status de la femme dans l'Irak baassiste &#233;tait le plus avanc&#233; de la r&#233;gion

[9] La Chine et l'Iran resserrent leurs liens dans de nombreux domaines, par exemple, la Chine vient de signer un contrat de plus de 800 000 $ (environ 600 000 Euros) pour la construction d'un m&#233;tro &#224; T&#233;h&#233;ran

[10] La d&#233;stabilisation du Liban, chiite &#224; plus de 30%, par Hezbollah faisant partie des complications pr&#233;visibles

[11] Hexafluorure d'uranium, gaz qui permet de s&#233;parer, dans des centrifugeuses, les diff&#233;rents isotopes de l'uranium. La fabrication de ce gaz est un pr&#233;alable &#224; l'enrichissement de l'uranium.

[12] L'&#233;volution du Club de Shanga&#239; est l'une des clefs de la g&#233;opolitique mondiale, j'y reviendrai dans un prochain article

[13] au demeurant parfaitement l&#233;gale au regard du droit international

[14] La CIA pense qu'il faudra environ dix ans aux Iraniens pour disposer de la mati&#232;re premi&#232;re d'une &#233;ventuelle arme nucl&#233;aire (l'uranium fortement enrichi), il n'y a pas vraiment d'urgence

[15] non soutenu, &#224; ce jour, par Da'wa sur ce point

[16] qui pourrait s'appeler Sumer, en m&#233;moire de la civilisation sum&#233;rienne, l'un des premi&#232;res au monde, qui occupait &#224; peu pr&#232;s les m&#234;mes lieux

[17] Une r&#233;cente d&#233;claration du gouvernement irakien fait &#233;tat d'un refus de l'utilisation du sol irakien comme base d'attaque de l'Iran, d&#233;claration dont on devine le destinataire

[18] Voir carte des implantations chiites.

[19] J'en parlerai en d&#233;tail dans un prochain article relatif au th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations sunnite

[20] Rappelons que George Bush junior se planqua pendant la guerre du Vietnam et, sans avoir jamais vu le front, ni m&#234;me l'arri&#232;re, r&#233;ussit &#224; &#234;tre port&#233; d&#233;serteur (AWOL).

[21] &#171; d&#233;mocratie &#187; qui pourrait bien se passer des femmes...

[22] Ce proc&#233;d&#233; de la fausse attaque contre un b&#226;timent de combat a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233; par les USA, pour justifier leur attaque du Vi&#234;tnam

[23] George W Bush a un pass&#233; d'alcoolique et de drogu&#233;, il a d&#233;clar&#233; que le Bon Dieu lui parlait la nuit, et une partie de son entourage ne vaut gu&#232;re mieux

[24] Notons cette posture nucl&#233;aire US est en contradiction flagrante avec le Trait&#233; de non-prolif&#233;ration (TNP)&lt;/p&gt;</description>
      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 11:18:57 CDT</pubDate>
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      <title>DES MINES  AUX CENTRALES NUCLEAIRES,Vincent Ntuda  Ebode</title>
      <description>
&lt;p&gt;Le politologue Joseph Vincent Ntuda Ebod&#233; &#233;num&#232;re six &#233;tapes de transformation. Suivez le guide !&lt;img width="83" height="87" align="left" style="margin: 0px; padding: 4px;" alt="Ntuda.jpg" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/Ntuda.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Premi&#232;rement, l'uranium est extrait de mines &#224; ciel ouvert ou de galeries souterraines, en Australie, au Kazakhstan, au Canada, en Afrique du Sud et au Br&#233;sil essentiellement. Les roches extraites contenant g&#233;n&#233;ralement peu de minerais (la concentration en uranium naturel est de l'ordre de 0,2 &#224; 2% ou de 14% dans certaines mines exceptionnelles du Canada), des op&#233;rations de concentration sont alors effectu&#233;es sur l'uranium naturel pour le transformer en oxyde d'uranium. Par la suite, le minerai est broy&#233; et dissous dans l'acide sulfurique pour obtenir une poudre jaune, appel&#233;e &amp;quot; yellow cake &amp;quot;, contenant au moins 60% d'uranium.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

En deuxi&#232;me lieu, ce yellow cake ou uranium concentr&#233;, contenant encore des impuret&#233;s diverses qui le rendent inutilisable en l'&#233;tat, il doit &#234;tre purifi&#233; lors d'op&#233;ration de conversion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Troisi&#232;mement, l'uranium naturel est un m&#233;lange de deux atomes : l'U238 et l'U235 dans des proportions respectives de 99,3% et de 0,7%. Mais seul l'uranium U235 subit facilement le ph&#233;nom&#232;ne de la fission &#224; l'origine de la production d'&#233;nergie dans le coeur du r&#233;acteur nucl&#233;aire. Pour fonctionner, les r&#233;acteurs requi&#232;rent un uranium plus riche en U235. L'enrichissement consiste donc &#224; augmenter la proportion d'U235 jusqu'&#224; 3% ou 4%.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;Liens Pertinents
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En quatri&#232;me lieu, cet uranium enrichi est transform&#233; en pastilles qui sont introduites dans de longs tubes m&#233;talliques pour former des crayons, lesquels sont &#224; leur tour r&#233;unis et maintenus &#224; l'aide de grilles pour former un assemblage.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cinqui&#232;mement, les assemblages ainsi r&#233;alis&#233;s vont s&#233;journer plusieurs ann&#233;es dans le r&#233;acteur pour produire l'&#233;lectricit&#233;. Apr&#232;s quoi vient le retraitement qui est une &#233;tape alternative au stockage en l'&#233;tat des combustibles us&#233;es. A leur arriv&#233;e au centre de retraitement en effet, les combustibles us&#233;s sont plong&#233;s dans une piscine pour une dur&#233;e de deux ans au maximum, pour permettre la poursuite de la d&#233;sactivation. Les crayons sont ensuite coup&#233;s en petits morceaux et le combustible proprement dit est dissous dans des solutions d'acide afin de s&#233;parer l'uranium, le plutonium et les d&#233;chets (produits de fission). L'uranium et le plutonium peuvent ensuite &#234;tre r&#233;introduits dans le cycle du combustible ou &#234;tre utilis&#233; pour des usages militaires. Ce m&#233;canisme de retraitement permet ainsi de r&#233;cup&#233;rer des mati&#232;res &#233;nerg&#233;tiques et de limiter le volume des d&#233;chets.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

La derni&#232;re &#233;tape du cycle enfin, c'est la gestion des d&#233;chets. Est appel&#233; d&#233;chet nucl&#233;aire, toute mati&#232;re dont la radioactivit&#233; ne permet pas un rejet direct dans l'environnement et dont on ne pr&#233;voit pas d'utilisation ult&#233;rieure dans l'industrie nucl&#233;aire. L'uranium est principalement dangereux en raison de la difficile gestion des d&#233;chets. En fait, la toxicit&#233; des d&#233;chets nucl&#233;aires dure des milliers d'ann&#233;es : si l'iode 131 ne met que huit jours pour perdre la moiti&#233; de sa radioactivit&#233;, il faut 24 000 ans pour le plutonium, 245 000 ans pour l'uranium 234 et 740 millions d'ann&#233;es pour l'uranium 235 &amp;quot;.
&lt;/p&gt;</description>
      <pubDate>Thu, 23 Aug 2007 10:20:32 CDT</pubDate>
      <guid>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1483/entry/3617</guid>
      <link>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1483/entry/3617</link>
    </item>
    <item>
      <title>SAMUEL HUNTINGTON INTERVIEW SUR LE MOYEN ORIENT</title>
      <description>&lt;p&gt;
Samuel Huntington : interview sur le Moyen Orient
6 avril 2007

&#171; Les bases des alliances et des d&#233;salliances ont tout simplement chang&#233; de nature. Dans les d&#233;cennies &#224; venir, ce seront le patrimoine&lt;img width="109" height="121" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/images1.jpg" alt="images1.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt; culturel, la langue et la religion qui p&#232;seront sur la politique internationale &#187;. Samuel Huntington, inventeur du concept du &#171; choc des civilisations &#187; s&#8217;exprime sur la situation au Moyen-Orient.
Le choc des civilisations &#224; r&#233;viser

Samuel P. Huntington, professeur de Harvard, est c&#233;l&#232;bre pour son livre publi&#233; en 1996 &#171; Le Choc des civilisations &#187;. Il a &#233;t&#233; interview&#233; par Amina R. Chaudary de magazine d&#8217;Islamica, sur la situation actuelle du Moyen-Orient.

-  Votre th&#233;orie sur le choc des civilisations discute cette politique globale qui r&#233;sultent aujourd&#8217;hui des conflits situ&#233;s en profondeur entre diff&#233;rentes cultures et religions. Cet par th&#232;se, apr&#232;s le 11 septembre 2001, et la guerre contre le terrorisme est maintenant souvent d&#233;fini en termes de la guerre de l&#8217;Occident contre l&#8217;Islam comme le choc fondamental. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Estimez-vous que votre th&#232;se a &#233;t&#233; employ&#233;e ou abus&#233;e depuis le 11 septembre 2001 ? Modifieriez-vous cette vision des choses, de quelque fa&#231;on ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - Ma vision est que les relations entre les pays dans les prochaines d&#233;cennies seront les plus susceptibles du point de vue de leurs engagements culturels, leurs antagonismes culturels avec d&#8217;autres pays plut&#244;t que d&#8217;autres facteurs. Il est tout &#224; fait &#233;videmment que le pouvoir continuera &#224; jouer un r&#244;le central dans la politique globale, comme il le fait toujours. Mais comme d&#8217;habitude, il y a d&#8217;autre chose derri&#232;re des conflits. Au XVIII&#232;me si&#232;cle en Europe, les issues ont largement impliqu&#233; des questions de monarchie contre les mouvements r&#233;publicains naissants, d&#8217;abord en Am&#233;rique et puis en France. Au XIX&#232;me si&#232;cle, elle a impliqu&#233; des &#233;tats s&#8217;identifiant par le nationalisme. Au XX&#232;me si&#232;cle, l&#8217;id&#233;ologie est venue &#224; l&#8217;avant, en grande partie, mais pas exclusivement, en raison de la r&#233;volution russe. Nous avons eu le fascisme, le communisme et la d&#233;mocratie lib&#233;rale en concurrence les un avec les autres. La d&#233;mocratie lib&#233;rale est &#224; &#234;tre accept&#233;e, dans la th&#233;orie au moins, partout dans le monde. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi la question est vraiment ce qui sera le centre central de la politique globale dans les prochaines d&#233;cennies ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mes autres arguments portent sur les identit&#233;s, les antagonismes et les affiliations culturels qui joueront non seulement un r&#244;le, mais jouent un r&#244;le important dans les relations entre les Etats. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-Vous avez &#233;crit : &amp;quot;Pendant 45 ans, le rideau en fer &#233;tait la ligne de division centrale en Europe. Cette ligne a d&#233;plac&#233; plusieurs centaines de milles vers l&#8217;est. C&#8217;est maintenant la ligne s&#233;parant les peuples du christianisme occidental, d&#8217;une part, des peuples musulmans et orthodoxes de l&#8217;autre.&amp;quot; Ne faisant pas une distinction si dichotome entre l&#8217;ouest et l&#8217;Islam, est-elle possible d&#8217;impliquer l&#224; une uniformit&#233; dans ces deux cat&#233;gories ? N&#8217;ignore-t-elle pas cette r&#233;alit&#233; que les communaut&#233;s islamiques existent dans le monde occidental aussi ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Huntington - Cette implication est totalement erron&#233;e. Je ne propose pas que l&#8217;Occident soit uniforme. &#201;videmment, il y a des divisions dans l&#8217;Occident et des divisions dans le monde musulman. Il y a diff&#233;rentes sectes, diff&#233;rentes communaut&#233;s, diff&#233;rents pays. Ainsi ni l&#8217;Islam ni l&#8217;Occident n&#8217;est pas du tout homog&#232;ne. Je ne pense pas qu&#8217;on puisse penser en termes de deux blocs distincts. Mais il y a de vulgarisation dans tout ceci. Les gens parlent de l&#8217;Islam et de l&#8217;Occident. Vraisemblablement, cela a un certain rapport avec la r&#233;alit&#233;, et a une certaine signification. Naturellement, le noyau de cette r&#233;alit&#233; est dans les diff&#233;rences parmi les religions.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Y a-t-il une r&#233;conciliation ou un point de convergence entre les deux c&#244;t&#233;s de ce nouveau &amp;quot;rideau en fer&amp;quot; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Huntington - Comme je viens de le dire, les deux c&#244;t&#233;s sont divis&#233;s. Les pays occidentaux collaborent avec les pays musulmans et vice versa. C&#8217;est une erreur de penser en termes de deux c&#244;t&#233;s homog&#232;nes &#224; se confronter cat&#233;goriquement. La politique globale demeure extr&#234;mement complexe et les pays ont de diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts, qui les m&#232;neront &#233;galement en terme de coop&#233;ration avec des amis et des alli&#233;s plut&#244;t douteux. Les Etats-Unis ont coop&#233;r&#233; et coop&#232;rent toujours avec de diverses dictatures militaires dans le monde. &#201;videmment, nous pr&#233;f&#233;rerions qu&#8217;ils soient d&#233;mocratis&#233;s, mais nous les faisons parce que nous avons des int&#233;r&#234;ts nationaux, si cela fonctionne avec le Pakistan ou l&#8217;Afghanistan ou qui que ce soit.

-  &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous avez &#233;crit que pendant que la civilisation est en &#233;volution aux Etats-Unis, elle tend vers le lib&#233;ralisme d&#233;mocratique comme id&#233;ologie.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - cela a &#233;t&#233; toujours l&#8217;id&#233;ologie des Etats-Unis. Depuis la r&#233;volution du XVIII&#232;me si&#232;cle, les Etats-Unis ont fondamentalement eu cette id&#233;ologie de d&#233;mocratie et de constitutionalisme lib&#233;ral. Je parle de la croyance et des valeurs am&#233;ricaines. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand vous utiliser le mot &#171; id&#233;ologie &#187;, les gens pensent tout de suite au communisme, qui &#233;tait lui aussi une id&#233;ologie. Vous lisez le Manifeste communiste et vous savez ce qu&#8217;est &#224; l&#8217;origine de cette id&#233;ologie. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, ce que nous avons est un ensemble plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne de valeurs et de croyances, qui ont subsist&#233; pendant plus de deux si&#232;cles. &#201;videmment, les changements et les adaptations se sont produits en raison du d&#233;veloppement &#233;conomique, l&#8217;industrialisation, l&#8217;afflux des immigr&#233;s qui sont venus aux Etats-Unis, la crise &#233;conomique et deux guerres mondiales. Mais l&#8217;origine des croyances am&#233;ricaines n&#8217;a pas chang&#233;, et elle nous semble encore bien famili&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

-  Dans un monde o&#249; le lib&#233;ralisme d&#233;mocratique gagne du terrain au moins en th&#233;orie, quelle sera la place que l&#8217;on pourrait accorder au monde musulman ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - Nous avons constat&#233; au moins un commencement plus ou moins profond des &#233;volutions sociales et &#233;conomiques dans le monde musulman. Et &#224; mon avis, cela aboutira au moment opprotun aux &#233;volutions politiques dans les pays musulmans. &#201;videmment, les soci&#233;t&#233;s musulmanes, comme les autres soci&#233;t&#233;s, deviennent de plus en plus urbaines et de plus en plus industrialis&#233;es. Mais puisqu&#8217;un certain nombre d&#8217;Etats musulmans ont des richesses naturelles en gaz et en p&#233;trole, ils ne manifestent pas une grande impulsion pour le changement. En m&#234;me temps, les revenus p&#233;troliers leur donne leur la possibilit&#233; au changement. Les pays comme l&#8217;Iran commencent &#224; d&#233;velopper leurs infrastructures industrielles.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Pensez-vous que &#171; la civilisation islamique &#187; deviendra de plus en plus une entit&#233; ou un bloc important &#224; l&#8217;avenir ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Huntington - Evidemment, nous avons constat&#233; des mouvements dans ce sens. Mais je ne crois pas qu&#8217;il y aura une importante et une v&#233;ritable concordance parmi les soci&#233;t&#233;s musulmanes. Mais je pense que nous pouvons nous attendre &#224; ce que les chefs des soci&#233;t&#233;s musulmanes coop&#232;rent les uns avec les autres dans plusieurs domaines, tout comme les soci&#233;t&#233;s occidentales qui coop&#232;rent ensemble dans beaucoup de dossiers. Je n&#8217;exclus pas la possibilit&#233; que des pays arabes et musulmans puissent d&#233;velopper une certaine forme d&#8217;organisation commune comparable &#224; l&#8217;union europ&#233;enne.

-  &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous avez &#233;crit : &#171; La culture islamique est responsable, dans la grande partie, du manque de la d&#233;mocratie dans une grande partie du monde musulman. &#187; Pourtant, plusieurs pays musulmans comme l&#8217;Indon&#233;sie, la Malaisie, le S&#233;n&#233;gal ou l&#8217;Inde qui a une grande population musulmane ont des r&#233;gimes d&#233;mocratiques. Y a-t-il vraiment un rapport, dans ce sens, entre la culture islamique et la d&#233;mocratie ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - Je ne sais pas comment r&#233;pondre &#224; cette question, car je ne suis pas un expert en Islam, mais ce qui me frappe est de voir la lenteur relative avec laquelle les pays musulmans, en particulier les pays arabes, marchent vers la d&#233;mocratie. Leur acquis culturel et leurs id&#233;ologies peuvent &#234;tre en partie responsable de ce probl&#232;me. L&#8217;exp&#233;rience du colonialisme peut expliquer en partie ce probl&#232;me, car cette exp&#233;rience am&#232;ne les pays musulmans &#224; se m&#233;fier de l&#8217;Occident, de la domination anglaise, fran&#231;aise, etc. Certains de ces pays &#233;taient essentiellement des soci&#233;t&#233;s rurales. Je pense qu&#8217;ils marchent vraiment vers l&#8217;urbanisation et les syst&#232;mes politiques beaucoup plus pluralistes. Dans presque tous les pays musulmans, cela se produit. &#201;videmment, ils d&#233;veloppement leurs coop&#233;ration avec des soci&#233;t&#233;s de non musulmans. Un aspect principal qui influencera la d&#233;mocratisation, naturellement, est l&#8217;immigration des musulmans dans l&#8217;Europe.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Que pensez-vous des r&#233;centes d&#233;clarations de votre coll&#232;gue Stephen Walt de l&#8217;Universit&#233; Harvard, et de John Mearsheimer de l&#8217;Universit&#233; de Chicago, qui ont dit que la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis est d&#8217;une mani&#232;re disproportionn&#233;e affect&#233;e par les lobbies pro-isra&#233;liens ? Etes-vous d&#8217;accord avec eux ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - Je pense que c&#8217;est un argument qu&#8217;il faut prendre au s&#233;rieux. Ils ne sont pas de vrais pol&#233;mistes. Je ne suis pas enti&#232;rement persuad&#233; par leur argument, mais ce qui attire mon attention c&#8217;est le terme &#171; d&#8217;une mani&#232;re disproportionn&#233;e &#187;. Je ne sais pas comment le juger. La politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis, dans tous les domaines, est effectu&#233;e par les groupes ethniques &#233;conomiques ou r&#233;gionaux. Il y a un lobby irlandais qui exerce son influence sur la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis depuis un si&#232;cle et demi, et qui a cr&#233;&#233; parfois des difficult&#233;s dans les relations entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Il y a d&#8217;autres lobbies, ce qui veut dire que le lobby pro-isra&#233;lien n&#8217;est pas unique dans son genre. La diff&#233;rence qui existe c&#8217;est que ce lobby se concentre sur un sujet unique : la survie d&#8217;Isra&#235;l et la promotion des aides accord&#233;es &#224; Isra&#235;l.

-  Est- ce que vous &#234;tes de ceux qui voient dans le conflit arabo-isra&#233;lien la principale source de tension au Moyen Orient ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - Il est clair que ce conflit n&#8217;a cess&#233; de s&#8217;amplifier ces dernieres ann&#233;es et que ses impacts se font sentir un peu partout en Egypte, au Liban en Irak et ailleurs. Sur le plan strat&#233;gique, il est difficile de pr&#233;voir quel sera le pays de la r&#233;gion qui parviendra &#224; s&#8217;imposer en tant que puissance h&#233;g&#233;monique. Pour l&#8217;Am&#233;rique du sud, nous avons le Br&#233;sil. An Afrique, ce sera sans doute l&#8217;Afrique du sud. En Afrique centrale, en Asie de l&#8217;est et en Asie du sud, les futures puissances emergeantes seront respectivement le Nigeria, la future puissance emergente.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais quel va &#234;tre le pays du Moyen Orient capable de faire pendant aux g&#233;ants que je viens de citer ? &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est vrai qu&#8217;Israel dipose de multiples potentialit&#233;s. Il d&#233;tient un arsenal atomique, le plus puissant de toute la r&#233;gion. Mais Israel est un &#233;tat minuscule. Toutes les autres nations du Moyen Orient sont musulmanes et non isra&#233;liennes. Vu sous cet angle, Isreal n&#8217;est pas &#224; m&#234;me de devenir une superpuissance.

L&#8217;Iran est aussi une possibilit&#233;, bien qu&#8217;il soit chiite et oppos&#233; en cela &#224; la majorit&#233; des arabes qui sont, eux, sunnites. A premiere vue, cela pose ou peut poser un probl&#232;me. Il y a aussi le fait tout simple que l&#8217;Iran est un pays non arabe dans une r&#233;gion o&#249; l&#8217;arabit&#233; est un crit&#232;re identitaire. Viendra ensuite la Turquie, &#233;tat important mais non arabe, elle, non plus et qui a de surcroit de multiples int&#233;r&#234;ts territoriaux et p&#233;trogaziers au nord de l&#8217;Irak int&#233;r&#234;ts qui la poussent &#224; se d&#233;fendre contre toute tentative sessessioniste.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quels sont donc les chances pour qu&#8217;un pays arabe joue &#224; l&#8217;avenir un role de premier plan &#224; l&#8217;&#233;chelle de la r&#233;gion ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt; Je ne saurais pas le dire. L&#8217;Arabie saoudite est un pays riche mais relativement peu peupl&#233;. L&#8217;Irak avec ses vastes ressources et ses nombreux &#233;lites &#233;tait un dirigeant potentiel mais il a pris le mauvais chemin. Peut-&#234;tre qu&#8217;il finira un jour par faire la marche arri&#232;re et redevenir l&#8217;espoir arabe. Ce me semble une hypothese tout a fait plausible.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  De nombreux analystes voient en Turquie un pont entre le monde de l&#8217;Islam et l&#8217;Occident. Qu&#8217;en pensez-vous ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Huntington - Cette th&#232;se ne s&#233;duit pas tellement. La Turquie d&#233;fend ses propres int&#233;r&#234;ts ; elle a longtemps &#233;t&#233; cette puissance conqu&#233;rante qui a colonis&#233; les arabes et contre qui ces derniers se sont battus. Bien s&#251;r, il s&#8217;agit l&#224; des r&#233;alit&#233;s qui appartiennent &#224; l&#8217;Histoire et qui ne joueront pas forc&#233;ment en faveur ou en d&#233;faveur de ce qui se produira &#224; l&#8217;avenir. Mais n&#8217;oublions pas que ces faits historiques ont durablement marqu&#233; l&#8217;esprit des gens au Moyen Orient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

-  L&#8217;&#233;mergence d&#8217;une puissance r&#233;gionale s&#8217;inscrit-elle dans le sens des int&#233;r&#234;ts des Etats Unis ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - Cela d&#233;pend du pays qui revendiquera ce statut de leader. Du point de vue strat&#233;gique, il sera plus facile pour les Etats Unis de marchander avec une seule superpuissance. Les Am&#233;ricains pourront par exemple aller en Inde et dire &#224; ses dirigeants : au Bangladesh, il y a tel ou tel probl&#232;me et vous devez faire quelque chose ; ou qu&#8217;est-ce que nous pourrons faire ensemble pour jeter les bases d&#8217;une politique commune ? . Mais en absence d&#8217;une puissance de taille et de stature de l&#8217;Inde, il faudra &#224; l&#8217;Am&#233;rique d&#8217;aller d&#8217;une capitale &#224; l&#8217;autre, de chercher &#224; faire des alliances, tache qui, du reste, est loin d&#8217;&#234;tre facile. Surtout au Moyen Orient o&#249; les pays partagent un pass&#233; marqu&#233; par toute sorte de rivalit&#233;s, &#233;thniques et religieuses entre autre.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Amartia Senn, votre coll&#232;gue &#224; l&#8217;Universit&#233; d&#8217;Harward critique votre th&#233;orie du clash des civilisations ; il dit que l&#8217;identit&#233; n&#8217;est pas la fin de l&#8217;histoire et que chacun est libre de choisir, de forger sa propre identit&#233;. Senn estime que votre th&#233;orie du clash miniaturise l&#8217;humanit&#233;, l&#8217;atomise en de petits fragments identitaires, bons &#224; ranger dans des boites nomm&#233;s &amp;quot;civilisation&amp;quot;. Qu&#8217;est que vous pensez des citoyens qui ont &#224; la fois plusieurs nationalit&#233;s ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - je crois que ce jugement est totalement faux. Je n&#8217;ai jamais rien dit de tel. Je sais bien qu&#8217;il y a des gens multiidentitaires. Ce que je dis dans mon livre est simple : les bases des alliances et des d&#233;salliances ont tout simplement chang&#233; de nature. Dans les d&#233;cennies &#224; venir, ce seront le patrimoine culturel, la langue et la religion qui p&#232;seront sur la politique internationale. Ma th&#233;orie remonte &#224; une dizaine d&#8217;ann&#233;es et au regard des faits, elle ne s&#8217;est toujours pas d&#233;mentie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

-  Comment peut-on discuter avec les gens multiidentitaires, par exemple avec un musulman ou un juif qui vit aux Etats Unis et qui a &#224; la fois deux identit&#233;s, religieuse et am&#233;ricaine ? Comment faut-il s&#8217;y prendre ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Huntington - En bien il faudrait arriver &#224; une entente, entente &#224; laquelle ces gens l&#224; sont aujourd&#8217;hui arriv&#233;s au terme de deux ou trois si&#233;cles d&#8217;efforts d&#8217;adaptation. Lorsque les flux migratoires s&#8217;intensifient et que le nombre de minorit&#233;s ratiales et religieuses se multiplie, de nouvelles r&#232;gles, de nouvelles langues apparaissent. La soci&#233;t&#233; d&#8217;accueil doit reconnaitre &#224; ses minorit&#233;s le droit de jouir d&#8217;une certaine autonomie dans le domaine des pratiques religieuses, linguistiques. Le probl&#232;me des races renvoit souvent aux questions li&#233;es &#224; la langue. Il faut savoir jusqu&#8217;o&#249; ces minorit&#233;s pourront aller dans la pratique de leur langue maternelle ou quels sont les crit&#232;res qui permettent de qualifier un pays de mono ou bilinguiste.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  A votre avis de quelle maniere le fondamentalise- l&#8217;id&#233;e qui consiste a primer une identit&#233; aux d&#233;pens des autres- influe-t-elle aujourd&#8217;hui sur la politique internationale ? Croyez-vous en l&#8217;existence d&#8217;un fondamentalisme de nature islamique ou ce ph&#233;nome peut-il se rencontrer dans n&#8217;importe quelle religion ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Huntington - Je suis totalement d&#8217;accord avec votre d&#233;finition du fondamentalisme. Le fondamentalisme signifie le fait de donner la priorit&#233; &#224; une identit&#233;, &#224; une civilisation, &#224; une culture et de la juger sup&#233;rieure aux autres. Il va de soi que le fondamentalisme a depuis toujours exist&#233; et qu&#8217;il n&#8217;est pas propre &#224; un espace g&#233;ographique particulier. Ici aux Etats Unis, nous avons eu nous aussi nos fondamentalistes qui se sont longtemps oppos&#233;s &#224; l&#8217;immigration, au brassage de notre culture avec celle des autres. Ces tendances extremistes sont universelles. Mais le probl&#232;me surgit &#224; partir du moment o&#249; ces tendances ne sont plus contr&#244;l&#233;es et qu&#8217;elles se transforment en force motrice au sein d&#8217;une soci&#233;t&#233;. Une telle soci&#233;t&#233; risque de voir les libert&#233;s de ses citoyens, de ses minorites se r&#233;tr&#233;cir. Il se peut meme que cette soci&#233;t&#233; d&#233;clare la guerre aux autres et qu&#8217;elle cherche &#224; leur imposer ses id&#233;es, ses mani&#232;res d&#8217;&#234;tre.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-  Pourquoi les tensions inter&#233;thnique sont plus palpables en Europe qu&#8217;aux Etats Unis, j&#8217;entend les tensions qui opposent les musulmans aux autres communaut&#233;s ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Huntington - le premier point est sans doute le poids num&#233;rique des Musulmans. Ces derniers sont peu nombreux aux Etats Unis au contraire de l&#8217;Europe o&#249; ils ont une pr&#233;sence plus massive. Le second est que les musulmans ne sont pas arriv&#233;s en Am&#233;rique &#224; pieds ou &#224; bord des bateaux de fortune ; ils ont travers&#233; des milliers de kilom&#232;tres pour venir ici. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les Etats Unis n&#8217;ont pas de fronti&#232;res communes avec les &#233;tats musulmans. Mais l&#8217;Europe en a. La diff&#233;rence fondamentale r&#233;side justement dans ce point.

Comment oserait-on comparer la situation des musulmans europ&#233;ens avec celle de nos hispaniques ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt; Les deux cas ne sont tout simplement pas comparables. les Etats Unis ont &#233;t&#233; et resteront un pays d&#8217;immigration. Les hispaniques qui y arrivent sont tous catholiques, une religion que les Am&#233;ricains pratiquent ou reconnaissent. Un tiers de notre population est catholique. Donc les hispanqiues ne causent pas les m&#234;mes disharmonies que les Arabes d&#8217;Europe. Nos immigrants viennent non pas de l&#8217;autre bout du monde, mais tous simplement des pays limitrophes. Il est vrai que l&#8217;immigration aux Etats Unis n&#8217;est pas all&#233; sans cr&#233;er des difficult&#233;s mais nous sommes encore trop loin de la situation que connait l&#8217;Europe o&#249; des religions antagonistes entrent en conflit.
&lt;/p&gt;</description>
      <pubDate>Wed, 22 Aug 2007 10:44:18 CDT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>ISLAM ET OCCIDENT , Samuel Huntington</title>
      <description>&lt;p&gt;&lt;img width="80" height="107" align="left" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/images.jpg" alt="images.jpg" style="margin: 0px; padding: 4px;" /&gt;
Consid&#233;r&#233; comme le politologue am&#233;ricain le plus cr&#233;atif de la g&#233;n&#233;ration des Kissinger, Samuel P. Huntington est ancien conseiller de Jimmy Carter, professeur &#233;m&#233;rite de relations internationales &#224; Harvard et cofondateur de la revue Foreign Policy. Proph&#232;te du &#171; choc des civilisations &#187;, il publie le 27 mai prochain un ouvrage qui fait d&#233;j&#224; scandale, sous le titre &#171; Who Are We ? &#187; (Qui sommes-nous ?), dans lequel il accuse les &#233;lites globalis&#233;es am&#233;ricaines d&#8217;avoir reni&#233; les valeurs anglo-saxonnes. Huntington appartient &#224; la fine fleur de l&#8217;&#233;lite bostonienne. Lib&#233;ral et d&#233;mocrate, il incarne, &#224; 77 ans, la r&#233;sistance de la Nouvelle-Angleterre, blanche et puritaine, face au d&#233;clin de l&#8217;Occident et aux ravages du multiculturalisme.


&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le Point : Il y a dix ans, dans un article publi&#233; dans la revue &#171; Foreign Affairs &#187;, vous annonciez une guerre imminente entre l&#8217;Islam et l&#8217;Occident. Apr&#232;s le 11 septembre 2001 et la contre-attaque am&#233;ricaine au Moyen-Orient, la guerre est-elle d&#233;clar&#233;e ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Samuel P. Huntington : Je n&#8217;ai pas pr&#233;vu la guerre. J&#8217;ai pr&#233;vu un choc entre les civilisations. Ce que j&#8217;ai analys&#233;, c&#8217;est le risque de multiplication et de propagation de conflits frontaliers un peu partout dans le monde, provoqu&#233;s par des tensions de nature ethnique, tribale et religieuse entre les diff&#233;rentes civilisations. En particulier, un choc entre le monde musulman et le monde occidental, Am&#233;rique et Europe r&#233;unies, m&#8217;est apparu comme une des lignes de fracture les plus probables. De ce point de vue, la r&#233;volution iranienne en 1979 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le d&#233;but d&#8217;une guerre larv&#233;e entre les civilisations occidentale et musulmane. Ce &#224; quoi nous assistons aujourd&#8217;hui est l&#8217;aboutissement dramatique de ce processus : un choc majeur entre l&#8217;Islam et l&#8217;Occident qui est en train de d&#233;stabiliser le monde.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelles en sont les caract&#233;ristiques ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Le conflit s&#8217;est &#233;tendu au niveau global, avec un petit groupe d&#8217;islamistes organis&#233;s en r&#233;seaux qui frappent syst&#233;matiquement les int&#233;r&#234;ts occidentaux et qui se sont implant&#233;s dans les soci&#233;t&#233;s ennemies. Cette mondialisation du choc Islam-Occident a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout au long des ann&#233;es 90 par la multiplication des conflits locaux dans lesquels on a vu diff&#233;rentes communaut&#233;s musulmanes chercher &#224; s&#8217;&#233;manciper des pays non musulmans. Ce fut le cas au Kosovo, en Bosnie, en Tch&#233;tch&#233;nie ou au Cachemire. Ce fut le cas aussi, en 2000, avec le tournant de la seconde Intifada dans le conflit isra&#233;lo-arabe.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; Avec l&#8217;occupation de l&#8217;Afghanistan et de l&#8217;Irak, les Am&#233;ricains ont cr&#233;&#233; un foyer de propagation globale du choc entre Islam et Occident, dont ils seront les premiers &#224; subir les cons&#233;quences.

Pourquoi votre analyse n&#8217;a-t-elle pas &#233;t&#233; prise au s&#233;rieux par les Occidentaux ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 90, l&#8217;Occident vivait dans les lendemains radieux de la guerre froide. Le choc des civilisations est apparu &#224; l&#8217;&#233;poque comme une image extr&#234;me qui annon&#231;ait le retour de la barbarie. Je comprends tr&#232;s bien d&#8217;ailleurs cette r&#233;action. La plupart des leaders politiques, en Am&#233;rique et en Europe, &#233;taient optimistes. Ils partageaient l&#8217;id&#233;e d&#8217;un nouvel ordre harmonieux, o&#249; le monde, converti &#224; la libert&#233; apr&#232;s la chute du mur de Berlin, allait embrasser les valeurs de d&#233;mocratie, adh&#233;rer &#224; la culture lib&#233;rale et moderne occidentale. Mais toute cette vision s&#8217;est r&#233;v&#233;l&#233;e totalement fausse.

Vous n&#8217;avez pas non plus &#233;t&#233; &#233;cout&#233; sur la guerre en Irak...

Cette guerre a &#233;t&#233; une tr&#232;s mauvaise id&#233;e. Ce que j&#8217;ai dit avant le d&#233;but du conflit, c&#8217;est que, si les Am&#233;ricains p&#233;n&#233;traient en Irak, il y aurait deux guerres. La premi&#232;re, contre Saddam Hussein, contre son r&#233;gime, son arm&#233;e et ses officiers. Cette guerre serait gagn&#233;e en un mois et demi. La seconde, ce serait celle contre les Irakiens. Elle a commenc&#233; depuis la chute de la dictature, et elle a &#233;clat&#233; au grand jour avec la r&#233;volte des sunnites dans la ville de Fallouja. Cette guerre-l&#224;, les Am&#233;ricains ne la gagneront jamais.

Votre position antiguerre a surpris, car vous &#234;tes un farouche d&#233;fenseur des valeurs occidentales. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;L&#8217;intervention en Irak n&#8217;est-elle pas la r&#233;ponse des n&#233;oconservateurs au choc des civilisations, pour montrer au monde arabo-musulman qu&#8217;il a droit lui aussi &#224; la d&#233;mocratie et &#224; la prosp&#233;rit&#233; ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je crois aux valeurs occidentales et &#224; la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server ce que nous sommes. Je crois aussi &#224; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre les droits de l&#8217;homme et d&#8217;encourager la diffusion des id&#233;es lib&#233;rales. Mais il faut &#234;tre r&#233;aliste : l&#8217;Occident ne domine plus le monde comme au lendemain de la Premi&#232;re Guerre mondiale. La civilisation musulmane, en particulier, constitue un bloc id&#233;ologique qui force l&#8217;Occident &#224; abandonner toute pr&#233;tention &#224; l&#8217;universalisme. Nous devons reconna&#238;tre que des grandes civilisations comme la Chine ou le monde arabo-musulman acc&#232;dent au devant de la sc&#232;ne sans partager nos valeurs, qu&#8217;elles se d&#233;veloppent et se renforcent &#224; leur propre rythme et selon leurs propres orientations. Leur imposer un changement de r&#233;gime n&#8217;est ni souhaitable ni possible. Notre marge de manoeuvre et notre int&#233;r&#234;t consistent plut&#244;t &#224; miser dans ces pays sur l&#8217;&#233;volution progressive des &#233;lites en place.

Face &#224; l&#8217;Islam, le camp occidental fait preuve de divisions inqui&#233;tantes...

L&#8217;Occident peut sauver l&#8217;essentiel si l&#8217;Am&#233;rique &#233;vite de prendre des positions extr&#234;mes et adopte une politique de coop&#233;ration &#233;troite avec l&#8217;Europe. Il faut &#233;viter &#224; la fois les &#233;cueils de l&#8217;unilat&#233;ralisme et du multilat&#233;ralisme. D&#232;s 1996, j&#8217;ai &#233;crit que le choc Islam-Occident aura pour corollaire la division du camp occidental, que les d&#233;saccords &#233;ventuels entre l&#8217;Europe et les Etats-Unis sont autant d&#8217;encouragements &#224; l&#8217;expansionnisme islamique. L&#8217;Europe et les Etats-Unis pr&#233;sentent de grandes diff&#233;rences. En termes de puissance, mais aussi en termes de culture : l&#8217;Am&#233;rique est un peuple religieux, l&#8217;Europe ne l&#8217;est pas. Mais elles partagent la m&#234;me identit&#233; occidentale et ont un int&#233;r&#234;t commun &#224; la conserver. Je pense pour ma part qu&#8217;au d&#233;but de 2003 les diff&#233;rends transatlantiques sur la question irakienne auraient pu &#234;tre r&#233;gl&#233;s dans l&#8217;int&#233;r&#234;t m&#234;me du camp occidental. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;L&#8217;opposition de la France et de l&#8217;Allemagne, d&#8217;un c&#244;t&#233;, et des Etats-Unis, de l&#8217;autre, est un &#233;chec de l&#8217;Occident.

Le bloc islamique peut-il se stabiliser ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

L&#8217;un des grands probl&#232;mes avec le monde musulman, c&#8217;est qu&#8217;il est divis&#233; et qu&#8217;il n&#8217;a pas, comme la Chine au sein du monde asiatique, un Etat qui exerce le r&#244;le de puissance r&#233;gionale. L&#8217;Egypte, le Pakistan, l&#8217;Arabie saoudite, l&#8217;Indon&#233;sie, l&#8217;Iran et la Turquie sont tous des candidats virtuels &#224; ce poste, mais ils se font concurrence. C&#8217;est dommage pour l&#8217;Islam et pour le reste du monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

Vous citez la Turquie. Est-ce une erreur de vouloir la faire entrer dans l&#8217;UE ?

Beaucoup pensent &#224; juste titre en Europe que l&#8217;Union politique ne r&#233;sistera pas &#224; l&#8217;entr&#233;e de 70 millions de musulmans. La plupart des leaders europ&#233;ens, en priv&#233;, sont contre l&#8217;entr&#233;e de la Turquie en Europe. Val&#233;ry Giscard d&#8217;Estaing s&#8217;est prononc&#233; contre. Je crois qu&#8217;il serait souhaitable que la Turquie fasse le choix d&#8217;appartenir au bloc islamique, qu&#8217;elle accepte de renouer pleinement avec son h&#233;ritage musulman, que le r&#233;gime la&#239;que mis en place par Atat&#252;rk a voulu &#233;radiquer sans y parvenir. La Turquie est un pays musulman solide, bien administr&#233;, avec une arm&#233;e efficace et une d&#233;mocratie qui fonctionne plut&#244;t bien. Elle serait le candidat id&#233;al pour donner au monde musulman un leader.

Vous abordez la question de la dissolution de l&#8217;identit&#233; nationale par les minorit&#233;s ethniques. Quelle est votre opinion sur la communaut&#233; musulmane en Europe ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J&#8217;ai toujours &#233;t&#233; favorable &#224; l&#8217;immigration &#224; partir du moment o&#249; elle est assimil&#233;e. L&#8217;Am&#233;rique a une longue tradition d&#8217;int&#233;gration. Mais nous avons aujourd&#8217;hui &#224; faire face au d&#233;fi de l&#8217;immigration en provenance du Mexique, qui tend &#224; remettre en question la pr&#233;dominance de la culture anglo-protestante sans laquelle l&#8217;assimilation culturelle des immigr&#233;s n&#8217;est pas possible. Si cela continue, l&#8217;Am&#233;rique va devenir un pays bilingue et biculturel comme la Belgique ou le Canada. Le communautarisme musulman en Europe est un probl&#232;me diff&#233;rent parce qu&#8217;il touche des communaut&#233;s qui ne sont pas de culture occidentale et qu&#8217;il remet en question l&#8217;identit&#233; chr&#233;tienne de l&#8217;Europe. Mais il est aussi similiaire en ce qu&#8217;il met &#224; l&#8217;&#233;preuve la capacit&#233; d&#8217;int&#233;gration de la culture fondatrice des pays d&#8217;accueil.

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tr&#232;s critique sur le multiculturalisme des ann&#233;es Clinton, vous pr&#244;nez une politique d&#8217;assimilation assez proche du mod&#232;le fran&#231;ais. L&#8217;interdiction du voile islamique dans les &#233;coles est-elle une bonne mesure ?

&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J&#8217;ai une grande admiration pour le mod&#232;le fran&#231;ais, et je comprends la logique de cette interdiction. Mais je crois que le voile reste un sujet secondaire. Il y a des r&#233;alit&#233;s beaucoup plus pr&#233;occupantes dans les ghettos urbains o&#249; les immigr&#233;s d&#8217;Afrique du Nord, &#224; majorit&#233; musulmane, n&#8217;ont pas de travail et ne sont pas int&#233;gr&#233;s. C&#8217;est dans ces ghettos que se pose un probl&#232;me politique avec les musulmans et que la culture fran&#231;aise peut &#234;tre remise en question.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;

* Proph&#232;te du &#171; choc des civilisations &#187;, ce professeur de 77 ans incarne la r&#233;sistance au d&#233;clin des valeurs occidentales.
Propos recueillis par S&#233;bastien Fumaroli&lt;/p&gt;</description>
      <pubDate>Wed, 22 Aug 2007 10:42:55 CDT</pubDate>
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    </item>
    <item>
      <title>THE CLASH OF CIVILISATIONS, Samuel Huntington</title>
      <description>
Summary:  World politics is entering a new phase, in which the great divisions among humankind and the dominating source of international conflict will be cultural. Civilizations-the highest cultural groupings of people-are differentiated from each other by religion, history, language and tradition. These divisions are deep and increasing in importance. From Yugoslavia to the Middle East to Central Asia, the fault lines of civilizations are the battle lines of the future. In this emerging era of cultural conflict the United States must forge alliances with similar cultures and spread its values wherever possible. With alien civilizations the West must be accommodating if possible, but confrontational if necessary. In the final analysis, however, all civilizations will have to learn to tolerate each other.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;THE NEXT PATTERN OF CONFLICT

&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;World politics is entering a new phase, and intellectuals have not hesitated to proliferate visions of what it will be-the end of history, the return of traditional rivalries between nation states, and the decline of the nation state from the conflicting pulls of tribalism and globalism, among others. Each of these visions catches aspects of the emerging reality. Yet they all miss a crucial, indeed a central, aspect of what global politics is likely to be in the coming years.

It is my hypothesis that the fundamental source of conflict in this new world will not be primarily ideological or primarily economic. The great divisions among humankind and the dominating source of conflict will be cultural. Nation states will remain the most powerful actors in world affairs, but the principal conflicts of global politics will occur between nations and groups of different civilizations. The clash of civilizations will dominate global politics. The fault lines between civilizations will be the battle lines of the future.

Conflict between civilizations will be the latest phase in the evolution of conflict in the modern world. For a century and a half after the emergence of the modern international system with the Peace of Westphalia, the conflicts of the Western world were largely among princes-emperors, absolute monarchs and constitutional monarchs attempting to expand their bureaucracies, their armies, their mercantilist economic strength and, most important, the territory they ruled. In the process they created nation states, and beginning with the French Revolution the principal lines of conflict were between nations rather than princes. In 1793, as R. R. Palmer put it, &amp;quot;The wars of kings were over; the wars of peoples had begun.&amp;quot; This nineteenth-century pattern lasted until the end of World War I. Then, as a result of the Russian Revolution and the reaction against it, the conflict of nations yielded to the conflict of ideologies, first among communism, fascism-Nazism and liberal democracy, and then between communism and liberal democracy. During the Cold War, this latter conflict became embodied in the struggle between the two superpowers, neither of which was a nation state in the classical European sense and each of which defined its identity in terms of its ideology.

These conflicts between princes, nation states and ideologies were primarily conflicts within Western civilization, &amp;quot;Western civil wars,&amp;quot; as William Lind has labeled them. This was as true of the Cold War as it was of the world wars and the earlier wars of the seventeenth, eighteenth and nineteenth centuries. With the end of the Cold War, international politics moves out of its Western phase, and its centerpiece becomes the interaction between the West and non-Western civilizations and among non-Western civilizations. In the politics of civilizations, the peoples and governments of non-Western civilizations no longer remain the objects of history as targets of Western colonialism but join the West as movers and shapers of history.

&lt;/p&gt;</description>
      <pubDate>Wed, 22 Aug 2007 10:36:45 CDT</pubDate>
      <guid>http://apolitiques.mosaicglobe.com/blog/1483/entry/3594</guid>
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    </item>
    <item>
      <title>HAS HISTORY RESTARTED SINCE 11 SEPTEMBRE, Francis Fukuyama</title>
      <description>
&lt;img width="151" height="151" align="left" style="margin: 0px; padding: 4px;" alt="fukuyama.jpg" src="http://apolitiques.mosaicglobe.com/files/image/fukuyama.jpg" /&gt;I would like to begin by expressing my gratitude to The Centre for Independent Studies and its director, Greg Lindsay, for inviting me to Australia and giving me the opportunity to deliver the prestigious Bonython Lecture. I follow in a line of extraordinarily distinguished lecturers, and am humbled by the expectations they have established. I would also like to express a special word of gratitude to Owen Harries, who, early on in his tenure as editor of The National Interest, encouraged me to write the article that eventually became &#8216;The End of History?&#8217;. It was he who gave it prominence and encouraged debate over it, and the rest, as they say, is history.

Like many Americans, I have been preoccupied since September 11 trying to understand the meaning of this event and how the world has changed as a result of it. An accounting has been demanded of me in particular, since I argued 12 years ago that we had reached the &#8216;end of history&#8217;. September 11 would seem to qualify, prima facie, as an historical event, and the fact that it was perpetrated by a group of Islamic terrorists who reject virtually all aspects of the modern, Western world, lends credence, at least on the surface, to Samuel Huntington&#8217;s &#8216;clash of civilisations&#8217; hypothesis.

I have developed a standard answer to this challenge, which incidentally will not be the subject of my talk
tonight. The standard answer goes something like this. The &#8216;end of history&#8217; hypothesis was about the process of modernisation. Progressive intellectuals around the world spent much of the last century and a half believing that historical progress would result in an evolution of modern societies toward socialism. In more recent years, they have held that societies could modernise and yet remain fundamentally different culturally. My hypothesis was that there was such a thing as a single, coherent modernisation process, but that it led not to socialism or to a variety of culturally-determined locations, but rather to liberal democracy and market-oriented economics as the only viable choices. The process of modernisation was, moreover, a universal one that would sooner or later drag all societies in its train.

Understood in this fashion, September 11 represents a real challenge, but not an ultimately convincing one. Osama bin Laden, al-Qaeda, the Taliban, and radical Islamism more generally, do in fact represent ideological challenges to Western liberal democracy that are in certain ways sharper than those offered by Communism. But in the long run, it is hard to see that Islamism offers much of a realistic alternative as a governing ideology for real world societies. Not only does it have limited appeal to non-Muslims; it does not meet the aspirations of the vast majority of Muslims themselves. In the countries that have had recent experience of living under an actual Muslim theocracy&#8212;Iran and Afghanistan&#8212;there is every evidence that it has become extremely unpopular. Thus, while fanatical Islamists armed with weapons of mass destruction pose a severe threat in the short-run, the longer-term challenge in the battle of ideas is not going to come from this quarter. September 11 represents a serious detour, but in the end modernisation and globalisation will remain the central structuring principles of world politics.

I want, however, to explore another important issue that is related to the question of the end of history that has been raised by events since September 11, namely, whether the &#8216;West&#8217;, which was in my earlier account the ultimate goal of the historical process, is really a coherent concept, and whether the United States and its foreign policy might themselves become the central issues in international politics.

Reactions to September 11

In the immediate aftermath of September 11, the French sociologist Jean Baudrillard published a long piece in Le Monde in which he argued that &#8216;Ultimately, it is they [i.e., the terrorists] who&#8217;ve done the deed, but it is we who have wanted it. . . . Terrorism is immoral, and it responds to a globalisation that is itself immoral.&#8217; His image is one of France, and Europe more generally, as a island of civilisation caught in a struggle between two morally equivalent fundamentalisms, that of the United States and of the radical Islamists.

Baudrillard does not, of course, speak for all Frenchmen, and his piece was quickly denounced in Le Monde by Alain Minc who said that it reflected &#8216;the French intelligensia&#8217;s traditional inability to recognise that a hierarchy of values exists&#8217;. But Baudrillard&#8217;s view, while phrased in an offensive way unique to French intellectuals, represents more of an undercurrent in Europe than many Americans realise or are inclined to admit. The idea that the United States was only getting what it deserved in the Word Trade Center/Pentagon attacks was a far from uncommon view, not just in Europe but in many other parts of the world.

There was, of course, a large, spontaneous outpouring of support for the United States and for Americans around the world after September 11, with European governments lining up immediately to help the US prosecute its &#8216;war on terrorism&#8217;. But with the demonstration of total American military dominance that came with the successful rousting of al-Qaeda and the Taliban from Afghanistan, new expressions of anti-Americanism began to pour forth. After President Bush&#8217;s denunciation of the &#8216;axis of evil&#8217; in his late January State of the Union address, it was not just European intellectuals but European politicians and publics more generally that began to criticise the United States on a wide variety of fronts. According to Will Hutton, the Labourite journalist, Britain&#8217;s US ally is &#8216;not the same good America . . . that reconstructed Europe and led an international liberal economic and social order&#8217;(1) Rather, it had been taken over by a group of crazed conservatives and was now the chief source of global instability. In France, a book became a bestseller arguing that September 11 was not the work of Muslim extremists but of a cabal of conservatives within the US government. (2)   According to one poll, some 30 percent of French people regard the United States as France&#8217;s chief enemy. While many Americans regard September 11 as a broad attack on Western civilisation, Europeans are much more likely to regard it as a response to specifically American policies, representing a risk from which they are largely immune.

What is going on here? The end of history was supposed to be about the victory of Western, not simply American, values and institutions. The Cold War was fought by alliances based on shared values of freedom and democracy. And yet an enormous gulf has opened up in American and European perceptions about the world, and the sense of shared values is increasingly frayed. Does the concept of the &#8216;West&#8217; still make sense in the first decade of the 21st century? Is the fracture line over globalisation actually a division not between the West and the Rest, but between the United States and the Rest?

And where will Australia fit in such a divided world? It is historically tied more closely to Europe than to America, but as a land of new settlement it shares many characteristics with the United States. It is situated, moreover, in a part of the world in which American power and influence matter greatly in the maintenance of peace and an open international trading order.

In my view, the idea of the West remains a coherent one, and that there remain critical shared values, institutions, and interests that will continue to bind the world&#8217;s developed democracies, and Europe and the United States, in particular. But there are some deeper differences emerging between Western democracies that will be highly neuralgic in America&#8217;s dealings with the world in the coming years that need critical attention by policymakers and by, yes, statesmen.

The nature of the rift between America and its allies

In the remainder of this lecture I will refer repeatedly to differences between Europe and the United States. But it should be kept in mind that &#8216;Europe&#8217; in this context is more of a placeholder for global attitudes critical of American foreign policy. Europeans, of course, are themselves divided in their views of the US; the views I characterise as typical of them are often broadly representative of left-of-centre opinion in a variety of countries around the world, including Australia and New Zealand. Asian countries from Japan to Malaysia have voiced similar misgivings about American unilateralism in the wake of September 11. Some views, however, related to the need to devolve sovereignty to supranational organisations, are peculiar to the historical experience of members of the European Union.

The ostensible issues raised in the US-European disputes since the &#8216;axis of evil&#8217; speech for the most part revolve around alleged American unilateralism and international law. There is by now a familiar list of European complaints about American policy, including but not limited to the Bush Administration&#8217;s withdrawal from the Kyoto Protocol on global warming, its failure to ratify the Rio Pact on biodiversity, its withdrawal from the ABM treaty and pursuit of missile defence, its opposition to the ban on land mines, its treatment of al-Qaeda prisoners at Guantanamo Bay, its opposition to new provisions of the biological warfare convention, and most recently its opposition to the International Criminal Court.

The most serious act of US unilateralism in European eyes concerns the Bush Administration&#8217;s announced intention to bring about regime change in Iraq, if necessary through a go-it-alone invasion. The axis of evil speech did indeed mark a very important change in American foreign policy from deterrence to a policy of active preemption of terrorism. This doctrine was further amplified in Bush&#8217;s West Point speech in June, in which he declared &#8216;the war on terror will not be won on the defensive. We must take the battle to the enemy, disrupt his plans, and confront the worst threats before they emerge. In the world we have entered, the only path to safety is the path of action.&#8217;

The European view is that Europe is seeking to create a genuine rule-based international order suitable to the circumstances of the post-Cold War world. That world, free of sharp ideological conflicts and large-scale military competition, is one that gives substantially more room for consensus, dialogue, and negotiation as ways of settling disputes. They are horrified by the Bush Administration&#8217;s announcement of a virtually open-ended doctrine of preemption against terrorists or states that sponsor terrorists, in which the United States and the United States alone decides when and where to use force. In Europe, the nation-state to an increasing extent has been dissociated from military power, despite the fact that the modern state built on centralised power was born on that continent.

Robert Kagan, in a brilliant recent article in Policy Review, (3)  put the current difference between the United States and Europe as follows. The Europeans are the ones who actually believe they are living at the end of history, that is, in a largely peaceful world that to an increasing degree can be governed by law, norms, and international agreements. In this world, power politics and classical realpolitik have become obsolete. Americans, by contrast, think they are still living in history, and need to use traditional power-political means to deal with threats from Iraq, al-Qaeda, and other malign forces. According to Kagan, the Europeans are half right: they have indeed created an end-of-history world for themselves within the European Union, where sovereignty has given way to supranational organisation. What they don&#8217;t understand, however, is that the peace and safety of their European bubble is guaranteed ultimately by American military power. Absent that, they themselves would be dragged backwards into history.

Is the rift genuine?

This, at least, is the popularly accepted account of American unilateralism and European emphasis on international law and institutions. We need to ask, however, whether it is in fact accurate, and whether the US has consistently been more unilateralist than Europe. The truth of the matter here is far more complicated, with the differences between the US and Europe being much more nuanced.

Liberal internationalism, after all, has a long and honoured place in American foreign policy. The United States was, after all, the country that promoted the League of Nations, the United Nations, the Bretton Woods institutions, the GATT/WTO, and a host of other international organisations. There are a huge number of international governance organisations in the world today in which the US participates as an active, if not the most active member, from standards-setting, nuclear power safety, and scientific cooperation, to aviation safety, bank settlements, drug regulation, accounting standards/corporate governance, and telecommunications.

It is useful here to make a distinction between those forms of liberal internationalism that are primarily economic, and those that have a more political or security dimension. Particularly in recent years, the United States has focused on international institutions that have promoted international trade and investment. It has put substantial effort into creating a rule-based international trade and investment regime with stronger and more autonomous decision-making authority. The motives for this are obvious: Americans benefit strongly from and indeed dominate the global economy, which is why globalisation bears a &#8216;made in the USA&#8217; label.

In the realm of economics, the Europeans don&#8217;t have all that great a record with regard to respect for multilateral rules when compared to the United States. They have been on their high horse this year because of American actions with regard to steel and agricultural subsidies, and they are right to complain about American hypocrisy with regard to free trade. But this I regard as kind of normal hypocrisy: all countries act in contradiction of declared free trade principles, and the Europeans have been notorious for among other things agricultural subsidies maintained at higher levels and over longer periods of time than American ones. America is guilty only of the most recent outbreak of hypocrisy. And in any event, the American administration can argue that its backsliding on trade was a tactical retreat undertaken for the sake of Trade Promotion Authority (TPA), which was in fact granted by the US Congress in early August. With TPA the Bush Administration has announced an ambitious trade liberalisation agenda including the ending of agricultural subsidies, though at this point the agenda remains an unfulfilled promise.

There are a number of areas where the Europeans have acted unilaterally in economic matters, and in ways that at times contravene the existing legal order. The EU resisted unfavourable decisions against them on bananas for nine years, and beef hormones for even longer. They have announced a precautionary principle with regard to genetically modified foods, which is very difficult to reconcile with the WTO&#8217;s sanitary and phytosanitary rules. Indeed, the Europeans have been violating their own rules with regard to GM foods, with certain member states setting standards different from those of the community itself. The European Competition Commission under Mario Monti successfully blocked the merger of GE and Honeywell when the deal had been approved by American and Canadian regulators, in ways that promoted suspicions that the EU was simply acting to protect specific European interests. Finally, the EU has succeeded in exporting its data privacy rules to the United States through its safe harbour arrangements.

For all their talk of wanting to establish a rule-based international order, the Europeans haven&#8217;t done that well within the EU itself. As John van Oudenaren has argued, the Europeans have developed a decision-making system of Byzantine complexity, with overlapping and inconsistent rules and weak enforcement powers. (4)  The European Commission often doesn&#8217;t have the power even to monitor compliance of member states with its own directives, much less the ability to make them conform. This fits with an attitude towards law in certain parts of Europe that sees declarative intent often of greater importance than actual implementation, and which Americans tend to see instead as undermining the very rule of law.

It should be noted that Australia and New Zealand are actually in a much better position to criticise American hypocrisy on trade issues than are the Europeans, since neither one has anything like a Common Agricultural Policy or the clout to enforce safety or privacy rules unilaterally on other countries. Both countries, being highly dependent on agricultural exports, have been strong supporters of free trade in recent years and are particularly vulnerable to American agricultural subsidies. New Zealand in particular since the mid-1980s has moved to one of the lowest levels of agricultural protection of any country in the world.

The second type of liberal internationalism has to do with politics and security. With the exception of the two environmental agreements (Rio and Kyoto), all of the US-European disputes in recent months have concerned security-related issues (the International Criminal Court may not seem like a security matter, but the reason that the United States does not want to participate in it is out of fear that its soldiers and officials may be held criminally liable by the Court in the conduct of their duties). It is in this realm that the tables are turned and European charges of American unilateralism are made.

It is possible to overstate the importance of these disputes. A great deal of European irritation with the United States arises from stylistic matters, and from the Bush Administration&#8217;s strange failure to consult, explain, justify, and cajole in the manner of previous administrations. The administration could have let ratification of Kyoto languish in Congress as the Clinton administration did, rather than casually announcing withdrawal from the pact at a luncheon for NATO ambassadors. Europeans did not like the religious language of the &#8216;axis of evil&#8217;, nor the fact that this major policy shift was announced as it were on the fly without prior notification or explanation. The United States has had a consistent record of using strong-arm tactics to shape international agreements to its liking, and then to walk away from them at the last moment. This pattern goes all the way back to Woodrow Wilson and the League of Nations, and was continued in negotiations over the Rio Pact, Kyoto, and the International Criminal Court (ICC). Even if you are skeptical about the value of international institutions, it is not difficult to see why non-Americans might get a little irritated at this kind of behavior.

The foregoing suggests that much of the European-American rift concerns style rather than substance. The Clinton administration talked a multilateralist game, while the Bush administration has at times asserted what amounts to a kind of principled unilateralism; in fact, policy between the two administrations doesn&#8217;t differ in substance all that much. Clinton may have signed the Kyoto and ICC treaties, but he knew he wouldn&#8217;t spend much political capital in a hopeless effort to get them through Congress. On the other hand, the US effort in Afghanistan made use of a reasonably broad coalition of forces.

But while it is tempting to say the problem is simply stylistic, I think that it is fundamentally wrong. There is in fact a deeper issue of principle between the United States and Europe that will ensure that transatlantic relations will remain neuralgic through the years to come. The disagreement is not over the principles of liberal democracy, which both sides share, but over where the ultimate source of liberal democratic legitimacy lies.

To put it rather schematically and over-simply, Americans tend not to see any source of democratic legitimacy higher than the constitutional democratic nation-state. To the extent that any international organisation has legitimacy, it is because duly constituted democratic majorities have handed that legitimacy up to them in a negotiated, contractual process. Such legitimacy can be withdrawn at any time by the contracting parties; international law and organisation have no existence independent of this type of voluntary agreement between sovereign nation-states.

Europeans, by contrast, tend to believe that democratic legitimacy flows from the will of an international community much larger than any individual nation-state. This international community is not embodied concretely in a single, global democratic constitutional order. Yet it hands down legitimacy to existing international institutions, which are seen as partially embodying it. Thus, peacekeeping forces in the former Yugoslavia are not merely ad hoc inter-governmental arrangements, but rather moral expressions of the will and norms of the larger international community.

One might be tempted to say that the stiff-necked defence of national sovereignty of the type practiced by Sen. Jesse Helms is a characteristic only of a certain part of the American Right, and that the Left is as internationalist as are the Europeans. This would be largely correct in the security-foreign policy arena, but dead wrong with regard to the economic side of liberal internationalism. That is, the Left does not grant the WTO or any other trade-related body any special status with regard to legitimacy. They are very suspicious of the WTO when it overturns an environment or labour law in the name of free trade, and are just as jealous of democratic sovereignty on these issues as Sen. Helms.

Between these two views of the sources of legitimacy, I would say that the Europeans are theoretically right, but wrong in practice. They assert that they and not the Americans are the true believers in liberal universal values. It is in fact impossible to assert as a theoretical matter that proper liberal democratic procedure by itself inevitably results in outcomes that are necessarily legitimate and just. A constitutional order that is procedurally democratic can still decide to do terrible things to other countries that violate human rights and norms of decency on which its own democratic order is based. Indeed, it can violate the higher principles upon which its legitimacy is based, as Lincoln argued was the case with slavery. The legitimacy of its actions are not in the end based on democratic procedural correctness, but on the prior rights and norms which come from a moral realm higher than that of the legal order.

The problem with the European position is that while such a higher realm of liberal democratic values might theoretically exist, it is very imperfectly embodied in any given international institution. The very idea that this legitimacy is handed downwards from a willowy, disembodied international level rather than handed upwards from concrete, legitimate democratic publics on a nation-state level virtually invites abuse on the part of elites who are then free to interpret the will of the international community to suit their own preferences.

The second important practical problem with the European position is that of enforcement. The one power that is unique to sovereign nation-states and to them alone, even in today&#8217;s globalised world, is the power to enforce laws. Even if existing international laws and organisations did accurately reflect the will of the international community (whatever that means), enforcement remains by and large 